Le Grand Prix du Brésil en 3 questions

Dimanche aura lieu la vingtième et dernière épreuve du championnat du monde 2012 de Formule 1 ! Le Grand Prix du Brésil sera assurément un rendez-vous sous haute tension, puisque Fernando Alonso (Ferrari) peut encore empêcher Sebastian Vettel (Red Bull) de rafler pour la troisième année consécutive la couronne ! Pour cet événement exceptionnel, Culture-Sport vous fera vivre jour par jour l’avancée de ce week-end de course ! Aujourd’hui, répondons à quelques questions afin de connaître les tenants et les aboutissants de cette finale.

Qui mérite d’obtenir le titre ?

Les forums de F1 se déchirent à propos de cette question. Une chose est sûre : les deux pilotes ont affronté de nombreux problèmes.

Vettel a dû s’habituer à une monoplace dépourvue de systèmes magiques (échappements soufflés). Sa victoire à Sakhir n’a pas été l’élément déclencheur d’une domination comme attendu. Une fois le manuel de la RB8 assimilé, l’Allemand s’est battu contre son équipier Webber qui semblait prendre l’ascendant (victoires à Monaco et Silverstone). Puis, la fiabilité des machines autrichiennes a fait défaut ; une situation déjà vécue par l’équipe début 2010 ! Panne d’alternateur au plus mauvais moment à Valence, bis repetita à Monza. Ce furent des grands moments d’inquiétude pour l’équipe, puisque ces points perdus allèrent dans l’escarcelle de… Fernando Alonso !

Ce dernier n’a pas eu la partie facile. Les apparences sont trompeuses : la F2012 n’a jamais été au-dessus du lot. Par contre, son pilote l’a bien été, et ce à plusieurs reprises. Sa victoire à Sepang n’est que le fruit de son talent et son abnégation. Comme Vettel, l’Espagnol a eu son lot d’abandons le privant de nombreuses unités (Spa, Suzuka). En contrepartie, il a su profiter des malheurs de ses adversaires (Valence) et aussi du caractère imprévisible de cette saison. Alors que les McLaren et les Red Bull se neutralisaient au championnat, Alonso n’a pas eu ce problème de rivalité avec son équipier. Inexistant au printemps, Massa n’a nullement gêné son équipier pour l’engrangement des points. Le Brésilien a donc été indirectement un allié de poids dans un certain sens.

Conclusion : Alonso a sans doute réalisé de plus gros progrès que Vettel sur l’ensemble de l’année. Il a également été plus constant et serein. Mais la remontée de l’Allemand initiée à Singapour a marqué les esprits.

Comment Vettel/Alonso peut-il devenir champion ?

Pour que Vettel puisse empocher un troisième titre d’affilé, il n’a guère besoin d’attaquer comme un damné. En effet, si son rival finit premier, il pourrait se satisfaire d’une cinquième place. Si Alonso termine deuxième, le huitième rang lui suffirait. Et si l’Espagnol monte sur la dernière marche du podium, une maigre dixième place assurerait Vettel du titre !

Conclusion : Vettel peut calquer sa course sur celle d’Alonso, mais le jeune pilote est un attaquant, la réserve n’est pas son mot d’ordre ! Quant à Alonso, il arrive au Brésil dans le rôle du challenger ; il devra réaliser la course de sa vie si la Red Bull marche comme une horloge !

Pourquoi faut-il absolument regarder cette course ?

Le visionnage du Grand Prix se justifie bien sûr par le duel final, mais aussi par le lieu, empli de souvenirs mémorables. C’est sur ce tracé que de nombreux championnats de F1 ont livré leur dénouement. Prenons le plus célèbre d’entre eux, l’édition 2008. Un jeune loup (Lewis Hamilton) arrivait à Sao Paulo quelques points devant l’enfant du pays, Felipe Massa. L’Anglais pouvait se permettre de terminer cinquième pour devenir le plus jeune champion du monde. Ce fut une course d’anthologie. Sur une piste humide, Massa s’envola en tête ; une position qu’il ne quitta plus jusqu’à l’arrivée. Derrière, Hamilton se battait pour conserver cette précieuse cinquième place synonyme de titre. Or, à trois tours de la fin, Sebastian Vettel (tiens, tiens) sur sa modeste Toro Rosso le dépassa ! La McLaren se retrouva sixième, Massa était champion ! Les spectateurs brésiliens hurlèrent, les fans trépignèrent devant leur tv. La Ferrari passa la ligne en grand vainqueur, la foule fut en liesse, mais pour un court instant. Dans le dernier virage du dernier tour, alors que tout semblait terminé pour lui, Hamilton passa la Toyota de Glock, en perdition avec des pneus inadaptés ! De nombreux fans, dont l’auteur de ces lignes, ne remarquèrent point cette manoeuvre cruciale. Hamilton finissait cinquième, à la suite de ce miracle dans l’incompréhension la plus totale dans les stands.

Ainsi, le tracé de Sao Paulo est imprégné de cet atmosphère électrique, tendue, mais ô combien appréciable et festive pour les amateurs de F1.

Mon avis : J’espère sincèrement que le duel Alonso-Vettel sera de toute beauté. Ce sont deux hommes extraordinaires, capables de courses flamboyantes et remarquables. J’aimerais bien revivre le scénario de 2008, mais c’est peu probable. J’allais oublier : la « chuva », l’averse brésilienne, est aussi imprévisible et violente que l’orage malaisien. De quoi rajouter encore du piment à une épreuve qui n’en manquera pas !

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