La 100e du Tour : des lieux et des histoires (2/10)

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Culture Sport continue ses fouilles dans les archives du Tour de France. Nous allons prendre de la hauteur, beaucoup de hauteur ! Et pour cause, ce deuxième volet est consacré au toit du cyclisme européen : la Cime de la Bonette-Restefond. Son nom n’évoque pas le même standing qu’un Galibier et pourtant ! Son bitume se révèle être le plus élevé du vieux continent. Le Tour de France l’a foulé à quatre reprises. Son dernier passage, en 2008, aura particulièrement marqué les esprits…

La Cime de la Bonette-Restefond : une altitude controversée

En son sommet, il est important de se rappeler que l’on vit bel et bien sur la planète terre. Le paysage mêlant désert et gigantisme prouve la petitesse de l’être humain dans ce décor apocalyptique. Seuls quelques blockhaus y témoignent un passé belligérant entre la France et son voisin italien. Et pourtant, preuve que rien ne repousse le Tour de France, la caravane connaît l’endroit. Par quatre fois, la Grande Boucle a dominé l’Europe géographiquement parlant. Car la Bonette serait la route praticable la plus élevée du vieux continent. L’utilisation du conditionnel dans cette phrase s’explique par une controverse liée à l’altitude : il existe d’autres routes qui permettent de gravir des altitudes dépassant les trois milles mètres. Or, ces chemins ne sont pas asphaltés, ou du moins praticables par les cyclistes routiers. Mais en Autriche, une route goudronnée mène la circulation publique à 2803 mètres (voire plus !), à hauteur du glacier Oetzaler. Mais l’ascension s’effectue en partie dans un tunnel. Bref, difficile d’affirmer que la Bonette est bel et bien la route la plus haute d’Europe. Surtout que le véritable col ne culmine « qu’à » 2715 mètres. Une route annexe réalise un détour en son sommet pour atteindre l’altitude record de 2802 mètres. Par deux fois, Federico Bahamontes, grimpeur par excellence, a franchi ce monstre en tête. En 1993, l’Écossais Robert Millar réalise l’ascension la plus rapide en un peu plus d’une heure. Enfin, en 2008, c’est un anonyme coureur sud-africain qui bascule premier dans la descente. La suite, à défaut d’être glorieuse, aura marqué l’histoire du Tour…

John-Lee Augustyn, spider man

Ce Sud-africain, c’est John-Lee Augustyn. Lequel prit part à son unique Tour de France en 2008. Si son expérience fut de courte durée, son image aura néanmoins fait le tour du monde. Le 22 juillet, au lendemain d’une journée de repos bien méritée, le peloton part à l’assaut de deux géants du massif alpin : le col de la Lombarde, puis cette fameuse Cime de la Bonette. Au sommet de celle-ci, un Barloworld attaque. Il bascule en tête, seul contre la meute qui le prend en chasse. C’est Augustyn ! N’ayant inscrit son nom que dans les palmarès de modestes épreuves, il voit la victoire se profiler en bas de la descente. Un toboggan technique. L’altitude jouant son rôle de trouble-fête, elle empêche une concentration maximale. Est-ce ce facteur qui justifie la mauvaise trajectoire du malheureux africain ? Lequel oublie de tourner et quitte la route. Le maillot rouge disparait des écrans. Où est John-Lee ? L’hélicoptère part à sa recherche. Le monde entier, par l’intermédiaire de la télévision, observe, impuissant, le  coureur s’accrocher tant bien que mal au versant. Le sol caillouteux l’empêche de remonter. Un valeureux spectateur part à son secours. Mais la remontée est pénible. On savait Augustyn grimpeur, le voici escaladeur ! Ses envies de victoires ont laissés la place à la survie. Heureusement, le Barloworld n’a que quelques contusions. Mais ses chances de briller à Jausiers se sont volatilisées. Dans l’attente d’un nouveau vélo, Augustyn perdra cinq minutes dans l’aventure, laissant Cyril Dessel triompher sous une chaleur caniculaire. Quant au Sud-africain, il terminera le Tour quarante-huitième et n’a plus jamais eu la chance de revenir sur l’événement de juillet. Pour la petite histoire, John-Lee Augustyn a quitté la scène professionnelle l’an dernier des suites de blessures récurrentes. Mais un retour à la compétition n’est pas exclu…

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

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