Le Bernard du Sport 2012

Et c’est reparti pour une nouvelle cuvée du Bernard du Sport. C’est notre trophée qui récompense le meilleur du pire dans l’année sportive écoulée (frasques, phrases qu’il ne fallait pas sortir, bourdes). En 2010, l’équipe de France de foot avait brillamment ouvert le palmarès, après une grève (dans un beau bus bleu) bien maîtrisée en Afrique du Sud, pendant une certaine Coupe du Monde. L’an passé, ce fût au tour du fou du volant de chez France Télévisions. Oui, celui qui avait envoyé dans le décor et dans les barbelés Johnny Hoogerland et Juan-Antonio Flecha. Toujours est-il le mec se cache toujours chez lui. Il peut encore y rester.

Hasard ou pas, les premiers des éditions 2010 et 2011 l’ont emporté avec 26% des suffrages. Le lauréat 2012 dérogera-t-il à la règle ? Réponse le 1er janvier prochain, lors de l’annonce des résultats. Mais désormais, place aux treize nominés.

Mathieu Valbuena (France, Olympique de Marseille), la petite star wesh wesh gros du 13
En l’espace de quelques jours seulement, le milieu offensif a réussi à se vautrer après avoir fêté un but (le 11 novembre face à Nice), suscitant bien évidement l’hilarité chez tous les fans de foot, et à insulter un petit garçon qui ne demandait qu’un autographe de son joueur préféré, mais qui hélas, a touché la sublime voiture de MatVal. Ce dernier l’insulta en lui balançant un méchant : « putain le con de ta grand mère ! » Heureusement, quelques minutes après que l’information ait fait le buzz, Valbuena a marqué un très beau but face à l’Italie (victoire 2-1).

David Nalbandian (Argentine), le sanguin de l’Amérique du Sud
Nous sommes le 17 juin. Nalbandian dispute, face à Marin Cilic, au Queen’s, sur gazon, sa première finale après un an et demi de disette. Alors qu’il menait un set à zéro (7-6, 3-4), l’ancien numéro trois mondial a été disqualifié pour avoir donné un coup de pied dans un panneau publicitaire posé au pied d’un juge de ligne. Le Croate n’en demandait pas tant.

Les organisateurs des Jeux Olympiques, les diplomates de l’année
Mercredi 25 juillet, c’est le premier jour des Jeux Olympiques (même si l’ouverture officielle interviendra deux jours plus tard). Certes, il n’y a pas grand monde devant les téléviseurs, ni dans les stades d’ailleurs, mais un évènement va venir enrayer la machine London 2012. Eh oui, les organisateurs ont réussi à intervertir les drapeaux de la Corée du Nord et de la Corée du Sud… Les joueuses du premier pays cité ont fait attendre leurs adversaires d’un soir (la Colombie) pendant plus d’une heure avant que la situation ne se règle. Tout était revenu dans l’ordre. Pour l’anecdote, elles ont même gagné : deux buts à zéro (doublé de Kim Song Hui).

Rigoberto Uran (Colombie, Team Sky), le cycliste échappé médaillé invisible
Londres. Cyclisme, course en ligne des Jeux Olympiques. Le dossard cinquante-deux n’apparaît pas sur la startlist. Pour tout le monde, le Colombien est donc en train de regarder ses amis du Team Sky (notamment Mark Cavendish, annoncé comme le grand favori) et de l’équipe nationale depuis sa chambre du village Olympique. Mais en fait non, pas du tout. Uran est bien sur son vélo. Dans le peloton. Le maillot de la sélection Colombienne sur les épaules. Le dossard 52 accroché dans son dos. Dans les ultimes kilomètres de la course, un Colombien s’échappe avec Alexandre Vinokourov. Les synthés de l’OBS (Olympic Broadcast Service) indiquent Henao. La confusion règne chez les commentateurs. Eh oui, certains pensent reconnaître Uran qui n’est normalement pas en course. Mais en fait, c’était bien lui. A l’arrivée, battu par Vino, le coureur de Sky décrochera une médaille d’argent alors qu’il était soi-disant non partant.

