Le oui/le non : Alberto Contador vainqueur du Tour de Lombardie 2012

Nous sommes le dimanche 5 août 2012, à la veille du départ de l’Eneco Tour. Encore suspendu pour quelques heures, Alberto Contador, qui n’a pu participer à la présentation des équipes, n’a pas encore droit de revêtir le maillot Saxo Bank. Il s’entraîne donc, sur les routes Néerlandaises, avec une combinaison neutre. Mais ce petit détail n’altère en rien la soif de compétition de l’Espagnol. Depuis février, il ronge son frein. Le quadruple vainqueur de Grands Tours renoue avec la compétition le lendemain. Une semaine plus tard, il prend une très prometteuse quatrième place finale (septième du chrono) pour sa course de rentrée. Le Madrilène est donc attendu au tournant lors de son tour national. Sur la Vuelta, il ne déçoit pas ses supporters et même les (télé)spectateurs puisqu’il renoue (déjà) avec le succès, après une démonstration tactique et physique lors de la dix-septième étape.

Aligné sur les Mondiaux, aux côtés de ses compatriotes et rivaux lors de la Vuelta (Rodriguez, Valverde, Moreno notamment), il se met plusieurs fois en évidence en attaquant dans les différentes montées du Cauberg. Avant-hier, pour le retour de la classique Milan-Turin (après quatre ans d’absence), El Pistolero a une nouvelle fois dégainé son arme dans la capitaine Piémontaise et devancé des coureurs en forme comme Ulissi, Kessiakoff, Rodriguez (tiens tiens), Betancur, bref du beau monde.

Oui, Alberto Contador remportera sa première grande classique car il vient donc de glaner son tout premier succès dans une course d’un jour. Lors de Milan-Turin mercredi, l’Espagnol a encore une fois démontré qu’il avait des fourmis dans les jambes et qu’elles ne tournaient pas si mal. Privé de lever les bras depuis le Tour de San Luis (on lui a d’ailleurs retiré sa victoire), le coureur Ibérique a faim. Son appétit s’est accentué, aiguisé au fil des mois. Grâce à son bouquet acquis en Italie, sa confiance est au beau fixe. Conta se présentera demain au départ du Tour de Lombardie avec le costume du favori. Enfin, il partagera ce costume avec un certain champion du Monde. Oui, vous savez de qui je veux parler. Il est Belge, Wallon même. Il est aussi le numéro un mondial de la saison dernière et double vainqueur de cette épreuve en 2009 et 2010… Gilbert empêchera-t-il Contador de réussir le doublé Vuelta-Lombardie ? Le dernier, c’était en 1992, il y a vingt ans. Une œuvre signée Tony Rominger. Mais à l’époque, le Tour d’Espagne se courrait à cheval sur les mois d’avril et mai.

Non, Alberto Contador ne remportera pas encore sa première grande course d’un jour car… Philippe Gilbert. Oui oui, on voit bien triompher le Belge, et ce dès sa première sortie avec la tunique irisée. Un peu à la manière de Paolo Bettini en 2006, le dernier à avoir réussi ce petit exploit. On s’en souvient encore* aujourd’hui. Vainqueur de deux étapes de la Vuelta, le coureur de la formation BMC avait déjà amorcé son retour au premier plan en Espagne. Annoncé comme un des grands animateurs du Mondial, le Wallon s’est brillamment imposé en plaçant un violent démarrage dans l’ultime ascension du Cauberg. Deux kilomètres en solo, pour apercevoir un bel arc-en-ciel. Demain, à Lecco, rien n’empêchera Gilbert de tripler comme Damiano Cunego avant lui. Ah, sauf Contador, peut être.

Demain après-midi, Gilbert ne sera pas le seul homme à suivre, à épier. Pour Contador, il faudra faire également attention à Rigoberto Uran. Le Colombien réalise une belle saison. Maillot blanc du Giro, vainqueur d’étape en Catalogne mais aussi et surtout médaillé d’argent lors des Jeux Olympiques à Londres, le coureur du Team Sky s’est imposé hier lors du Tour du Piémont. Troisième en Lombardie en 2008, Uran pourrait être un candidat sérieux au podium. On mettrait bien une petite piécette sur lui.

Uran et Gilbert seront également accompagnés par Joaquin Rodriguez, Alejandro Valverde et Vincenzo Nibali. Ces trois coureurs de classe mondiale auront eux aussi leur mot à dire dans cette cent-sixième édition de la classique des feuilles mortes.

* L’Italien avait franchi la ligne d’arrivée en pleurs, les doigts pointés vers le ciel, dédiant sa victoire à son frère, tué, deux semaines plus tôt, dans un accident de voiture, alors qu’il préparait une fête pour Paolo, récemment sacré champion du Monde à Salzbourg.

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Crédit photos : DDPI

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac’ @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l’UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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