Gilbert en question

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« Je veux gagner Liège-Bastogne-Liège avec ce maillot de champion du monde ». A peine vêtu le tricot irisé, Philippe Gilbert pensait déjà à la classique de fin avril. Et justement, nous voici à deux semaines de l’échéance. Or, le Remoucastrien approche la Doyenne sans référence en début de saison. Faut-il s’inquiéter de sa forme approximative ? Éléments de réponses…

Une préparation glaciale

« Mon rêve serait de remporter les cinq monuments cyclistes durant ma carrière » : Gilbert aime les classiques et y renoncer est une souffrance. À chaque printemps, il se dispense de Paris-Roubaix et de ses traîtres pavés, mais éviter le Tour des Flandres est impensable. Et pourtant, il a sacrifié le centenaire du Ronde pour tourner les jambes au Pays Basque. La cause évoquée est un refroidissement, officiellement du moins. Officieusement, Gilbert manque de rythme. Il l’a quelque peu admis à la presse, se sachant trop court pour accompagner Cancellara dans le Paterberg. Le Phil n’aime pas perdre et encore moins s’il le sait dès le départ. Plutôt que de subir les critiques des médias locaux, il a fui vers la chaleur – apparente – de l’Espagne. Choix judicieux puisque l’épreuve basque offrait six journées, accélérant la condition physique à l’approche des classiques ardennaises. Le soleil promit au peloton devait également favoriser la santé fragile de Gilbert, entamée par le froid polaire des courses précédentes. Or, c’est un ciel couvert qui a accueilli les coureurs, réservant un manteau blanc pour les dernières étapes. Décidément, c’est l’Europe entière qui grelote. Gilbert, à peine rétabli, a préféré le chauffage du bus plutôt que de jouer aux équilibristes sur les routes humides. Sage décision certes, mais sa préparation se voit écourtée, hypothéquant ses chances pour Liège.

La poisse de l’arc-en-ciel ?

media_xll_5626405Gilbert va-t-il passer à côté de son rêve ultime ? Il est vrai que les quelques courageux ayant couvert l’entièreté du Tour du Pays Basque ont envoyé un message fort au BMC. Dans une étape offrant un final similaire à la Flèche Wallonne, un duo colombien s’est distingué, reléguant à plusieurs minutes le champion du monde. Lequel n’a pas fait mieux qu’une modeste vingtième place. C’était sur la deuxième journée de course, conclue au sprint. On est loin du sacre à Valkenburg. Depuis ce jour, Gilbert a plus souvent grimacé que souri. Une semaine après le titre mondial, il avait déjà goûté au sol. Évidemment, la presse a directement ravivé  la légendaire poisse du champion du monde, celle qui a touché Ballan, Hushovd, Evans, et dans une moindre mesure Cavendish. Lorsque le Liégeois terminait troisième d’une étape au Tour Down Under puis deuxième sur la Promenade des Anglais, on le pensait sur la bonne voie. Depuis lors, Gilbert stagne. Mis-à-part quelques offensives stériles sur fond d’une sombre affaire de dopage à la cortisone, l’horizon s’est obscurci.

Une nouvelle concurrence

On semble revivre le chemin de croix de 2012. Gilbert avait multiplié les ennuis de santé, réduisant sa campagne printanière à un podium au sommet de Huy. En espérant une amélioration d’ici deux semaines, le protégé de John Lelangue devra maîtriser une nouvelle concurrence. Sans pour autant écarter les habitués que sont Rodriguez et Valverde, des petits jeunes ajoutent du fil à retordre. Betancur, Henao, et Quintana seront aériens dans le Mur de Huy. Mais le final moins raide de l’Amstel sera un désavantage pour ceux-ci. Au contraire, Gilbert y retrouvera le bitume qu’il foulait en vainqueur au mois de septembre dernier. Et sur Liège-Bastogne-Liège, le final adouci par la disparition de La Roche aux Faucons offre une chance supplémentaire de suivre les meilleurs jusqu’à Ans. Poussé par la ferveur de son public, tout est possible, surtout lorsque l’on ne s’y attend pas !

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport
Journaliste Culture Sport cyclisme
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Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n’hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent.

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