Un maillot à pois qui déchaîne les passions

Notre consultant Francis Lafargue est actuellement sur les routes du Tour de France en qualité de relations publiques pour le groupe Carrefour, partenaire officiel du maillot blanc à pois rouges. Il revient sur la lutte pour le titre honorifique de meilleur grimpeur mais aussi sur l’engouement généré par cette tunique mythique.

Culture Sport Francis Lafargue Vuelta 2014

Francis, après avoir été très longtemps attaché de presse pour les formations Reynolds, Banesto, Iles Baléares et Caisse d’Epargne (qui étaient en fait la même structure) et vu passer des coureurs inconnus comme Pedro Delgado, Miguel Indurain et Alejandro Valverde, que faites-vous sur la Grande Boucle cette année ?

«Je suis très heureux d’effectuer les relations publiques pour Carrefour. Cela me permet de faire le Tour de France dans de bonnes conditions. Avec mes deux partenaires, Cyril Dessel et Christophe Mengin, nous nous occupons des invités sur toutes les étapes. Notre rôle consiste à les accueillir, dès le matin, au village départ, où nous possédons un stand. Richard Virenque y signe d’ailleurs quelques autographes. Ça me fait tout drôle de boire le café avec lui tous les jours. Ensuite, on amène l’invité en avant-course puis on lui fait vivre l’arrivée, où on lui explique tout. Ils passent une bonne journée et pour nous, ça nous permet de rester entre « gens du Tour ». On retrouve tous nos anciens collègues. Nous sommes en plein cœur du sujet.»

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le partenariat entre le groupe Carrefour et le Tour de France ?

«Carrefour est partenaire officiel depuis 2009. Avant, de 1993 à 2008, c’était le magasin Champion qui figurait sur le maillot à pois. Mais l’entreprise a, par la suite, été rachetée par le groupe Carrefour. Le partenariat se termine cette année, mais il est en cours de renégociation. C’est un outil de travail formidable pour eux parce qu’ils touchent leur public – qui est impressionnant – massé sur le bord des routes et au travers de la télévision via les banderoles (au passage des différents GPM, notamment).»

Les coureurs, la lutte pour le maillot

Joaquim Rodriguez et Thomas Voeckler se sont bien détachés au classement, après la dixième étape. Est-ce que l’on se dirige clairement vers un duel Franco-Espagnol ? Qui est le plus en capacité de ramener le maillot à pois à Paris ?

«Je crois que rien n’est décidé jusqu’à maintenant. Joaquim Rodriguez était tombé sur le Giro. Normalement, il ne devait pas faire le Tour mais s’aligner au départ de la Vuelta. Au dernier moment, son équipe a décidé de l’envoyer sur la Grande Boucle. L’Espagnol n’était pas en grande forme lors des premières étapes mais dans la montagne, on sait ce qu’il vaut. On va voir ce que cela va donner.»

Culture Sport Joaquim Rodriguez

Mais il a dévoilé ses ambitions, du coup, lundi dernier ?

«Effectivement. Rodriguez est un pur grimpeur. Sur le papier, il est plus fort que Voeckler en montagne. Maintenant, on est loin de Paris, il faut aller glaner les points dans les cols mais aussi dans les petites côtes. Il va donc lui falloir un peu de punch. Si j’avais un favori à donner, c’est Purito. Le connaissant, je sais que c’est un super grimpeur. Il est capable de partir dans un col et de faire le sprint en haut, au sommet, pour prendre des points.»

Les suiveurs, le public

Culture Sport Carrefour maillot blanc à pois rouges
Comment expliquez-vous que pour le public, le maillot à pois est presque devenu la plus belle des quatre tuniques distinctives ? Devançant même le Maillot Jaune parfois…

«C’est vrai que le maillot blanc à pois rouges, curieusement, est devenu très populaire. Je m’en rends compte de plus en plus. En Angleterre, beaucoup de spectateurs étaient vêtus, certes, du Maillot Jaune mais aussi avec la tunique à pois. J’ai même vu des maisons peintes avec des murs blancs recouverts de petits points rouges… On a vu en plus des maillots, des tifos… Bref, il est présent partout ce maillot à pois. C’est quand même un phénomène ahurissant. Comme je le disais précédemment, ce prix récompensant les grimpeurs est donc très populaire, contrairement à avant. Il n’y avait même pas de tunique de meilleur grimpeur, seulement un classement de la montagne. A l’époque où j’étais gosse, Bahamontes avait remporté ce titre à six reprises. Avec lui, nous avions des échappées phénoménales, c’était vraiment des purs grimpeurs. Mais il n’avait pas encore de maillot. Seulement une prime et un gars qui tenait une banderole Poulain derrière lui. C’est tout. Le maillot est arrivé en 1975. Je me souviens de Lucien Van Impe, un des premiers coureurs à l’avoir porté.»

Suivez toute l’actu du maillot à pois sur c-letour.fr mais aussi sur la page Facebook officielle, d’où nous avons tiré les photos de cet article.

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac’ @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l’UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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