Roland Garros Tennis

Danielle Bombardier et le tennis, une passion qui dure

Passée par le service « relations joueurs » de Roland-Garros (1973-1983) puis de différents autres tournois français, Danielle Bombardier est considérée comme la « maman » ou la « mamie » des tennismen, c’est selon. Alors que les Internationaux de France 2021 viennent de débuter, « Babie », poussée par son ami Yannick Noah, sort une autobiographie qui compile pléthore d’anecdotes.

À 82 ans, la passion est toujours présente. La flamme, toujours aussi vive. Responsable du bureau des joueurs sur différents tournois de l’Hexagone, Danielle Bombardier, qui roule sa bosse sur le circuit depuis près de cinq décennies, a forcément un œil aiguisé sur le tennis mondial. « Je ne suis pas toute jeune mais j’ai eu une vie bien remplie, c’est le principal, assure-t-elle. Je me suis bien amusée. Et je continue. » Comme chaque année, cette supportrice invétérée du PSG est allée récupérer son badge pour Roland-Garros. À la veille de la quinzaine parisienne, elle se voyait déjà se rendre aux matchs des joueurs français. Ses chouchous. Mordue, elle suit à la trace les jeunes tricolores, à commencer par Benjamin Bonzi et Hugo Gaston.

Paru juste avant le lancement des hostilités Porte d’Auteuil, son ouvrage 50 ans dans les coulisses du tennis (éditions le Cherche Midi) recense pléthore d’anecdotes : du jour où Jimmy Connors a été plaqué au mur par son chien jusqu’à sa rencontre avec le regretté Patrice Dominguez. « J’ai de bons souvenirs partout », sourit-elle. 

Yannick Noah, à l’origine du livre

Dans son autobiographie, Danielle Bombardier n’a pas manqué d’évoquer sa relation étroite avec la famille Noah dont Marie-Claire, la mère de Yannick, disparue en 2012, a longtemps été sa meilleure amie. Le dernier vainqueur tricolore en Grand Chelem a d’ailleurs signé la préface de ce livre. « C’est même lui qui a lancé l’idée de ce bouquin et qui a été le chef de bande du gang des Chattes », explique-t-elle.

La victoire de Noah sur le central de Roland-Garros en 1983 a bizarrement coïncidé avec le départ de « Babie » des relations joueurs des Internationaux de France. « On peut toujours critiquer Yannick, je m’en moque, lâche-t-elle à propos de son poulain. Même quand ils ne connaissent pas, les gens aiment critiquer. Moi aussi je suis une grande gueule. Ça plaît ou ça ne plaît pas mais on ne m’empêchera pas de dire tout ce que je pense. Les bruits de couloirs ne m’intéressent pas. »

Dans les dernières pages, Danielle Bombardier, qui a sillonné la France entière (Lyon, Marseille, Clermont-Ferrand, Metz, Montpellier), dépeint sa compétition de rêve. « Si je gagne à l’Euromillion, je file mes 100 millions à (Jean-François) Caujolle pour qu’il monte mon tournoi. Un Masters 5 000 sur terre battue sous le soleil de la Guadeloupe, de Yaoundé ou du Maroc. » 

« Elle a tellement compté pour nous »

Forcément, en côtoyant de près de nombreuses personnalités de la planète tennis, elle a noué plusieurs amitiés. Une grande partie a tenu à signer son livre d’or à l’instar de Julien Benneteau, Ilie Nastase ou Mansour Bahrami. « Nous n’arrêtions pas de venir dans son bureau, on avait sans arrêt un truc à lui demander », se souvient Adriano Panatta. « La Bombe a tellement compté pour nous tous », poursuit Fabrice Santoro. Pour Jo-Wilfried Tsonga, Danielle était ni plus ni moins que sa confidente.

« Nous défendons la même chose : le rayonnement du tennis français », explique le nouveau président de la FFT Gilles Moretton, qui a collaboré avec Danielle Bombardier pendant vingt-trois ans au tournoi de Lyon. « Je pense qu’à 100 ans, Danielle sera encore là, avec son petit cahier, à faire un boulot de dingue pour que le tournoi soit une véritable réussite », lâche Jean-François Caujolle, gestionnaire de l’Open 13. « Danielle a toujours fait partie de ma vie, depuis mes premiers pas à Roland-Garros, relate Guy Forget, désormais en charge du majeur parisien. L’impression que j’ai avec Danielle, c’est que son esprit ne fonctionne pas du tout comme celui d’une grand-mère mais plutôt comme celui d’une jeune femme d’aujourd’hui. »

LES PHOTOS D’ANDRÉ CRUDO

Dans le premier tiers du livre, des clichés saisis au vol par André Crudo, ancien arbitre de ligne à Roland, sont visibles. « Il s’adonnait à la photo à ses heures perdues, rappelle Danielle Bombardier. Il m’en offrait une chaque jour et j’affichais mes préférées. » Parmi elles, on retrouve celle d’Arthur Ashe, « l’homme qui a inspiré Yannick Noah », de Jimmy Connors, « qu’on adorait détester », Guillermo Vilas, « né joueur de tennis et poète », Björn Borg, « personnage mythique et mystérieux », Adriano Panatta, « qui a fait chavirer les coeurs » ou encore celle de John McEnroe. « Je reconnais son talent mais sa personnalité m’a toujours laissée indifférente. Ce n’était pas quelqu’un de sympathique. » 

Nicolas Gréno (@nicolasgreno)

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