Coup de projecteur sur le paracyclisme durant le Tour

Après avoir reçu une invitation du Conseil Départemental des Pyrénées-Atlantiques et d’ASO, qui souhaitaient conjointement donner un coup de pouce médiatique au paracyclisme, Dorian Foulon, membre de l’académie handisport de Urt Vélo 64, a eu le privilège de gravir les derniers kilomètres de l’étape du Tour de France reliant Tarbes à La Pierre-Saint-Martin (le 14 juillet dernier). Dorian, jeune espoir paracycliste Français, revient sur son expérience.

Culture Sport Dorian Foulon

Culture Sport : Comment as-tu accueilli la nouvelle lorsque l’on t’a annoncé que tu allais courir les derniers kilomètres de La Pierre-Saint-Martin dans le cadre des animations de la dixième étape ?

Dorian Foulon : Je n’y croyais pas ! C’était une chance et un honneur de pouvoir participer à un tel événement. C’était une bonne initiative de la part du Conseil Départemental des Pyrénées-Atlantiques et d’Amaury Sport Organisation de vouloir mettre en lumière le paracyclisme et en particulier les quelques clubs départementaux invités dont Urt Vélo 64. Peu de personnes ont la possibilité de prendre part à une telle ascension juste avant les cyclistes professionnels de la Grande Boucle. Surtout pour nous, paracyclistes. C’est d’autant plus énorme !

Je savourais le moment présent et la chance que j’avais d’être là

Culture Sport La Pierre-Saint-Martin

Culture Sport : Malgré la difficulté de cette montée (15,3 km à 7,4%), as-tu pris plaisir à l’escalader ?

Dorian Foulon : Effectivement, j’ai pris énormément de plaisir durant cette ascension, notamment grâce aux spectateurs présents tout au long du col. Ils m’ont encouragé tous les cinquante mètres, c’est juste inoubliable. Je ne pensais même plus à la difficulté, je savourais le moment présent et la chance que j’avais d’être là.

Culture Sport 64 La Pierre-Saint-Martin

Dorian (troisième en partant de la gauche), aux côtés de Franck Netto (au centre) et de son président Christophe Dizy (à l’extrême droite).

Culture Sport : Quelles sensations as-tu ressenti lorsque tu es monté sur le podium protocolaire lors de la présentation des coureurs, là même où Chris Froome (vainqueur et Maillot Jaune) ou Nairo Quintana (maillot blanc) sont venus chercher leurs tuniques juste après toi ?

Dorian Foulon : J’ai mis du temps à réaliser que j’étais sur le podium où Froome allait sûrement monter après. Cela fait rêver une fois que l’on est dessus !

Culture Sport : Comment s’est déroulée ton intégration au sein d’Urt Vélo 64 ? Maintenant que tu as pris tes marques dans le club, comment t’y sens-tu ?

Dorian Foulon : Mon intégration n’a pas été difficile car Urt Vélo 64 est un club très accueillant qui connaît aussi bien le cyclisme traditionnel que le paracyclisme. On se sent tout de suite mis à l’aise. Aujourd’hui je m’y sens très bien, c’est comme une deuxième famille, mais pour le côté sportif !

Culture Sport Dorian Foulon Urt Vélo 64

Il faut laisser le temps au paracyclisme de se faire une place

Culture Sport : Est-ce que tu rêverais de participer à une course paracycliste d’une semaine, une sorte de mini-Tour de France paracycliste ? Penses-tu que ça pourrait avoir lieu dans les prochaines années ou est-ce encore très utopique ?

Dorian Foulon : Oui sans problème, à condition que cela arrive un jour. Ce serait un beau projet et une façon de faire découvrir le paracyclisme aux téléspectateurs/spectateurs, mais ce ne sera pas pour tout de suite malheureusement. Il faut laisser le temps au paracyclisme de se faire une place, même si cela progresse d’année en année comme pour la médiatisation des Jeux Paralympiques.

Culture Sport : Justement, si on te parle des Jeux Paralympiques à Paris en 2024, est-ce un objectif à long terme pour toi ?

Dorian Foulon : Ce serait un rêve de pouvoir participer aux Jeux Paralympiques à Paris, c’est un de mes objectifs sans aucun doute mais avant ça il y aura Tokyo en 2020 !

Culture Sport Franck Netto

Son acolyte Franck Netto

Après Javier Otxoa – ancien vainqueur d’étape à Hautacam en 2000, devenu athlète paralympique (médaillé d’or à Athènes) suite à un très grave accident de la circulation lors d’un entraînement (son frère Ricardo y a perdu la vie) – de nombreux autres paracyclistes de renom comme Jiri Jesek (médaillé d’or à Londres), qui avait inauguré le contre-la-montre du Mont-Saint-Michel en 2013, ont pu rouler sur les routes du Tour. En revanche, c’était la première fois que l’organisateur de la Grande Boucle mettait en avant un pratiquant en tricycle avec Franck Netto, atteint d’une Infirmité motrice cérébrale qui lui oblige la pratique du cyclisme sur un vélo à trois roues.

Propos recueillis par Nicolas Gréno. Merci à Céline Aujard et Dorian Foulon pour leur collaboration. Crédit photos : Céline Aujard/Urt Vélo 64, JM Decompte/Département des Pyrénées-Atlantiques.

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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