La sentez-vous cette odeur de soufre ?

RUGBY.Bayonne reste invaincu à domicile et a changé de visage en ce début 2018. Ils remportent de belle manière une rencontre âpre contre Vannes.

Des mots de Jean-Noël Spitzer, le coach des bretons « ce n’est pas le même Bayonne, celui du début de saison » et on veut de plus en plus le croire. Les basques ont été entreprenants et scoreurs. Il n’y a eu que quinze minutes de souffrance à chaque période.

D’abord contre eux-mêmes avec 9 points manqués au pied sur pénalité de Willie Du Plessis et Martin Bustos Moyano  (1′ ; 7′ ; 10′) ainsi que sur deux transformations. Un nuage noir installé sur la confiance bayonnaise ? Et c’est Vannes qui ouvre le score en premier de son numéro 8 Radrodro particulièrement utile et puissant pour attaquer la ligne (0-7,5′)… ils trouvent ensuite le moyen de contrer les artilleurs locaux pour mettre la panique, heureusement sans conséquences.

La réponse vient de Antoine Battut , habituel troisième ligne, placé en deuxième ,au contre pour un essai (13′), Toma Taufa, le dynamique pilier droit filera en bout de ligne quelques minutes plus tard (17′). Les bretons sont étrangement éteints. Les coups de pieds rasants de Ashley Moeke sont souvent contrés. Du côté de la conquête ( touches et mêlées) c’est âpre, ça travaille et c’est stable ! . Bayonne est impérial sur les mauls organisés autour de Battut et  Jean-Jo Marmouyet. Vannes se rassure avec son deuxième ligne Lagioiosa en touche. Les visiteurs enchaînent pourtant les fautes (7) en première. Les locaux combinent bien en attaque avec Du Plessis-Muscarditz-Lacroix ; Fuster un peu plus en soliste mais très en confiance qui marque (38′).

Mi-temps : 22-7

Au retour, c’est la ligne maginot basque qui est en place, en témoigne une séquence de pillonage breton de 4 minutes avec au final, un ballon rendu sur une mêlée. De quoi faire fumer les organismes et les endurcir au mal qui les attend la semaine prochaine . Emmanuel Saubusse, le demi de mêlée, se forge lui aussi , à jouer vite dans le fermé, ces coins cadenassés avec moins de possibilités.

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Joel Rey se félicite mais garde aussi la tête froide à l’approche du derby / Crédits : Pierre-Alexandre Carré

Là, les avants ferraillent (Labouyerie en plongeur-marqueur à la 58′) où détalent comme des ailiers (Leiataua). Aidon Davis parachèvera le succès des siens (65′). Vannes aura tenté de jouer les petits espaces en puissance avec les centres Hikes-Lutumailagi où les petits coups de pieds dosés par dessus de Bouthier sans succès. 5 essais à 2, le bonus offensif en poche.Un B.O. L’Aviron à 6 points de Biarritz (5ème, défait à Nevers) … Qui aurait parié dessus en 2017 ? « un envoi de message clair, on retrouve petit à petit des vaillants » pour l’entraîneur des avants Joël Rey. Une très bonne répétition dans des conditions difficiles, face à un roc breton. ( de la pluie, encore et toujours !!! ) .

Score final : 34-14

Voilà Aguiléra qui se profile, autre « saint » rocher, le Graal des régionaux en ovalie. Ça parlera « fusion » ; ça fera voler « les cotillons » , ça fera brûler la poudre des « canons ». Poésie de Derby.

Hommes du match :

++ : Battut, Leiataua, Fuster
+ : Lacroix, Muscarditz, Radrodro, Lagioiosa, Hickes

Par Pierre-Alexandre Carré (@carr_pierre64)

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