Tournoi des 6 nations, les tops et flops : acte V

Et voilà que le Tournoi des Six Nations 2013 tire le rideau. Pour le dénouement, des diables rouges irrésistibles, un Parisse toujours plus grand, tout comme son équipe, un lion devenu inoffensif, un coq qu’il faut s’empresser de remplumer et un trèfle bien entamé.

Galles

LES TOPS

Wales, Wales, Wales, Wales
On les voyait venir, ces petits diables rouges. A les regarder monter en puissance dans le Tournoi, chassant petit à petit les doutes consécutifs à huit défaites d’affilée, on se disait que les gallois allaient prendre un malin plaisir à priver l’Angleterre du Grand Chelem. Ils ont offert davantage que cela aux spectateurs du Millenium : la victoire dans le Tournoi. Et ce au terme d’un match époustouflant d’intensité, de contact, de densité… Une vraie finale, magnifiquement accompagnée par les chants gallois. La première période est un pur régal, même si aucune des deux équipes n’arrivent à terminer ces actions. Les gallois dominent, mettent à mal un XV de la Rose qui plie mais qui ne rompt pas (40e, 9-3). Pas encore, car au retour des vestiaires, les gallois vont littéralement enflammer leur arène. La mêlée anglaise cède, comme tout le reste, ravagé par les coups de boutoir gallois. Et c’est l’ailier Cuthbert qui, une première fois, punit l’Angleterre (57e, 17-3) avant d’aller la crucifier dix minutes plus tard (66e, 27-3). Les gallois s’imposent finalement 30-3 dans une partie de très haut niveau, mettant un point d’honneur à ne rien laisser aux anglais dans les dix dernières minutes. Cette victoire vient récompenser des gallois qui ont eu le mérite de ne jamais remettre en cause leur fond de commerce : le jeu. Good job !

Parisse, capitaine d’une Squadra décomplexée
La rencontre de samedi après-midi n’a fait que confirmer ce qu’est devenu Sergio Parisse pour l’Italie : davantage qu’un capitaine, un guide. Du charisme, de l’influence sur et en dehors du terrain, de l’intelligence de jeu : voilà Sergio Parisse. Face aux irlandais, il a montré la voix à ces coéquipiers. Le capitaine de la Squadra a été tout simplement l’homme du match, le maître à jouer. Certes, son carton jaune pour un croc-en-jambe vient quelque peu assombrir le tableau (53e). Mais cette absence a permis de mesurer tout l’impact et l’aura qu’avait le 3e ligne du Stade Français sur son équipe. Entre la 53e et la 63e, les Transalpins ont vu leur avance littéralement fondre, le score passant de 16-6 à 16-15. Le capitaine revenu, les irlandais ne marqueront plus. Au contraire d’italiens, décomplexés, allant chercher une seconde victoire méritée dans le Tournoi (22-15) après celle inaugurale face à l’équipe de France. Ce résultat permet même à la Squadra de finir quatrième et pour la première fois devant les tricolores depuis 2000 et leur introduction dans le Tournoi. Un magnifique cadeau pour la dernière du « Baron » Andrea Lo Cicero et pour un stade olympique de Rome plein à craquer, déjà impatient de voir son équipe à l’oeuvre l’année prochaine. Merci Sergio Parisse, merci Jacques Brunel !

LES FLOPS

Un lion devenu inoffensif
Venu à Cardiff avec l’intention de réussir le Grand Chelem, le XV de la Rose repart du pays de Galles sans ce dernier, ni même avec la victoire dans le Tournoi. Une des explications à ce résultat est à chercher dans la panne offensive du lion anglais. Cela faisait déjà deux matchs que l’équipe d’Angleterre n’était pas allée voir ce qu’il se passait dans l’en but adverse, avant de se rendre au Millenium. Et si cette incapacité à marquer des essais n’a pas été préjudiciable face à des équipes comme la France ou l’Italie, elle l’a été tout autrement face à la machine à essai galloise, meilleure attaque du Tournoi (9). Samedi en fin d’après midi, les anglais ont pourtant essayé, en vain. Au début mais surtout dans les derniers instants du match, pour partir la tête haute de Cardiff. Malheureusement pour eux, les gallois les ont renvoyés à leurs études. Battue par plus forts et plus entreprenant, cette jeune équipe anglaise ne doit pas avoir de regrets, et peut sereinement voir se profiler la Coupe du monde en 2015 à domicile. A condition de réapprendre à rugir.

