Marie-Zélia Lafont : « Estanguet a réveillé en moi le rêve de décrocher le Graal olympique »

JEUX OLYMPIQUES. Canoë-kayak. Elle nous l’a confié, sa préparation s’est bien déroulée. Elle a également réglé, jusqu’au dernier moment, les ultimes petits détails pour être au top de sa forme le jour J. Et le jour J, c’est aujourd’hui. Marie-Zélia Lafont, qui a fait tomber Emilie Fer (championne olympique en titre pour encore quelques heures) lors des « France », aborde, avec confiance, la compétition la plus importante de sa carrière.

cultureSPORT Marie-Zélia Lafont

cultureSPORT : Êtes-vous arrivée dans le monde du canoë-kayak notamment grâce à la première médaille d’or de Tony Estanguet, en 2000, à Sydney ?

Marie-Zélia Lafont : Et non… J’ai commencé le kayak avant, en 1996, avec mes cousins, à Orthez. Ils m’ont transmis leur passion pour ce sport. J’ai grandi en suivant les exploits de Tony Estanguet qui a réveillé en moi le rêve de décrocher le Graal olympique.

« Je le remercie car il est vraiment top ce bassin. »

cultureSPORT : Peut-on affirmer qu’il a laissé un héritage indélébile à ce sport ?

Marie-Zélia Lafont : Oui, sans aucun doute. Tony a laissé un héritage indéniable à notre sport et continue à jouer un rôle important au travers de ses nouvelles fonctions politiques. Par exemple à Pau, il a été un des acteurs, un des piliers fondateurs du stade d’eaux vives. Et, je le remercie car il est vraiment top ce bassin !

cultureSPORT : Ça fait quoi de voir un ancien grand champion de canoë-kayak entrer au CIO et y occuper un rôle prépondérant ?

Marie-Zélia Lafont : Il m’impressionne toujours autant Tony. Il arrive à mener aussi bien sa carrière hors de l’eau que sa pagaie dans l’eau. Il est, aujourd’hui, un atout important pour notre sport. En effet, je suis persuadée qu’il soutiendra et défendra l’avenir de notre sport aux Jeux Olympiques.

cultureSPORT : Comment le canoë-kayak tricolore s’est-il comporté durant cette Olympiade ? Si vous deviez faire un résumé de ces quatre dernières années…

Marie-Zélia Lafont : L’équipe de France de canoë-kayak est performante puisqu’elle a décroché de nombreuses médailles tout au long de cette olympiade. Cette équipe est dynamique et au service de l’athlète. Elle est en recherche permanente de nouveautés pour mettre les athlètes dans les meilleures conditions pour performer. Par exemple, l’équipe dispose de tablettes afin de pouvoir se regarder et corriger immédiatement les erreurs effectuées sur l’eau, à l’entraînement. Elle possède bien d’autres outils encore.

« Je sais que j’ai les capacités et le potentiel pour décrocher une médaille. »

cultureSPORT : Vous vous êtes imposée, à Pau, lors de la manche de coupe du Monde précédant les Jeux. Vous avez montré que vous étiez en forme. Comment vous sentez-vous avant cette échéance olympique ?

Marie-Zélia Lafont : Ma préparation s’est bien passée et j’ai réglé les derniers petits détails pour être au top de ma forme le jour J. L’échéance approchant, la pression monte progressivement. Mais c’est normal, c’est à moi de la rendre positive. Je sais que j’ai les capacités et le potentiel pour décrocher une médaille. Je l’ai déjà prouvé à plusieurs reprises cette année. Je suis motivée à fond ! Il me tarde de prendre le départ et de vivre mes premiers Jeux.

cultureSPORT : Ça fait quoi d’avoir une épreuve mondiale à la maison, dans le Béarn ?

Marie-Zélia Lafont : C’est énorme et ça fait plaisir ! On est à la maison et on a envie de performer devant les spectateurs français. Quand il nous encourage, on sent le public nous porter en haut de la vague ! Cela motive encore plus pour repousser ses propres limites ! En plus, les organisateurs de Pau mettent le paquet et font de cette compétition une véritable fête du kayak. Il y a une sacrée ambiance, c’est tip top !

cultureSPORT : Comment est configuré le stade d’eaux vives de Pau ? Est-ce votre « deuxième maison » ?

Marie-Zélia Lafont : Le bassin du stade d’eaux vives ? Je l’adore. Il demande une garde capacité d’adaptation car les mouvements d’eaux vives sont changeants. Il faut être rapide et précis pour aller vite. J’adore. Ensuite, on dispose d’une salle de musculation qui répond parfaitement bien à nos besoins. Cela nous permet d’enchaîner une séance de bateau juste après la muscu. Dans le bâtiment, il y a également un restaurant qui est excellent. Il m’arrive d’y manger entre deux séances d’entraînement. C’est très agréable ! Le stade d’eaux vives de Pau est en effet une sorte de deuxième maison pour moi. Mais, j’en ai une autre à Orthez.

cultureSPORT : Pouvez-vous nous décrire le bassin olympique de Rio ?

Marie-Zélia Lafont : Il a ses spécificités comme tous les bassins. Il est en ligne droite, ce qui m’a demandé un peu de temps pour bien le mémoriser. Sur la première partie, on a des petits rouleaux rigolos qui s’enchaînent et qui rythment le bassin. Et vers la fin, on a une chute qui demande de l’énergie et de la concentration pour pouvoir la passer idéalement. Il est vraiment sympa ce bassin et il procure des sensations très agréables.

« D’avoir battu Emilie Fer a augmenté ma confiance. »

cultureSPORT : Lors des championnats de France, vous avez battu Emilie Fer, la championne olympique en titre. Est-ce que cela vous confère un statut de « favorite naturelle » ? Est-ce que cela vous donne une pression supplémentaire ?

Marie-Zélia Lafont : Je dirai plutôt le statut d’outsider. J’ai sorti la championne olympique en titre et je sais que j’ai le potentiel pour réaliser mon rêve : devenir championne olympique à mon tour. Je vais donner le meilleur de moi. D’avoir battu Emilie Fer a plutôt augmenté ma confiance. Émilie est une grande championne que je respecte énormément. Je suis fière et je vais essayer d’être à la hauteur.

cultureSPORT : Quelle sera votre principale adversaire ? La vice-championne olympique de Londres Jessica Fox, fille de Myriam Jerusalmi, médaillée de bronze à Atlanta ?

Marie-Zélia Lafont : C’est sûr que Jessica Fox est l’une de mes principales adversaires. Elle est forte tout comme Maialen Chourraut (médaille de bronze à Londres) et bien d’autres. La catégorie kayak dames reste alors ouverte puisqu’il n’y a pas de réelle hiérarchie. J’ai donc toutes mes chances pour aller décrocher une médaille voir même le Graal olympique !

Son programme

Aujourd’hui : 1ère manche de qualification (dès 18h10) puis 2ème manche de qualification (dès 20h). La suite : demi-finale (11 août 18h15-19h) puis finale (20h-20h30).

Propos recueillis par Nicolas Gréno (@nicolasgrenon.greno@culturesport.net)
Crédits photos : page Facebook de Marie-Zélia Lafont

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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