Vino et derrière Uran

Saeid Mohammadpour Karkaragh (Iran), le sportif au nom le plus long et qui est bien sûr imprononçable
Vingt et une lettres, pour un nom de famille, ça se respecte. Et rien que pour ça, on voulait le nominer. Ce jeune haltérophile de vingt ans, s’est classé cinquième à Londres en quatre-vingt-quatorze kilos. L’an passé, il avait décroché le bronze, dans cette même catégorie, lors des Mondiaux à Paris. Champion du Monde juniors 2011 et 2012 (toujours avec le même poids), en voilà un qui devrait refaire parler de lui dans les années à venir. Mais pas seulement pour son nom de famille.

Nom très très long

Liu Xiang (Chine), le récidiviste blessé et le troublant hasard
Espérons pour lui qu’il n’hérite pas (ou plus) du dossard 1356 à Rio, en 2016. A Pékin, en 2008, Liu Xiang, attendu par tout un peuple, tenant du titre sur 110 mètres haies, prend le départ de sa série déjà blessé au tendon d’Achille. Il profite d’un faux départ d’un de ses concurrents pour s’éclipser. Le public Chinois en émois. A l’époque, il portait le 1356. Quatre ans plus tard, à Londres, rebelote. Le hasard fait parfois mal les choses. La malédiction se poursuit. Xiang a encore le dossard 1356 et il s’est encore une fois blessé au tendon d’Achille. Pour ne rien arranger, un commissaire de course l’interdit de sortir par le couloir de la chambre d’appel. Le Chinois, en détresse, a dû revenir sur la piste et parcourir les 110 m à cloche-pied en longeant les haies, prenant le soin d’embrasser l’ultime, avant de quitter le stade sur une chaise roulante.

Marcos Garcia (Espagne, Caja Rural), l’homme pensant avoir gagné, mais en fait… non !
C’est un peu un classique dans le monde cycliste. Cette situation cocasse arrive très souvent (lien article sur culturesport.info avec Zabel à MSR etc) : le coureur pense avoir gagné, mais en fait non ! Soit il reste encore un tour de plus à parcourir (un peu comme Marco Marcato, deuxième du Bernard du Sport en 2010, sur le Tour de Pologne), soit au sprint un coureur lève les bras trop tôt, soit le coureur confond la ligne du GP de la montagne et la ligne d’arrivée, bref… Là, cette fois, sur la Vuelta (quatrième étape), Marcos Garcia, qui se battait en fait pour la quatrième place, pensait avoir gagné. Mais il n’avait pas dû être informé que Simon Clarke avait déjà passé la ligne avant lui…

Mario Balotelli (Italie, Manchester City), le rigolo de l’Euro
Contre l’Allemagne, Mario Balotteli inscrit deux buts. Un à la vingtième minute et un autre à la trente-sixième. Ne se sentant plus, son ego montant d’un coup d’un seul, l’Italien enlève son maillot bleu et décide de montrer ses gros pecs et de gonfler les muscles, histoire d’impressionner les quelques 50 000 spectateurs et millions de téléspectateurs. Depuis, cette image a fait le tour de la toile et certains petits malins se sont amusés à la détourner. Truquée, modifiée, bref, ça a fait le buzz pendant tout le mois de juillet. Un buzz dont Super Mario se serait peut être bien passé.

