V. Etcheto : « De la boue actuelle peut jaillir un diamant, un projet clair »

Rugby / Interviews.Un dernier point-presse d’avant match en forme d’hommage et en quête de vérité côté Aviron Bayonnais. Morceaux choisis avec Jean-Jo Marmouyet et Vincent Etcheto.

Si vous le souhaitez, le son est disponible à la fin de cet article.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’avant le match contre Colomiers (9e) demain à 20h au Stade Jean-Dauger, c’est que le calme est présent chez les joueurs pour chasser la résignation d’une situation triste qui perdure. D’abord parce que le troisième ligne Jean-Joseph Marmouyet, 33 ans, formé au club tirera sa révérence à l’issue du match après 20 ans dans le club de son cœur. Il mérite un hommage digne, correspondant aux valeurs que ce sport véhicule, le respect et la camaraderie. Au delà de ça , il y a le contexte extra-sportif, aussi silencieux qu’inquiétant… et alors, Vincent Etcheto n’a pas mâché ses mots.

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Jean-Jo Marmouyet en conférence de presse. Crédits : Pierre-Alexandre Carré

Le dernier match ici à Bayonne pour toi Jean-Jo , quel est ton état d’esprit ?

  • J.J : Collectivement, on en parlait c’est surtout gagner les trois derniers matchs ( Mont-de Marsan ; Colomiers ; Narbonne). Il faut finir la saison de façon honorablement. Personnellement, il y a une petite émotion, j’espère que ce sera un beau match de rugby avec enfin du beau temps (ce qui peut être rare ici) . Il ne faut pas se jouer le match avant dans la tête de toute façon.

Si vous deviez croiser « le jeune Jean-Jo » aujourd’hui, que lui diriez-vous ?

  • J.J :  C’est une question difficile. Je dirais simplement « bonne chance » (rires) et surtout qu’il ne s’inquiète pas je crois, car il a de belles choses à vivre.

Comment vous expliquez une telle longévité dans un même club ?

  • J.J : Quand j’ai vu ma carrière professionnelle se dessiner , j’ai fait un choix avec en trame de fond, le confort social, j’ai tout mes amis ici. Oui , j’ai hésité 3 fois disons à partir d’ici mais je ne regrette rien. Je peux voyager oui mais pas pour le rugby.

V.Etcheto : A Bayonne, on mélange tout. Des présidents dans le staff ; des supporters actionnaires. Il faut tirer dans le même sens pour réussir. Vraiment.

Vincent, comment on aborde cette fin de saison ?

  • V.E :  Je vais être respectueux et consensuel. J’ai essayé d’être fédérateur mais ce sera difficile. C’est inadmissible de travailler dans ces conditions d’incertitudes. J’ai un an de contrat mais il n’y a pas que mon cas personnel , à savoir que des joueurs aimeraient bien rester mais ils n’ont aucun signe. Ils ne savent pas quoi faire . Alors oui, ils sont payés pour jouer mais ça n’empêche pas le respect. Il se passe beaucoup de choses en coulisses, avec des noms de si de là. Quand on annonce des noms cela veut dire que le manager va être écarté encore faut-il lui dire en face… on ne sait rien. Même si on a pas eu les résultats escomptés, on a travaillé cette saison, les joueurs ont prouvé même si le début n’a pas été bon. C’est le dernier match de Jean-Jo, de certains joueurs et même peut-être de nous, le staff mais on ne sait pas.Ne pas être renouvelé ça fait partie de la vie mais j’aimerai bien que l’on vienne nous dire même si c’est dans un bureau discrètement ce qu’on fait.  A Bayonne, on mélange tout, les présidents sont dans le staff, les supporters sont actionnaires. Ça fait 3 ans que je suis ici (c’est peut-être déjà un record)  mais ce club mérite mieux que toute cette situation, alors peut-être que de toute cette boue actuelle jaillira un projet clair, limpide, un diamant. Il faut travailler dans le même sens , or quand on était en haut ce n’était pas toujours le cas. Je ne connais pas tous ces gens dans les coulisses mais j’ai envie de leur faire confiance.

Par Pierre-Alexandre Carré (@carr_pierre64)

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