Vite, qu’on en finisse !

par YM, pour Culture Sport

Les Jeux olympiques de Londres devaient marquer l’Histoire, c’est fait. Outre quelques faits sportifs de fort belle facture, outre également le beau parcours de la délégation française, quelle puanteur cette olympiade. Comme l’a magnifiquement souligné Pierre Godon de France TV Sport dans un excellent papier sur le site du média, le slogan de ces JO pourrait bien être « deux poids deux mesures ».

Sans nécessairement rentrer dans le détail pour éviter de paraphraser mon confrère Godon, rappelons seulement les cas. Huit joueuses de badminton exclues pour avoir écorné l’esprit olympique en ne jouant pas un match à fond. L’équipe japonaise de football qui fait tout pour ne surtout pas battre l’Afrique du sud et s’offrir un tableau plus convenable. L’équipe espagnole de basket qui donne le dernier quart temps au Brésil dans la même optique. Le duo de rameurs britanniques qui demandent, et obtiennent, que la course redémarre en raison d’un problème « technique ». Le pistard britannique qui chute volontairement pour pouvoir prendre un nouveau départ. Cet athlète algérien exclu, puis réintégré après qu’il avait été taxé d’un manque de combativité dans une course (le 800m) à laquelle sa fédération avait oublié de le désengager en raison de son programme déjà chargé sur 1500m. Une épreuve qu’il a d’ailleurs remporté après sa réintégration. Et enfin ce kayakiste néo-zélandais jugé lors de son épreuve par… sa propre mère. Pour être un brin cocardier, on pourrait aussi évoquer le combat perdu en lutte par le Français Mélonin Mounonvi contre l’Egyptien, Gaber. Un combat qu’à deux reprises les juges arbitres avaient donné au Français (au terme de celui-ci et après réclamation). Mais une nouvelle réclamation a donné l’avis contraire…

Bref, ces JO de Londres, pourtant merveilleusement ouverts par une cérémonie inaugurale de toute beauté, ne respirent pas la sérénité. On bafoue allègrement les valeurs de l’olympisme et même du sport, sans vergogne. C’est dommage et même bien plus encore. Il y a toujours des petites histoires lors d’une olympiade, mais là, ça commence à faire beaucoup. Pour un peu on se demanderait presque s’il ne faudra pas bientôt apprendre aux athlètes à bien tricher plutôt qu’à bien s’entraîner. C’est en tout cas le sens de ce que l’on voit depuis dix jours.

Lorsque l’on voit avec quelle fougue et quelle vivacité le CIO s’empresse de museler toute utilisation non-contractuelle de son image et des droits des JO, on regrette que la même énergie ne soit pas mise en application pour la défense de l’équité sportive. Les joueuses de badminton ont « balancé » un match, elles sont exclues. Les joueuses de foot japonaises et surtout les basketteurs espagnols ont fait de même et tout va bien. Les affaires sont pourtant très comparables. Le ton du papier de Pierre Godon est très propre, jouant la carte « judiciaire » et restant somme toute aussi neutre que possible. Mais l’agacement est à fleur de plume…
Le nôtre l’est aussi. Car, comme beaucoup l’évoquent sur les réseaux sociaux, les Jeux olympiques deviennent de plus en plus une énorme machine à générer du cash dans laquelle le sport et les sportifs ne sont que des leviers. Le golf est certes l’un des sports les plus pratiqués au monde, mais qu’on ne vienne pas nous faire croire que ce n’est pas aussi l’énorme manne financière de tout son cortège de partenaires officiels prestigieux qui lui permettra d’entrée au programme olympique dans quatre ans.

Heureusement me direz-vous que des Phelps ou des Bolt sont là pour maintenir la magie de l’olympisme. Mais ne sont-ils pas eux-mêmes les stars ultra « bancable » de la maison CIO ?
Il y aura eu de belles choses, de belles médailles (françaises) mais le sport tel que le concevait le Baron de Coubertin, ce n’est pas ça. Le sport c’est l’équité avant toute chose et sur ce point, Londres 2012 malheureusement, semble très loin du compte.

Crédit photos : AFP, Reuters

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac’ @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l’UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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