Les imbéciles du Tour de France, visiblement trop nombreux
Dix-huitième étape du Tour de France (Blagnac-Brive-la-Gaillarde). A l’arrivée de l’étape, Philippe Gilbert a déclaré qu’il les aurait bien frappés. Qui ça ? Les maîtres du chien qui a fait chuter pas moins de sept coureurs. Et comme il avait raison le Belge. Remettons-nous un instant dans le contexte. Il reste deux jours avant d’arriver à Paris et de surcroît, dans une semaine, ce sont les Jeux Olympiques. Un chien, tenu sans laisse, déboule dans le peloton et fait chuter Gilbert mais aussi, notamment, Denis Menchov et Arthur Vichot. Nous tenions à féliciter les maîtres qui se sont peut être dit que la Grande Boucle était un vaste terrain de jeu. Même chose pour les imbéciles qui ont répandu un peu partout, au sommet et dans la descente du col de Péguère, des clous. Belle mentalité.

Le supporter Polonais, qui aime charrier un peu surtout avec les stadiers
Pologne-Angleterre 2

Avant le coup d’envoi de la rencontre opposant la Pologne à l’Angleterre, comptant pour les qualifications de la Coupe du Monde 2014, un supporter s’est fait plaisir en descendant sur la pelouse et s’est amusé à faire courir les stadiers sur le terrain détrempé (le matchs a été déplacé suite aux intempéries) du Stade National de Varsovie. Il les a même fait chuter lourdement. Pour la plus grande joie des spectateurs.

Pologne-Angleterre

Lance Armstrong (Etats-Unis), l’homme qui a perdu ses sept Tours.
1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005. Sept ans. Sept ans de succès, de domination, d’intimidation, de survol de la France (carrément oui). Sept Maillots Jaunes. 2012, sept ans après sa dernière Grande Boucle, tout s’est transformé en sept ans de triche, d’escroqueries. Ses sept Maillots Jaunes lui ont été retirés. Mais il n’a pas pas pu s’en empêcher. S’empêcher de lancer une nouvelle provocation. Sur Twitter, le Ricain a balancé une photo montrant ses sept tuniques dorées qu’il contemple allongé depuis son canap. Tranquille Emile. Mais il n’est plus si libre que ça dans sa tête, Lance.

Lance Armstrong provoc

L’affaire des paris truqués
Parce que cette affaire à fait couler beaucoup d’encre. Parce que cette affaire à mis les Karabatic dans une mauvaise posture. Parce que le club de Montpellier ne méritait pas ça. Parce que le handball ne méritait pas cette mauvaise pub. Parce que le sport doit être plus fort que ces petits paris. Parce que ça a carrément fait l’ouverture des journaux les plus regardés.

Nikola Karabatic

Filippo Pozzato (Italie, Farnese Vini-Sella Italia), le coureur blessé le plus vite revenu à la compet.
Clavicule cassée sur le Tour du Qatar, voilà que Popo se remet à pédaler sur son home-tainer une semaine plus tard et prend carrément le départ du Trofeo Laigueglia presque deux semaine après son opération. Son vrai retour à la compétition, l’Italien le fera un mois plus tard à l’occasion de Milan-San Remo, course qu’il terminera en… sixième position. Dans la foulée, sa nouvelle équipe l’aligne sur les classiques ardennaises, et là aussi, il réalise un très beau résultat puisque Pipo montera sur le podium du Tour des Flandres. Sur la deuxième place, rien que ça !

Vous pouvez voter jusqu’au lundi 31 décembre

Le sondage est maintenant disponible sur l’ancienne version du site (culturesport.info). Avaient déjà recueilli des voix (ces dernières seront additionnées avec les autres) :
Mathieu Valbuena (1 vote)
Le Comité International Olympique (1 vote)
Rigoberto Uran (3 votes)
Marcos Garcia (4 votes)
Mario Balotelli (1 vote)
Les imbéciles du Tour de France (10 votes)
Lance Armstrong (2 votes)
L’affaire des paris truqués (1 vote)

Le palmarès

2011 : 1. Monsieur France Télévisions (26%), 2. Craig Joubert (16%), 3. Lucien Harinordoquy (10%)
2010 : 1. Equipe de France de Football (26%), 2. Paul le Poulpe et Marco Marcato (11%)

Crédit photos : AFP, Eurosport

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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