Athlétisme Interviews

Paroles de runner #1 : Florian Aillerie

Les professionnels ne sont pas les seuls à prendre le départ de marathons. Des amateurs acceptent eux aussi de relever le défi et d’endurer les mêmes souffrances. Pour mettre en lumière leur dévouement et leur courage, nous avons lancé « Paroles de runner ». Aujourd’hui, premier épisode avec Florian Aillerie, 23 ans, coureur d’Étrelles (Bretagne).

Crédit photo : archives personnelles de Florian Aillerie

cultureSPORT : Depuis quand pratiques-tu la course à pied ?

Florian Aillerie : Difficile de donner une date exacte. J’ai longtemps pratiqué le football en faisant quelques footings de temps en temps. Un jour, on m’a proposé de participer à une épreuve en équipe où je devais effectuer la partie course à pied. J’ai beaucoup aimé et je me suis dit « pourquoi ne pas essayer de faire une course individuelle ? ». J’ai fait ma première course en juin 2017. J’ai fini quatrième. C’est à ce moment que j’ai commencé à vraiment pratiquer. Ensuite j’ai eu des problèmes aux genoux, ça m’a un peu freiné. Je n’étais pas régulier dans mes entraînements. Je peux dire que je suis vraiment régulier et que la course à pied a pris une autre tournure dans ma vie depuis début janvier 2019, quand j’ai décidé de commencer ma préparation pour mon premier marathon.

C’est un sport où le mental à une place importante, ce qui me plaît aussi.

Florian Aillerie

cultureSPORT : Qu’aimes-tu dans cette discipline ?

Florian Aillerie : J’avais besoin de trouver un sport où je me dépense vraiment à chaque sortie. J’aime ce sport car il me permet d’aller au bout de moi, d’aller au bout de mes limites. C’est un sport où le mental à une place importante ce qui me plaît aussi. C’est aussi un sport qui permet de se défouler, de se vider la tête.

cultureSPORT : Quelle est la fréquence de tes entraînements ?

Florian Aillerie : Depuis le début de l’année, j’essaye d’être le plus régulier possible. La fréquence dépend surtout de l’objectif préparé. Je m’entraîne en moyenne cinq fois par semaine en effectuant différents entraînements, des footings de régénération, du fractionné, des séances spécifiques en fonction de l’objectif. Il est tout de même important d’avoir des moments de repos.

cultureSPORT : Comment te prépares-tu avant un semi voire un marathon ?

Florian Aillerie : Je n’ai jamais vraiment préparé spécifiquement un semi-marathon pour le moment. Ils interviennent souvent lors de ma préparation marathon. La préparation marathon est une période longue physiquement et mentalement. Je compte dix semaines de préparation pour être fin prêt le jour J. La préparation est à peu près similaire que pour un dix kilomètres ; il faut juste rajouter les sorties longues et travailler l’allure pour habituer le corps à courir à une certaine allure pendant 42,195km.

Le marathon est une distance mythique. Je voulais savoir si j’en étais capable.

Florian Aillerie

cultureSPORT : Que recherches-tu dans ce genre d’épreuves ?

Florian Aillerie : Mon envie première en commençant la course à pied, c’était de faire un marathon. J’ai accompli cet objectif. C’est une distance mythique dans la discipline. Je voulais savoir si j’en étais capable. En finissant mon premier marathon, la première chose que je voulais faire, c’était d’en refaire un autre. La difficulté, l’ambiance, c’est tout ce qui me plaît dans ce sport. J’y ai vraiment pris goût. Cela permet de voir aussi de superbes paysages, de visiter, en courant, de grandes villes. Après Paris, j’ai décidé de me rendre à Amsterdam. Cela me permet de voyager, de visiter des capitales et je compte continuer ainsi.

Crédit photo : archives personnelles de Florian Aillerie

cultureSPORT : Qu’as-tu ressenti lors de tes deux marathons (Paris en 2h57’03 et Amsterdam en 2h58’37), tant émotionnellement que physiquement ?

Florian Aillerie : Mon ressenti est totalement contraire entre les deux. Lors de mon premier marathon, j’ai vécu de superbes moments même si physiquement cela commençait à être compliqué sur la fin. Le fait de le finir, en moins de trois heures ce qui était l’objectif que je m’étais fixé, tout était génial. Je n’ai jamais vraiment subi la course et j’ai pu profiter de chaque kilomètre. Lors de mon deuxième marathon à Amsterdam, ça n’a pas été la même chose. Physiquement pour commencer, quand les crampes sont intervenues dès le vingt-septième kilomètre. J’ai surtout subi la deuxième partie de course et je n’ai pas profité pleinement de ce marathon. Émotionnellement, rien que le fait de finir est quelque chose de fort même si l’objectif de temps initial n’est pas atteint. Cela reste de superbes moments, de fortes émotions et des efforts intenses où le corps est mis à rude épreuve.

cultureSPORT : Quels sont tes prochains objectifs ?

Florian Aillerie : Je n’en ai pas vraiment. Je profite de ma préparation marathon pour me faire plaisir sur quelques courses d’ici la fin de l’année. Je vais reprendre l’année 2020 avec de nouveaux objectifs. J’aimerais préparer un semi-marathon et/ou un dix kilomètres en début d’année pour aller chercher de nouveaux RP. Enfin, pour la fin d’année 2020 j’aimerais effectuer un nouveau marathon. Berlin, lieu du dernier record du monde, m’attire. Le problème, c’est qu’il faut passer par un tirage au sort pour pouvoir y accéder. J’en attends le dénouement. J’en saurais donc plus d’ici la fin de l’année.

Crédit photo : archives personnelles de Florian Aillerie

cultureSPORT : Le fait que pros et amateurs se côtoient est quelque chose qui te plaît ?

Florian Aillerie : Effectivement, c’est intéressant de pouvoir côtoyer et courir avec les professionnels. Ceci dit, ce sont deux mondes et deux courses différentes. Nous n’avons pas la chance de pouvoir « courir » et de se frotter avec eux. De toute manière, à part tenir 200 mètres, je ne sais pas si c’est possible plus longtemps. C’est intéressant pour les spectateurs qui viennent encourager leurs proches de pouvoir observer des athlètes de haut niveau.

cultureSPORT : Que penses-tu des performances réalisées par Eliud Kipchoge ?

Florian Aillerie : Je serai toujours impressionné par ses performances. Cet athlète me fascine. Pratiquant la course à pied et m’entraînant assez régulièrement, je trouve cela fascinant de courir à cette allure autant de temps. Ce n’est pas humain. Bien que toutes les conditions étaient optimales pour réaliser son marathon en moins de deux heures, sa performance reste et restera historique. C’est pour moi le seul qui pouvait réaliser cet exploit. C’est tout simplement le meilleur dans cette discipline.

cultureSPORT : Quel athlète amateur aimerais-tu que cultureSPORT interviewe ?

Florian Aillerie : C’est toujours un plaisir de lire des interviews de personnes pratiquant la course à pied. De pouvoir voir les ressentis, la manière de s’entraîner de chacun. Ce qui est sûr, c’est que je suivrais avec attention cette rubrique dédiée à ce sport.

Propos recueillis par Nicolas Gréno (@nicolasgreno)

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