Bottés hors de leur rêve

RUGBY. Dans un match d’une extrême pauvreté tactique, les bayonnais s’inclinent  contre Nevers, le promu. Vaillants et efficaces, ils empochent ,eux , le bonus offensif. La qualification est compromise.

Il y a des semaines comme celle-ci , ou il vaudrait mieux ne pas avoir l’instinct de Vincent Etcheto. C’était cette semaine lors du point presse hebdomadaire ou il nous donnait son avis : « je me rappelle que nous souffrions à Nevers à l’aller et à mon avis, connaissant Xavier Péméja, l’entraîneur ( passé par Bayonne) , il voudra ramener plus qu’un point… »

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Première victoire en carrière de Xavier Péméja contre Bayonne. Crédits : Pierre-Alexandre Carré / cultureSPORT

Voilà, tout le monde était prévenu. Tout le monde ne s’attendait quand même pas avec une première mi-temps aussi pauvre des bayonnais. C’est le côté « Yang » des basques, celui le plus mauvais après avoir été magnifiques à Béziers dimanche dernier. Magnifiques, mais perdants et meurtris de cet essai à la dernière seconde. Pour preuve, il taraude encore le troisième ligne Antoine Battut hier soir : « Tactiquement, on a été nuls, je ne vais pas mentir. Ensuite Nevers joue bien les coups. Mais il y a des bizarreries arbitrales dont je me passerai bien. Je n’ai rien dit la semaine dernière sur les mauls, ce soir , ça recommence. C’est insupportable, vraiment ».

Quand rien ne va, tout s’enchaîne hélas, avec la pluie. D’Artagnan ne touche pas à « la fin de l’envoi » mais dès le début avec Benjamin Thiery, qui replacé ouvreur place le ballon directement en touche pour une mêlée aux 50 (1′). Puis, le canonnier Bustos Moyano rate 6 points (7′,9′) en coups de pieds longue distance (54, 45 mètres).  Pour les visiteurs, c’est la troisième ligne entière qui fait un très bon travail , Quercy (6) dans les rucks ; Fabrègue (8)  à la percussion et Manevy (7) dans les évitements. Ils mettent sur le reculoir la mêlée bayonnaise. Les basques sont imprécis dans le jeu à la main et sont indisciplinés, jouant à 13 contre 15 ! ( jaunes : Bustos (30′) ; Jaulhac (35′) )  .

Il n’y aura que 3 points inscrits par Urruty , l’ouvreur nivernais des 18 mètres en face (26′). Les visiteurs cadenassent les extérieurs , tentent de défendre debout ,de contester les mauls et d’être appliqués en touche. La touche, le seul secteur ou Battut et Beattie  amènent leurs hommes à construire correctement les actions mais sans provoquer de fautes !

Mi-temps : 0-3

Au retour, les bayonnais ont une obligation de réaction car les bourguignons ont de l’espoir. Les locaux ayant mis en scène le « Pottoka Kart » en avant-match s’engagent dans une course contre la montre. Emmanuel Saubusse ajuste son soulier en remplacement de Bustos par trois fois (43′,45′,53′). Les 9 seuls points du match pour eux.  Nevers décide d’alterner les phases de jeu au sol et d’accélérer avec un énorme show de Josaia Raisuqe, l’ailier droit, tranchant au contact et en vitesse…

Côté bayonne, l’entrée du jeune Manuel Ordas à l’ouverture aura été un bon test : un bon placage offensif, une bonne longueur de pied. Il aurait gagné à avoir plus de chance sur ses initiatives personnelles ( un coup de pied par dessus) après avoir été sonné par un énorme placage défensif…

« On a peu de banc, de jokers.Je l’ai dit au Président. On bricole mais on donne » (Etcheto)

Mais l’heure de jeu (60′) aura été fatale. Les ciels et blancs ne plaquent plus correctement et encaissent 3 essais (67′ ; 75′ ; 78′). « Un bonus offensif mérité pour un groupe de 25 ans d’âge moyen qui ne connait pas si bien que ça cette ProD2 » selon Péméja.  Etcheto , la mine pensive, abattue , ne se résigne pourtant pas à remettre le couvert jeudi, à Angoulême.  » Je prendrais tous les coups , avec les blessés que j’ai , les supporters mécontents et l’envie d’y croire encore.On est à fond sur un 400 mètres et on nous demande encore d’accélérer… c’est dur.On rafistole, on bricole, on joue pour la télé. Je l’ai dit au Président. Pas de jokers médicaux comment on fait ? on s’adapte, ça c’est sur » .Deux uppercuts en moins d’une semaine. Attention donc, au troisième qui peut sonner la fin d’une  poursuite effrénée depuis Décembre. Retour peut-être salvateur à la réalité quand d’autres luttent comme des forcenés pour leur maintien.

Score final : 9-27

Hommes du match : 

++ : Raisuqe ; Fabrègue ; Quercy ; Beattie ; Van Lill ; Battut ; Urruty

Par Pierre-Alexandre Carré (@carr_pierre64)

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