Quand l’Euro se jouait à quatre

LES LEÇONS DE PROF JULIEN. Rédacteur de cultureSPORT depuis 2012, Julien Detroz est devenu entre-temps professeur en Belgique. Passionné par les faits sportifs historiques, il nous livre chaque mois sa petite madeleine de Proust. Aujourd’hui, en plein Euro 2016, Julien fait un bon dans le passé. Il est remonté jusqu’en 1960, date de la première édition du championnat d’Europe. Un Euro à quatre…

cultureSPORT Euro 1960

La Coupe Henri Delaunay retrouve sa terre natale. L’Euro 2016 rappelle aux bons souvenirs de 1984 et de l’épopée d’un certain Michel Platini. Pourtant, le trophée d’argent du joaillier Asprey-Londres avait déjà été soulevé une première fois, il y a 54 ans, dans l’Hexagone. Il faut fouiller dans les archives, trier les photos en noir et blanc pour revivre ce qui constitue le premier championnat d’Europe des nations.

Pas d’Allemagne, d’Angleterre, d’Italie, d’Espagne

À l’époque, le cuir désignait véritablement le ballon, d’un marron typique de cette génération – presque – oubliée. La faute, sans doute, à l’équipe de France qui n’a glané aucun succès durant la campagne. La faute, aussi, aux formations de l’est qui ont monopolisé le podium. En 1960, il n’y avait que… quatre pays qualifiés. C’est six fois moins que cette année. Pas d’Allemagne, d’Angleterre, d’Italie et d’Espagne. Non. Que des nations… qui n’existent plus aujourd’hui, hormis la France. Il fallait se qualifier pour la phase finale pour avoir une chance d’accueillir les trois autres adversaires. Le lien intime avec le funeste Delaunay, ancien secrétaire général de l’UEFA décédé en 1955, favorisera la tenue des rencontres dans l’Hexagone, au Stade Vélodrome et à Paris.

Seulement quatre jours d’Euro

Pourtant, le parcours des Bleus coupait court dès la demi-finale contre la Yougoslavie, au terme d’un match à rebondissement conclut par un 4-5 défavorable et – surtout – influencé par un hors-jeu oublié en faveur des visiteurs. Depuis, aucun match de l’Euro n’a recensé autant de buts. La petite finale ne souriait pas plus avec une défaite face à la Tchécoslovaquie (2-0). La finale, jouée au Parc des Princes, sacrait l’URSS au terme des prolongations (2-1). Arborant la célèbre vareuse à l’effigie du CCCP, Le gardien soviétique Lev Yachine soulevait la Coupe d’Europe, au prix d’une démonstration dans ses cages, lui valant le surnom de l’Araignée noire. Sur l’espace de quatre jours – seulement! – l’Euro 1960 a fait ses preuves et a donné rendez-vous, quatre étés plus tard, en Espagne. Puis en Yougoslavie, puis en Belgique, etc…

Julien Detroz (@juliendetroz)
Crédit photo : DR

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

Laisser un commentaire