La 100e du Tour : des lieux et des histoires (8/10)

1210160259228687010439699Il serait impensable de réaliser une rétrospective sans évoquer Eddy Merckx. Retracer l’ensemble de son œuvre étant aussi grande qu’impossible à réaliser, Culture Sport se contente de revivre sa première victoire. Et quelle victoire ! Le Cannibale a débuté sa razzia en Alsace, sur le célèbre Ballon. L’occasion d’évoquer ce col aux allures particulières…

Le Ballon, ce n’est pas de la balle !

L’Alsace et son charme si particulier. Est-ce l’Allemagne proche ou le passé germanique qui en influence la culture contemporaine ? Toujours est-il que ce petit bout de territoire français n’a rien de comparable avec le soleil de la Provence ou le grand air de la Bretagne. L’Alsace, ce sont des maisons à colombage, des forêts denses et le massif vosgien. Bien sûr, les Vosges peuvent rougir face à leurs grandes sœurs alpines et pyrénéennes. Mais la région n’est pas pour autant à renier. Elle constitue régulièrement un premier test en prévision du plat de consistance. Et souvent, c’est le Ballon qui fait cet apéro. Il n’est pas très difficile. Selon les trois versants possibles, les pourcentages affichés ne sont guère impressionnants. Quant à la distance, elle se cantonne aux alentours de la dizaine de kilomètres. Son sommet, représentatif de la forme d’un ballon, décroît en difficulté. Bref, on est loin du Mont-Ventoux. Toutefois, les favoris au maillot jaune n’ont pas le droit à l’erreur. Souvent présent en première semaine de course, le Ballon détermine qui est en forme et qui ne l’est pas. Etonnement, le col du Ballon ne domine pas l’Alsace. Culminant à 1178 mètres, à quelques encablures du véritable sommet géographique, la route est située entre les départements des Vosges et du territoire de Belfort. Autrement dit, la montagne n’est pas localisée administrativement dans la région homonyme. De plus, c’est le Grand Ballon, ou Ballon de Guebwiller, qui surplombe véritablement le massif vosgien. Celui-ci culmine à plus de 1400 mètres d’altitude. Son col, plus difficile, a déjà été emprunté par la caravane. Étrangement, celui-ci n’a que rarement été utilisé. La dernière fois, c’était en 2005 avec un certain Michael Rasmussen.

Merckx, le sacrement

En 1969, Eddy Merckx est déjà redoutable et redouté. Champion du monde, multiple vainqueur du classiques, maillot rose du Giro, le Belge se lance à l’assaut du Tour de France à l’occasion du retour des équipes de marques dans le peloton. Flanqué du maillot Faema, il profite du travail de son équipe pour porter une première fois le tricot jaune à l’issue d’un chrono en groupe disputé dans sa localité. Mais le lendemain, Julien Stevens, fidèle équipier, obtient le précieux bien à l’avantage d’une échappée gagnante. Néanmoins, l’Alsace approche. Les prétendants à la victoire finale vont enfin en découdre face à face. Or, cet affrontement n’aura pas lieu. Car Eddy Merckx, affable d’exploit, anticipe l’ascension finale. Tandis que Van Impe, Altig et Péruréna bataillent à l’avant, le Cannibale part à leur recherche, seul, sans l’aide de son équipe.  Il dépose les hommes de tête et s’impose avec cinquante-cinq secondes d’avance sur Galera. Altig est à près de deux minutes Les autres sont repoussés à… quatre minutes et demi ! Sans avoir visité les cols alpins, la course au maillot jaune est déjà pliée : Merckx est impérial. Et la suite n’est que répétitions. Victorieux à Divonne-les-Bains, Digne-les-Bains, Revel, Mourenx –au terme d’une chevauchée folle et fantastique – et enfin sur le contre-la-montre final à Paris. Vedi Veni Vici. Première apparition du Roi Merckx et premier succès. Il triomphe avec dix-sept minutes d’avance sur son dauphin Pingeon ! Tous les classements annexes sont dans l’escarcelle du Bruxellois. Une telle hégémonie dans l’histoire du cyclisme moderne n’avait jamais existé. Probablement ne revivrons-nous jamais de tels exploits.

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

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