MédardUn coq sans plume
Ces lignes auraient tout aussi bien pu figurer dans les tops. Surtout après trois défaites consécutives et un match nul difficilement arraché. Oui, la France a gagné devant son public face à de toujours valeureux écossais (23-16). Oui, c’est la première victoire du XV de France dans ce Tournoi. Oui, peut-être, il y a eu du mieux. Oui, mais voilà. Les tricolores finissent derniers de ce Tournoi, après avoir terminés avant derniers le millésime précédent. Jusqu’à la dernière minute, ils se font fait peur, ne l’emportant que de justesse dans une rencontre qu’ils auraient dû tuer depuis longtemps. Mais, par des fautes de tout genre, récurrentes dans leur Tournoi, les français n’ont pu livrer autre chose qu’une prestation brouillonne, qu’on commence à connaître. La France a mal à son rugby comme l’a souligné le quotidien l’Equipe. On aurait tendance à penser qu’il faut oublier ce Tournoi raté. Au contraire, il faut apprendre de cet échec. Cette dernière place, « acquise » pour dix points au goal-average, peut, doit être un mal pour un bien. Comprendre pourquoi tant de fébrilité, de frilosité, de manque de fraîcheur ? Pourquoi la France doit-elle s’en remettre à chaque fois à un exploit individuel, tantôt de Fofana, tantôt de Picamoles ? Tant de questions qui doivent trouver réponse. Et il ne faut pas tout jeter non plus. Certains ont confirmé (Fofana, Picamoles, Maestri). D’autres se sont révélés (Huget, Samson, Vahaamahina). On se réconforte comme on peut.

Un trèfle bien entamé
Le XV du trèfle avait lancé idéalement son tournoi en allant s’imposer à Cardiff. Mais, alors que les gallois n’ont fait que monter en puissance dans le Tournoi pour finalement s’imposer, les hommes de Declan Kidney ont connu une toute autre trajectoire. Battus par l’Angleterre puis par l’Ecosse, n’accrochant qu’un nul face à une équipe de France malade, accumulant les blessés, les irlandais ont bu le calice jusqu’à la fin. A Rome, ils ont dominé. Dix minutes, les premières (6e, 0-3). Ensuite, les italiens ont imposé leur rythme, prenant les clefs de la rencontre. D’autant plus en supériorité numérique suite au carton jaune de Brian O’Driscoll pour un coup de pied sur Favaro au sol (30e), geste qui lui vaudra d’être cité devant la commission de discipline. Pourtant, à la pause, les irlandais s’en sortent plutôt pas mal, bien aidés par le retour de l’idole (9-6). Mais, dès la reprise, la Squadra montre qu’elle n’a pas l’intention de rendre les clefs d’une rencontre qu’elle maîtrise et fait le break grâce à Venditti (49e, 16-6). Un avantage de courte durée avec le carton jaune de Parisse qui va permettre aux hommes verts, emmenés par Heaslip et O’Driscoll, de recoller au score (63e, 16-15). La suite : une touche irlandaise gagnée par les italiens, un ballon bien conservé, des irlandais sevrés de ballon, frustrés à l’image des deux cartons jaunes écopés en fin de match (70e, 79e). Et une nouvelle défaite pour l’Irlande. Brian O’Driscoll, pour qui c’était peut-être le dernière Tournoi des Six Nations, aurait mérité meilleure sortie…

A lire aussi : Tournoi des 6 nations 2013 : L’acte I – L’acte II – L’acte III – L’acte IV

Crédit photos : Facebook de la Fédération Française et site officiel de la Fédération Galloise de rugby

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