Le slalom extrême dans le grand bain

Les championnats du monde de canoë-kayak ont intégré cette année à Pau une nouvelle épreuve, le slalom extrême. Simple à comprendre, elle se veut innovante et spectaculaire. En ligne de mire : les Jeux Olympiques.

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Boris Neveu, vice-champion du monde de la spécialité. Crédit : page Facebook de Boris Neveu.

La rampe tombe. Quatre kayaks s’élancent en même temps. Après un slalom entre les portes, le premier en bas du bassin a gagné. A l’image du skicross ou du BMX, le kayak a décidé de se mettre à la confrontation directe, avec le slalom extrême. « L’épreuve se déroule sur un bassin classique avec de la grosse eau vive, détaille Ludovic Royé, le directeur technique national du canoë-kayak. C’est très prenant et très physique. Tous les contacts sont permis, sauf sur l’homme. Tous les concurrents ont le même bateau, seul le coup de pagaie fait la différence. » Le slalom extrême a fait son apparition ce week-end aux championnats du monde à Pau, pour la première fois. Auparavant, il n’était présent que dans des démonstrations lors de certaines compétitions.

« L’épreuve montre notre capacité à innover »

L’objectif est de donner une autre dimension au canoë-kayak en eaux vives. « Tony Estanguet notamment, a beaucoup œuvré pour sa création. Comme d’autres sports, le kayak a besoin de se remettre en question et de voir ce qui peut être fait pour l’avenir. L’épreuve montre notre capacité à innover et coller aux évolutions de la société. L’intégration aux championnats du monde lui donne un caractère institutionnel, et plus visible. » Pour valoriser le slalom extrême, Ludovic Royé l’a programmé la dernière journée, le dimanche, en signe d’apothéose. Il a également sélectionné les deux meilleurs spécialistes français du slalom : Boris Neveu et Marie-Zélia Lafont. Neveu a terminé quatrième en K1 messieurs samedi, et Lafont huitième en K1 dames.

Rêve olympique

Après les grands débuts, la question du futur de la discipline va se poser. « Pour l’avenir proche, nous sommes en train de bâtir un circuit en France, avec des partenaires. C’est un vrai sport extrême avec une culture un peu différente. Il faut construire pas à pas. » Construire, et créer une dynamique autour du slalom extrême. A plus long terme, le but est de faire de l’épreuve un rendez-vous incontournable pour le public, et le comité international olympique. « Je militerai pour qu’elle intègre les Jeux Olympiques. En étant un peu chauvin, je pense que l’on peut avoir des athlètes très compétitifs, et ça nous ferait deux chances de médaille en plus. En outre, on a beaucoup à gagner à diversifier nos épreuves. » Notamment pour coller à l’agenda Olympique 2020. Édicté par le CIO, il vise en particulier à bâtir le programme des Jeux en se basant sur les épreuves et non les sports. L’autre atout serait, comme pour les championnats du monde, de pouvoir engager un athlète sur plusieurs épreuves. «Je pense que ce serait un moyen pour lui de ramener plusieurs médailles. Il pourrait devenir une icône charismatique, comme Tony Estanguet avec ses trois titres olympiques. » Et ainsi promouvoir le sport. Mais d’ici là, le slalom extrême doit assurer le spectacle dans le grand bain des championnats du monde.

Adrien Toulisse (@adritoul)

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