Le blind tennis : nouvelle philosophie pour le handisport (1/2)

DECOUVERTE. Nous connaissons tous le tennis, avec de multiples effets sur la petite balle jaune, des services supersoniques et des défenseurs du fond de court inarrêtables. Mais connaissiez-vous le blind tennis ? Cette discipline pour les personnes déficientes visuelles, fait parler d’elle ces dernières semaines en voulant organiser son premier tournoi international. L’association « Blind Tennis France » dirigée par Guillaume Hervier et parrainée par Gilles Simon, tennisman français reconnu n’en est encore qu’a ses débuts. Elle nous offre un vent de fraicheur sur ce qu’est la philosophie du sport : tous égaux devant l’effort. A cette occasion, notre équipe cultureSPORT a pu poser quelques questions à son président.
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Crédit : page Facebook de Blind Tennis France

« Un article parlait de ce sport en Angleterre. Je me suis dit : pourquoi pas en France ? J’ai sillonné les régions pour monter des clubs »
cultureSPORT : M. Hervier, qu’est-ce que le blind tennis et quelles sont ses règles ?

Guillaume Hervier : Le blind tennis est une adaptation du tennis à destination des personnes déficientes visuelles se rapprochant du mini tennis. Une balle sonore en mousse est utilisée afin que les joueurs puissent la localiser. Le jeu se déroule sur le court rouge du court de tennis classique (12,80m de longueur, pour 6,1m de largeur), ce qui réduit la surface à couvrir et permet ainsi à chacun d’avoir une chance d’attraper la balle. Des petites raquettes, dimensions juniors, sont préconisées afin de mieux contrôler ses coups. Concernant les règles, les règles du tennis classique sont appliquées sauf quelques petits changements comme le nombre de rebonds autorisés selon le degré du handicap visuel, l’obligation de demander à l’adversaire s’il est prêt avant d’engager un point et d’autres petites nuances détaillés sur notre site officiel : www.blindtennisfrance.org.

cultureSPORT : Comment et pourquoi avez-vous décidé de mettre en place le blind tennis en France ?

Guillaume Hervier : Je suis moi-même non-voyant et fan de tennis depuis tout petit. J’avais les yeux, ou plutôt « les oreilles qui brillaient » chaque année devant Roland Garros. C’est simple, dès que j’ai une minute, je me mets devant un petit match et je suis dans mon élément. Le tennis est un sport super pour les déficients visuels car c’est quasiment le seul sport que l’on peut presque intégralement suivre au son, sans avoir d’images, les bruits de la balle et de la raquette étant très marqué. Je peux par exemple suivre tout un match de tennis sans commentaires, vous décrire les actions et savoir qui a remporté le point.

C’est par hasard que je suis un jour tombé sur un article qui parlait de ça. Avant ce jour d’hiver 2014, je ne pensais pas qu’il était possible pour un déficient visuel de jouer au tennis. Eh bien si. L’article parlait d’un club qui pratiquait le blind tennis en Angleterre, du coup, ni une ni deux, j’ai pris l’Eurostar et je suis parti là-bas découvrir tout ça.

Bien entendu, j’ai adoré. Le fait d’être sur un terrain de tennis, de tenir une raquette et de frapper dans la balle a été pour moi un moment extraordinaire. Suite à ça, j’ai ramené des balles avec moi en France et j’ai créé l’association « Blind Tennis France » pour mettre en place ce sport qui n’existait pas dans notre pays. Pendant deux ans, j’ai donc sillonné la France avec mes propres moyens financiers pour le faire découvrir à d’autres déficients visuels et pouvoir monter des clubs.

« J’ai impulsé la création de trois clubs : Angers, Nice et Lyon. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements, nous espérons nous agrandir »
cultureSPORT : Combien y-a-t-il de pratiquants aujourd’hui dans notre pays et dans quelles régions ?

Suite aux journées découvertes, que j’ai organisé pendant ces deux dernières années un peu partout en France, j’ai pu impulser la création de trois clubs : un dans ma ville à Angers, un à Lyon et un à Nice. D’autres personnes pratiquent le blind tennis de manière plus occasionnelle ailleurs en France, comme à Clermont-Ferrand ou à Rouen notamment. Je pense qu’en tout, nous sommes un peu moins d’une trentaine à pratiquer le blind tennis en France aujourd’hui. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements mais nous espérons nous agrandir.

Propos recueillis par Pierre-Alexandre Carré (@carr_pierre64)

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