Les Bleues tournées vers l’ascension

HORIZON 2019. Les Bleues rentrent à la maison plus tôt que l’on aurait espéré mais elles quittent les terres du Canada avec un brillant Quart de finale face à l’Allemagne et une qualification pour les Jeux Olympiques 2016 au Brésil. Pas de quoi rougir donc pour la team bleu blanc rouge féminine mais la marge de progression reste encore grande. La prochaine Coupe du Monde s’installera en France en 2019, de quoi réfléchir sur les axes de progression pour le football français féminin avant cette échéance…

La professionnalisation de l’élite française

Gaëtane sait prendre les devants sur le terrain et dans sa vie professionnelle

Gaëtane sait prendre les devants sur le terrain et dans sa vie professionnelle

A ce jour seuls quelques clubs du championnat de France affichent un statut de club professionnel et en tête de liste s’affichent L’Olympique Lyonnais, le Paris Saint Germain et Juvisy Essonne dans une moindre mesure. Ce sont les uniques clubs à pouvoir rivaliser avec ce qui se fait de mieux au niveau européen. Les deux formations bénéficient de la stratégie claire de leur club dans leur ensemble : se positionner dans le top européen féminin.

En championnat, les scores fleuves, s’abattent sur les autres équipes qui peinent à afficher une opposition de qualité face aux cadors de cette élite française. La plupart des joueuses évoluant dans la D1 féminine ne sont pas professionnelles et doivent donc cumuler travail et vie de footballeuse de haut niveau. Pour les quelques joueuses bénéficiant du statut de professionnelle, le salaire moyen est d’environ 4 000 / 5000 € par mois (45 000€ en moyenne en Ligue 1). Gaëtane Thiney a, elle, fait le choix de cumuler son rôle de sériale buteuse du côté de Juvisy et celui de conseillère technique nationale à la FFF, de quoi avoir des journées bien remplies…La professionnalisation du football féminin passe aussi par la volonté des clubs professionnels de se soucier de leur section féminine et de leur donner des moyens adéquats à leurs ambitions. La médiatisation de plus en plus importante, avec notamment des matchs diffusés sur France 4 et Eurosport et une émission spécialisée, apporte des moyens financiers supplémentaires au football féminin d’excellence. La progression de l’élite passe aussi, et surtout, par le développement du football amateur pour créer des bases solides. Pour comparaison, la FFF affiche un peu plus de 100 000 licenciées féminines (77 020 joueuses) en 2014 alors que l’Allemagne, en 2008, avait déjà dépassé le million…il reste donc du chemin à faire mais la comparaison reste difficile tant le football féminin est démocratisé en terre germanique.

Se positionner dans le top 5 européen durablement

Les Parisiennes ne sont pas passées loin de leur premier titre européen

Depuis la 1ère édition de la Ligue des Champions lors de la saison 2001/2002, le football allemand a gravé de son empreinte cette compétition. Avec neuf titres sur les quatorze éditions, dont quatre pour le FFC Francfort, l’Allemagne est comme à la maison dans cette coupe d’Europe. Depuis la saison 2009/2010, l’OL de jean mimi pointe le bout de son nez et vient jouer les trouble-fêtes en ayant remporté deux titres consécutifs et en ayant participé à deux finales (perdues). Avec la finale du PSG cette saison, la France peut se targuer d’avoir présenté cinq fois sur les six dernières années une équipe en finale. Pour perdurer cette progression du football français féminin et en dégager des bénéfices pour l’équipe de France, les joueuses françaises doivent se confronter le plus souvent possible à ce qu’il se fait de mieux sur le sol européen afin de poursuivre leur ascension vers leur premier titre d’envergure…

Un match référence de l’EDF en compétition

Elles ont prévenu, elles sont prêtes à se mettre à nu pour réaliser leurs objectifs

Elles ont prévenu, elles sont prêtes à se mettre à nu pour réaliser leurs objectifs

La meilleure performance pour l’équipe de France est, à ce jour, la quatrième place  en Coupe du Monde en 2011 et aux Jeux Olympiques de Londres en 2012.  Elle a, à chaque fois, échoué face au gratin mondial lors de la phase à élimination directe (Etats-Unis en 2011 et Japon en 2012 en demi-finale), de quoi rester sur sa faim…Les Bleues ont besoin de franchir un cap et s’adjuger leur première finale en compétition internationale ou européenne pour donner un nouvel élan au football français féminin et recueillir plus de voix en leur faveur. Cette accession à une finale par le biais d’une grosse performance face à un cador du football féminin lui permettrait d’avoir cette référence qui serait bénéfique pour sa confiance et ce serait un modèle pour les générations futures, comme peut l’être la bande à Zizou de 98 pour les générations d’aujourd’hui…

L’horizon Coupe du Monde 2019 en France…

Les supporters sont attendus nombreux dans les tribunes en 2019

La France aura l’honneur d’accueillir la Coupe du Monde féminine de football en 2019, de quoi donner une impulsion supplémentaire à la discipline. La FFF va pouvoir s’appuyer sur cet événement pour mettre en place des actions de promotion de la pratique comme elle peut le faire aujourd’hui avec l’accueil de l’Euro 2016. Elle permettra de mobiliser un maximum de personnes autour du football féminin. Les stades retenus dans le dossier de candidature (Auxerre, Grenoble, Le Havre, Lyon, Montpellier, Nancy, Nice, Reims, Rennes, Paris (Jean Bouin) et Valenciennes) ont une capacité modérée afin de présenter des enceintes remplies pour que le spectacle soit au rendez-vous.

Mais d’abord place aux prochaines échéances aussi palpitantes : les JO de Rio 2016 et à l’Euro 2017 aux Pays-Bas.

Laurent Garès. Crédits photos : FIFA, VAFF, RTL, leliberolyon

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