Cyclisme, le bilan 2012 (partie 8/9)

Le mois de novembre est propice à la récupération au sein du peloton, et c’est le moment de dresser le bilan de l’année écoulée. Si 2012 a offert son lot habituel d’éclosion, les déceptions et les surprises ont été nombreuses. Culture Sport revient sur les résultats des dix-huit formations World Tour.

RadioShack-Nissan : rires jaunes

Lorsque deux équipes comme Leopard et la structure de Johan Bruyneel s’associent, cela doit faire peur… ou plutôt, cela devait faire peur. Car la mayonnaise a tourné au vinaigre, que ce soit sur un plan sportif, éthique, administratif, et social. En effet, la grande équipe que l’on annonçait a vécu une année sombre. Cancellara n’a pas eu droit au chapitre sur les classiques du Nord, la faute à une chute qui a ruiné tout espoir en début de saison. L’Helvète s’est ressaisi à temps, en remportant le prologue du Tour de France dans les rues de Liège. Le Suisse portera la tunique jaune durant une semaine. Ensuite, c’est l’enchaînement de la malchance. Déjà au sol en deuxième partie de Grande boucle, Spartacus chute encore lorsqu’il semble dégainer une attaque tranchante aux JO. Malgré ces maigres résultats, Cancellara se classe parmi les meilleurs coureurs de l’année chez RadioShack car les Schleck ont vécu une année bien pire encore que ce dernier. Andy a enchaîné blessures et maladies tandis que Fränk s’est embourbé dans une sombre affaire de dopage. Les équipiers ont eu du coup l’opportunité de jouer leur propre carte, mais là encore, les résultats sont faibles : Zubeldia rejoint les Champs Elysées avec une modeste huitième place tandis que Monfort n’a pas été à la hauteur de sa précédente saison lors de la Vuelta. Bref, cette année est à oublier… du moins s’ils y parviennent : en effet,  le manager emblématique  Bruyneel a été remercié après l’éclatement de l’affaire Armstrong. Le Belge avait également défrayé la chronique lorsqu’il avait interdit Fuglsang de participer aux épreuves World Tour. Ainsi, le Danois, en partance,  perdait de la valeur marchande sans précieux points. La manœuvre peu orthodoxe cachait une partie des dissensions  internes : certains coureurs ont affirmé ne pas avoir perçu de salaire durant quelques mois. Une affaire de plus qui n’a pas amélioré la santé de RadioShack. Actuellement, ces ennuis semblent s’estomper, mais comment se comportera l’équipe en 2013 ?

Team Saxo Bank-Tinkoff : Contador-dépendance

Avec le meilleur grimpeur au monde dans l’effectif, il est facile de trouver les résultats et d’être régulier dans le World Tour. Tout laissait prédire une année tranquille et le succès précoce à San Luis le confirmait. Tout ? Non ! Une affaire de dopage qui traîne en longueur continuait de faire de l’ombre à Alberto Contador. Et effectivement, la sentence est tombée, en pleine saison. Les résultats précédents furent effacés des tablettes tandis que le Pistolero devait observer six mois de suspension. Un désastre pour Saxo Bank qui perd sa carte maîtresse. Comme un mauvais sort jeté sur la structure danoise, Nick Nuyens passe le printemps à la maison, loin des pavés du Nord qu’il espérait dompter. Quant au sprinteur Haedo, il n’a jamais relevé le niveau faible qui se cache derrière l’épouvantail Contador. Bref, l’année écoulée fut particulièrement pénible. Et ce n’est pas la bonne volonté de Chris-Anker Sörensen qui peut masquer le désarroi. Le valeureux coureur ne s’est pas ménagé sur la Grande boucle en quête de victoire, mais le Saxo doit se contenter du prix du plus combatif. Cette maigre récompense fait pratiquement office d’unique trophée à mi-saison. Alors que l’équipe squatte la dernière place du classement World Tour, Alberto Contador réintègre les pelotons début août. Déjà performant sur l’Eneco Tour, il remporte dans la foulée la Vuelta. Pourtant, le Pistolero a bien cru échouer dans son objectif face à Rodriguez, mais un putsch miraculeux sur une étape sans grandes difficultés en a décidé autrement. Avec le maillot rouge dans l’escarcelle, Bjarne Riis a repoussé de justesse une relégation en division continentale pro, car à l’heure où nous vous écrivons, Saxo Bank reste en ballottage défavorable…

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