Debeaupuits, à la recherche d’une mine d’or

« Je VEUX aller à Rio ». À 233 jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques, nous continuons de suivre les trois coureurs du club d’Urt Vélo 64, Dorian Foulon ainsi que le tandem Damien Debeaupuits-Mickaël Dhinnin, lancés dans une course effrénée, en quête d’un billet pour Rio de Janeiro.

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JEUX PARALYMPIQUES. Après une première participation en 2012, Damien Debeaupuits ne rêve que d’une seule chose : renouer avec les Jeux Paralympiques pour aller y décrocher une breloque. Mais à Rio cette fois.

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Contrairement à Dorian Foulon, la jeune pépite d’Urt Vélo 64, Damien Debeaupuits (23 ans) a déjà connu les fastes des Jeux Paralympiques. C’était à Londres, il y a déjà quatre ans. En décrochant une belle cinquième place lors du contre-la-montre avec son ex-pilote Alexis Febvay, il a ainsi pu découvrir l’envers du décor lors de cette édition qualifiée par de nombreux observateurs comme la plus réussie de toutes.

Le Graal : le titre Paralympique

Quadruple champion de France en titre à la fois sur route et sur piste (course en ligne, contre-la-montre, poursuite, kilomètre départ-arrêté) et troisième du général de la Coupe du Monde en 2014, Damien Debeaupuits est surtout devenu vice-champion du monde (en ligne), avec son nouveau partenaire Mickaël Dhinnin (39 ans), la même année. En se constituant un sacré palmarès en l’espace de deux saisons seulement, l’objectif de médaille du duo urtois à Rio n’est donc pas usurpé. « Je me suis lancé un nouveau défi : celui de devenir champion Paralympique, déclare Damien Debeaupuits, qui pense également au titre mondial (cependant, les Mondiaux ne sont pas organisés l’année des Jeux). Ces objectifs majeurs seront conduits par une quête humaine personnelle, ma construction en tant qu’être humain et une découverte du monde qui m’entoure, dans lequel nous vivons tous afin de mieux l’appréhender. »

Atteint depuis sa naissance d’un albinisme oculo-cutané, avec une acuité visuelle de 1.6/10 accentuée par une hypersensibilité à la lumière, ce handicap ne l’a toutefois pas empêché de débuter le cyclisme en compétition, il y a maintenant huit ans. « En obtenant rapidement des résultats au niveau national puis international, j’ai même pu intégrer l’équipe de France handisport en 2010. » Sur le plan physique, Debeaupuits trouve dans le paracyclisme une solution adéquate pour canaliser son énergie. « C’est aussi un moyen de développer des qualités proprioceptives et physiques utiles dans ma vie quotidienne ainsi que dans ma quête d’indépendance et d’autonomie. »

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« Décharger l’énergie d’une colère légitime »

Il l’avoue, son principal défi, son combat de tous les jours, c’est de dépasser son handicap. « C’est pour ça que j’ai choisi de me confronter au chronomètre. Le temps qui passe et s’écoule, est le même pour une personne valide et une personne souffrant d’un handicap. En compétition, le chronomètre met tout le monde sur un seuil d’égalité. Chaque individu se bat contre une mesure qui est à la fois concrète et abstraite. J’ai conscience que ce combat ne guérira jamais ma déficience visuelle, mais il me permet de décharger l’énergie d’une colère légitime et propre à moi-même. »

Ses nombreuses victoires en tandem ont fait de lui un homme « plus confiant, plus fort et plus serein. » « Aujourd’hui, je ne conçois plus mon handicap comme une entrave à mon avancement personnel et professionnel mais plutôt comme une force me permettant d’évoluer, de me construire et de prouver ma valeur humaine et sportive. »

Mickaël Dhinnin : pourquoi le handisport ?

Après vingt années passées au meilleur niveau amateur et après avoir décroché deux titres de champion du monde sur piste, j’avais fait le tour de la question sur le plan personnel. C’est pourquoi j’ai choisi, en 2012, de me rapprocher de la fédération handisport. Je ne fais pas que piloter un tandem. C’est humainement très enrichissant de pouvoir côtoyer des sportifs de haut niveau handicapés au quotidien.

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Leur calendrier 2016

– « Membres à part entière de l’équipe de France de paracyclisme, nous sommes amenés à nous déplacer sur toute la planète » : déplacements dans près de 5 pays différents entre le continent européen, l’Afrique du Sud et l’Amérique latine
– Environ 30 jours de course en tandem
– Près de 200 jours d’entraînement sur la route, la piste et en cyclo-cross

Leurs objectifs 2016

– Être sélectionnés pour les Jeux Paralympiques de Rio et y décrocher une médaille d’or en course en ligne ou en contre-la-montre
– Conserver leurs 4 titres de champions de France
– Gagner le classement général d’une course internationale
– Remporter une manche de Coupe du Monde
– Être retenus pour les Mondiaux sur piste « afin de contribuer au développement de cette discipline sur le plan national » et accéder au top 5 en poursuite

Nicolas Gréno (@nicolasgreno)
Crédits photos : Céline Aujard/Urt Vélo 64

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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