Cyclisme, le peloton 2013 (partie 3/9)

Alors que certains coureurs ont déjà enfourché leur vélo du côté de l’Australie, d’autres préparent bien au chaud la saison à venir. Pas de Jeux olympiques cette année, mais de nombreux enjeux : quels seront les prochaines éclosions ? Quels sont les objectifs des coureurs ? Existent-ils des tensions internes ? A quoi ressemblera le peloton-version 2013 ? Culture Sport fait le point durant ce mois de janvier.

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BMC Racing Team : la politique de l’autruche

Hormis le sacre mondial de Philippe Gilbert, la défunte saison était comparable à un long calvaire. John Lelangue, le manager, s’est entêté à concentrer ses forces sur des coureurs à la forme approximative : Gilbert en première partie de saison, Evans sur le Tour. Ce dernier n’a pas confirmé son succès de 2011, et à bientôt trente-six ans, sera encore le chef de file sur la Grande Boucle, au dépend de Van Garderen. L’Américain, excellent cinquième en 2012 malgré un travail conséquent pour son leader, risque de rencontrer la même frustration que l’an dernier. Van Avermaet pourrait en dire autant, lui qui sera barré par Gilbert sur les pavés flandriens. Pourtant, le champion du monde se consacrera essentiellement vers les ardennaises. Toutefois, son maillot irisé mérite le respect et la dévotion de tous. Le Liégeois fera uniquement l’impasse sur Paris-Roubaix, laissant l’opportunité à Thör Hushovd de se reprendre en main. A moins que ce soit au jeune Taylor Phinney de surfer sur sa fin de saison 2012. Le prodige américain avait frôlé l’or au mondial du chrono et cette année, il tentera de faire mieux ! Alliant expérience et jeunesse, l’effectif BMC a de la gueule et peut briller sur tous les terrains, même le sprint. Toutefois, Adam Blythe devra se contenter de petites épreuves. Sans grands changements internes, Lelangue affiche toujours des ambitions conséquentes. Mais le stratège belge devra admettre la supériorité de certains cadres s’il veut parvenir à ses fins. On a évoqué van Avermaet et TVG, mais Matthias Fränk et Daniel Oss  peuvent également prester à un haut niveau. Reste à savoir comment va se relever Alessandro Ballan. L’Italien a chuté violemment lors d’un entraînement au camp de Denia, et la suite de sa carrière s’écrit au conditionnel…

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Cannondale Pro Cycling : renaître de ses cendres

Autrefois appelée Alessio-Bianchi, la structure italienne renommée Liquigas durant sept années change à nouveau de sponsor. Désormais, ce sont les cycles Cannondale qui parrainent l’effectif. Sous licence américaine, l’âme transalpine n’a guère disparu. Pourtant, le départ du distributeur de gaz a provoqué un sentiment d’inquiétude, entraînant une vague de migration. Nibali, l’un des piliers, s’en est allé avec sa garde rapprochée. Ivan Basso se retrouve bien seul pour défendre les couleurs de Cannondale en altitude. A trente-cinq ans, le Rital ne peut plus prester tout au long de l’année. C’est pourquoi il vise essentiellement le Giro. Mais la concurrence s’annonce rude et ses chances d’y briller sont maigres. Roberto Amadio, le manager, compte plutôt sur Peter Sagan pour rencontrer le succès. Le Slovaque veut conserver sa tunique verte sur le Tour. Tourminator, qui ne cesse de dominer sur les étapes de grands tours, voudra également lever les bras sur les classiques. Lesquelles lui résistent toujours. Pourtant, il est capable de les remporter toutes. Est-ce cet éclectisme qui l’affaiblit au printemps ? Forcé d’être fringant durant deux mois, Sagan ne peut se concentrer sur un seul rendez-vous. Après juillet, on le retrouve souvent sur les genoux. Il devra mieux gérer sa saison s’il veut se parer du maillot arc-en-ciel à Florence. A moins qu’une autre pépite ne vienne mettre son grain de sel : Moreno Moser apprend vite et pourrait gagner là où Sagan n’y parvient pas. Le duo fait peur et représente la nouvelle génération de la structure. Fini l’époque des grimpeurs avec Nibali, Pellizotti, et les Di Luca ! Place aux jeunes et à la polyvalence !

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

There are 3 comments

  1. Julien Detroz

    Lorsque nous disons « un long calvaire », cela signifie que les objectifs principaux n’ont pas été atteints: Evans n’a pas été à la hauteur sur le Tour et Gilbert fût inexistant au printemps. Le maillot rose de Phinney est la seule récompense à la hauteur des espérances de John Lelangue. Mais les résultats acquis chez BMC serait excellent dans une autre équipe plus modeste…

  2. Quelqu'un

    « Hormis le sacre mondial de Philippe Gilbert, la défunte saison était comparable à un long calvaire » peut-on vraiment parler de calvaire ????? Je pense que vous vous trompez fortement. Certes, la saison de la BMC n’a pas été celle espérée mais peut-on dire que ces résultats sont un calvaire ???? 3 victoires d’étapes à la Vuelta, championnat du monde sur route, 2ème place place au CM de contre-la-montre par équipe et c-l-m individuel, prologue du giro et maillot rose pdt 3 jours + 1 étape, 2 hommes dans le Top 10 du Tour, maillot blanc du Tour, 6ème à l’AGR, 3ème à la Flèche, 3ème à Paris-Roubaix, 3ème et 4ème au Ronde, Critérium International + 1 étape, 1 étape au Dauphiné, étape de l’eneco Tour, Tour de Toscane, Tour de l’Utah, chpt de suisse, … Je pense que bcp d’équipes aimerait faire cela sur une saison. Vous ne pensez pas ???

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