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Martina Navratilova : Le tennis mais pas que…

Légende du tennis, Martina Navratilova, s’est exprimée dans une interview accordée à Laureus, dont elle est membre. Confinée dans sa maison en Floride, elle fait face à la situation, même si elle est triste de ne pouvoir se rendre à Wimbledon pour la première fois depuis 1973.

Née à Prague, l’ex-tenniswoman américaine est très inquiète pour les nombreux enfants et jeunes adultes qui bénéficient des 200 programmes déployés par Laureus dans 40 pays du monde et qui pourraient être vulnérables en raison du Coronavirus. La fondation « a donné aux enfants l’occasion d’être eux-mêmes, de participer à des compétitions, de jouer, de se socialiser et même de recevoir une éducation dans un espace sûr dont ils ne peuvent pas bénéficier, pour quelque raison que ce soit, avec leur famille, leur quartier ou leur pays », explique Martina Navratilova, membre de l’Académie Laureus. Au cours des deux dernières décennies, le programme Sport for Good a récolté plus de 150 millions d’euros pour le secteur du sport au service du développement, touchant et contribuant à changer la vie de près de six millions d’enfants et de jeunes.

Participant à un projet de boxe dans l’East End de Londres, la double lauréate de Roland Garros (1982, 1984) est montée, par la même occasion, sur le ring. Elle s’est également rendue à plusieurs reprises dans un bidonville de Mathare, dans la banlieue de Nairobi. « On ne peut pas imaginer les conditions, rappelle-t-elle. Il y a 10 000 enfants qui jouent au football, qui font des études, qui sont en bonne santé, qui se soignent, qui reçoivent des conseils de prévention sur le VIH. Et maintenant vous ajoutez à cela le Coronavirus et la distanciation sociale dans des endroits où les gens sont entassés à dix dans un tout petit espace… C’est délicat. Cette pandémie frappe l’Europe et l’Amérique mais n’a pas encore vraiment atteint l’Afrique et certains pays d’Asie… Comment ces pays vont-ils faire face à cette situation ? Comment allons-nous les aider ? »

Crédit photo : service de presse de Laureus.

« Quand on se préoccupe de rester en vie, économiquement, on souffre et on donne forcément moins aux organisations caritatives, regrette-t-elle. Elles sont les premières à partir. Il va donc être très difficile de poursuivre tous ces projets. Nous devons faire en sorte que l’argent continue à circuler d’une manière ou d’une autre. Chaque projet est différent, chaque situation est différente et vous devez le rendre spécifique pour ce moment particulier. » Martina Navratilova rappelle qu’elle a également pris part à une initiative entreprise à Fort Lauderdale, où elle a tenté de mobiliser du monde pour coudre des masques. « Quelque chose qui peut sauver des vies, lâche-t-elle. Je pense qu’à long terme, cette pandémie aidera ceux qui ont pu être négligés. J’espère que cela améliorera leur statut et montrera à quel point ils sont nécessaires à notre bien-être. J’espère également que d’une manière ou d’une autre, nous trouverons un moyen de nous en sortir et que peu de gens souffriront« .

« Wimbledon transcende tennis et sport »

Lauréate de cinquante-neuf titres du Grand Chelem (simple et doubles confondus) dont neuf à Wimbledon, Martina Navratilova est attristée à l’idée de ne pouvoir se rendre à Londres en juillet prochain. « J’y viens depuis que j’ai 16 ans, lâche-t-elle. Je n’ai jamais manqué une édition. Ce sera donc mon premier été sans Wimbledon. Ça me démange d’aller toucher l’herbe, de m’y poser. Avec Boris (Becker), nous avons toujours eu une histoire d’amour avec ce tournoi. Les fans le savent. Wimbledon transcende le tennis et transcende le sport. Dans ces moments-là, je pense que cela nous fait aussi réaliser à quel point nous avons eu la chance de pratiquer du sport pour gagner notre vie, relativise-t-elle. Mais cela manque à tout le monde, c’est toujours une si grande partie de nos vies. »

Martina Navratilova a remis le trophée Suzanne-Lenglen à Serena Williams en 2015, porte d’Auteuil. Crédit photo : AFP.

« Seule la guerre a empêché les grands tournois de se dérouler, rappelle la championne d’origine tchèque. Maintenant, c’est cette pandémie. Pour des joueurs comme Roger Federer et Serena Williams, c’est du temps de perdu. Surtout pour Serena. » Selon elle, le Grand Chelem britannique reste la meilleure chance pour l’Américaine, bloquée à 23 titres, de battre le record de Margaret Court. « C’est une occasion perdue. On ne rajeunit pas. Si j’étais dans cette situation, je deviendrais dingue de ne pas pouvoir jouer. Tout le monde est dans le même bateau, mais pour les vieux joueurs comme Roger et même Rafael Nadal et, surtout, Serena Williams, c’est plus difficile. Sans aucun doute. Je compatis avec eux, parce que c’est un ennemi contre lequel on ne peut pas lutter. On espère juste que ça va finir par disparaitre et qu’on pourra jouer l’année prochaine. Novak Djokovic est juste derrière Roger et Rafa dans la course aux grands titres, mais je pense que celui qui est le plus touché est Roger Federer parce qu’il est, de loin, l’aîné. Mais il faut faire avec. Comme l’a dit Billie Jean King, les champions s’adaptent ».

Nicolas Gréno (@nicolasgreno) avec communiqué de presse. Crédit photo de la une : service de presse de Laureus.

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