Grand Prix de Grande-Bretagne : le baromètre

Rarement une épreuve de Formule 1 a offert un spectacle aussi intense en toute fin d’épreuve !

Culture Sport Nico Rosberg

En hausse

Les pilotes Mercedes-AMG
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la fin de semaine ne fut guère de tout repos pour l’équipe basée à Brackley, près du circuit de Silverstone ! A l’issue des essais qualificatifs le samedi soir, les observateurs pariaient pour la majorité sur une domination de Lewis Hamilton. Le chouchou du public avait effectivement écrasé la concurrence pour signer la pole. Malheureusement, une explosion de son pneu arrière gauche mit un terme à ses espoirs de victoire, alors qu’il menait la danse au huitième tour. Le public venu en nombre a assisté dès lors à une fantastique remontée de Lewis. Sans baisser les bras, il s’adjugeait la quatrième position finale, à quelques secondes du podium ! Difficile à croire quand il pointait au-delà de la vingtième place après son soucis mécanique. Son co-équipier et ami Nico Rosberg a tenu le cap tout au long des 52 tours. Ne laissant pas s’échapper Sebastian Vettel (Red Bull), il haussa sensiblement le rythme en fin d’épreuve dans le but de le rattraper. Bien aidé, il est vrai, par l’abandon de son compatriote, le vainqueur du GP de Monaco en mai dernier a résisté au retour fulgurant de Mark Webber (Red Bull). Il a gardé la tête froide, et bien lui en a pris. Nico signe un second succès en cette saison 2013, et revient au contact de Webber et Hamilton au classement des pilotes. Mercedes-AMG s’installant quant à elle en seconde position au championnat des constructeurs.

Fernando Alonso (Ferrari)
Le taureau des Asturies s’est plaint à plusieurs reprises du manque de vélocité de sa Ferrari F138, ce qui ne l’a pas empêché de signer un nouveau podium ! Comme à son habitude, il a réalisé une course sans l’ombre d’un accroc, profitant des malheurs des uns (Hamilton, Vettel) pour marquer de gros points. Alonso a encore une fois démontré qu’il était un battant ; il ne renonce pas. Malgré un départ pour le moins manqué (10ème au premier tour), l’Espagnol est remonté lentement mais sûrement. Son dernier effort durant le final pour le gain de la troisième place  en valait la peine. Le voici qui reprend la bagatelle de quinze points au leader Vettel, de quoi pousser un ouf de soulagement aux membres de la Scuderia !

L’équipe Williams
Certes, si l’on regarde les chiffres, l’écurie de Grove n’a inscrit aucun point depuis le début de l’année. C’est clairement une déception comparé aux résultats probants de 2012 (victoire de Maldonado à Barcelone). Cependant, les hommes de Frank Williams ne relâchent pas leur travail afin améliorer leurs voitures. Grâce aux améliorations et aux faits de course, Maldonado et Bottas ont fini à la porte des points : 11ème et 12ème. Le paddock de la F1 voudrait tellement voir l’équipe Williams renouer avec les premiers rôles, mais il faut d’abord passer par des résultats dans le Top 10. Ils s’en approchent, espérons que ce week-end britannique soit de bonne augure !

En baisse 

Sebastian Vettel (Red Bull) 
La belle machine autrichienne s’est enrayée à dix tours de la fin, au grand dam du triple champion du monde en titre ! Alors qu’un nouveau succès lui tendait les bras, une grave avarie de sa boite de vitesses l’obligea à s’immobiliser sur le bas-côté. Cet abandon est fort préjudiciable car il avait l’occasion de s’octroyer une avance de cinquante unités sur ses rivaux peu avant son retirement. Finalement, Vettel repart de Silverstone avec une avance forcément réduite : 21 points sur Alonso, 34 sur Räikkönen (Lotus). L’Allemand aura à cœur d’oublier ce résultat blanc dès le week-end prochain, chez lui au Nurburgring !

Jean-Eric Vergne (Toro Rosso)
Quel cruelle désillusion pour le pilote français ! Après une belle série dans les points, avec en point d’orgue une sixième position au Canada, Vergne est rentré dans le rang en Angleterre. Sa séance de qualification ne lui a pas permis d’entrer en Q3, au contraire de son équipier Daniel Ricciardo. Le lendemain, un mauvais départ le plongeait dans le ventre mou du peloton. Mais « JEV » n’était pas encore au bout de ses peines. En effet, un délaminage inattendu de son pneu arrière gauche en pleine ligne droite le força à un arrêt imprévu. Sa monoplace s’est révélée ensuite passablement endommagée pour pouvoir atteindre l’arrivée (on se souviendra qu’à Barcelone, Vergne avait été victime du même problème). Les points de la huitième place inscris par Ricciardo ne plaident pas en sa faveur dans la quête d’un baquet chez la grande sœur, Red Bull. La saison étant néanmoins longue, il serait hasardeux de se prononcer sur ses chances d’entrer dans l’écurie championne du monde.

L’équipe Lotus
Nous n’allons pas incriminer le pilotage de Kimi Räikkönen, mais plutôt la stratégie de son équipe. Comment dégringoler de la seconde à la cinquième place lors du run final ? Explications. Lors de l’abandon de Vettel (voir ci-dessus), la voiture de sécurité apparait. Entre-temps, Alonso a senti le bon coup en passant par les stands. Webber emboîte le pas, ainsi que Hamilton. Ces trois hommes disposent  de gommes neuves pour les dernières boucles. Räikkönen, quant à lui, a poursuivi son chemin sans s’arrêter. Le Finlandais s’est ouvertement plaint de cette stratégie peu clairvoyante de son team. En conservant ses pneus usagés, la Lotus E21 est devenu une cible aisée pour les concurrents. Ainsi, avec cette erreur, Kimi loupe le coche, alors qu’il effectuait une belle remontée. De quoi faire pencher la balance en faveur d’un transfert vers une formation de tout premier plan ?

Crédit photo : page Facebook officielle de Nico Rosberg

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