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Pour les 50 ans du foot féminin, la FFF dénombre 200 000 licenciées (🎥 vidéos)

Depuis 1970, date de son véritable envol en France, le football féminin ne s’est jamais aussi bien porté. Pourtant, il n’a pas toujours occupé la place qu’il connaît aujourd’hui. À ses débuts, tout n’a pas été rose. Après une timide naissance à la fin des années 1910, le Fémina Sport a tenté, en vain, de promouvoir le ballon rond au féminin. Le club omnisports parisien a effectué une tournée nationale, disputant une série de matchs un peu partout dans l’hexagone entre 1918 et 1922.

Déjà interdit par la fédération anglaise en décembre 1921, le foot féminin français a progressivement disparu des radars. En 1932, la FSFSF (1) organisait la quinzième et dernière édition de son championnat national. Un an plus tard, elle a même radié la discipline de sa liste. À son tour, le gouvernement de Vichy interdisait « vigoureusement » la pratique du foot aux femmes en 1941.

L'ACTU DU MOMENT
Selon RMC Sport, la Fédération Française de Football, qui organise le championnat de France
de D1 a décidé de mettre un terme au championnat suite à la pandémie de Coronavirus.
L'Olympique Lyonnais serait donc sacré pour la 14e année consécutive.

Mais au début, les instances ainsi qu’une cinquantaine de clubs amorcent la reconnaissance du foot féminin. Quatre ans plus tard, la D1 est lancée par la FFF. Le Stade de Reims (cinq) et l’AS Étrœungt (trois) ont ainsi décroché les huit premiers titres officiels.

Mis à part les débuts en équipe de France de Marinette Pichon, future meilleure marqueuse de l’Histoire des Bleues (avec 81 buts en 112 sélections, 1994-2006), de Corinne Diacre (14/121, 1993-2005) ou de Hoda Lattaf (31/111, 1997-2007), pas grand-chose à signaler de 1985 à 1998.

C’est grâce au légendaire Aimé Jacquet que le foot féminin s’est doucement rapproché du haut niveau. À l’instar des sélections masculines, les structures et les services de Clairefontaine sont proposés aux féminines. Émerge alors une génération dorée avec Sandrine Soubeyrand, recordwoman de sélections (198 entre 1997-2013), Élise Bussaglia (2003-2019), Laura Georges (2001-2018), Camille Abily (2001-2017), Sonia Bompastor (2000-2012), Louisa Necib (2005-2016), Élodie Thomis (2005-2017), Eugénie Le Sommer (depuis 2009), Gaëtane Thiney (depuis 2007) ou encore Sarah Bouhaddi (depuis 2004).

Après avoir atteint les quarts de finale de l’Euro 2009, l’essor s’est poursuivi au début des années 2010 sous la houlette de Bruno Bini. Direct 8 (devenue D8 puis C8 depuis le rachat par Canal+), qui s’était engagée à retransmettre au moins trois matchs par saison sur la période 2009-2013, a donc logiquement diffusé la Coupe du Monde 2011. Un véritable succès. Pour sa deuxième participation, l’EDF a terminé dans le dernier carré.

France Télévisions a pris le relais lors des Jeux Olympiques de Londres, un an plus tard. Le service public a ensuite émis des rencontres de coupe de France et de D1 (leur nombre a d’ailleurs été multiplié par 20). Sur ses antennes, les Bleues se sont une nouvelle fois hissées jusqu’en demies. Depuis, les tricolores n’ont pu rééditer pareille performance dans une compétition internationale. Pire, l’élimination en quarts de « leur » Coupe du Monde les a privées des Jeux de Tokyo. Toutefois, elles sont d’ores et déjà inscrites pour 2024.

Voyant les audiences s’envoler, les mastodontes du PAF se sont bousculés au portillon. W9 puis TF1 ont proposé les deux dernières éditions du Mondial. Tandis que la petite soeur d’M6 a enregistré les meilleurs chiffres de son histoire, battant au passage le record TNT, la plus grande chaîne d’Europe a rassemblé près de dix millions de téléspectateurs lors des matchs de poules, douze en phases finales, réalisant ainsi cinq de ses six meilleures audiences en 2019. Lors du quart face aux USA, un pic à 13,4 millions a même été relevé en seconde période.

L’accumulation des victoires de l’Olympique Lyonnais en Ligue des Champions (2011-2012, 2016-2019) ainsi que les résultats acquis par l’équipe nationale (tournoi de France 2020, SheBelieves Cup 2017, tournoi de Chypre 2012 et 2014) ont donc amené une plus large médiatisation au foot féminin.

Par la force des choses, le nombre de licenciées n’a cessé de croître. Le jour des 50 ans de la reconnaissance du foot féminin en France, la FFF a annoncé avoir dépassé la barre symbolique des 200 000 inscrites (contre 82 000 en 2010). Parmi elles, on recense 160 000 joueuses, 37 000 dirigeantes, 1 800 éducatrices et 1 200 arbitres, dont Stéphanie Frappart, première arbitre en L1, qui a dirigé la finale du Mondial féminin.

Sponsorisée depuis peu par Arkema, premier chimiste français, la D1 engage désormais deux-tiers des clubs professionnels de foot masculin (Bordeaux, Dijon, Guingamp, Metz, Lyon, Montpellier, Paris FC, PSG, OM, Reims).

« Même s’il reste chemin à parcourir, même si encore la marge de progression est immense, a déclaré Brigitte Henriques sur Twitter. C’est une fierté d’avoir atteint les objectifs fixés par Noël Le Graët depuis 2011 grâce à tous et à toutes qui y ont cru depuis cinquante ans et ont oeuvré pour cela. » Près de seize millions ont été déboursés pour le développement du foot féminin (255 projets d’infrastructures financés, 6 000 éducatrices formées).

Le foot féminin dans le monde en 3 dates

  • 1970 : La première édition de la Coupe du monde, remportée par les Danoises face aux Italiennes (2-0), n’est pas reconnue par la FIFA, qui organisera son premier tournoi officiel en 1991.
  • 2003 : Depuis le mois de juillet, la FIFA publie un classement des meilleures équipes nationales et ce quatre fois par an. Le ranking est notamment dominé par les Américaines et les Allemandes.
  • 2018 : 62 ans après la création du Ballon d’or, la récompense individuelle suprême est également déclinée pour les femmes. Le premier trophée a été attribué à la Norvégienne Ada Hegerberg, attaquante de l’Olympique Lyonnais.

(1) Fédération des sociétés féminines sportives de France

Nicolas Gréno (@nicolasgreno). Crédit photo de la une : page Facebook de la Fédération Française de Football.

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