#LBL100 : Des lieux et des histoires (3/3)

daniel-martin-lors-de-sa-victoire-sur-la-course-liege-bastogne-10902372osbyk_1713Dernier volet de la trilogie nostalgique du Liège-Bastogne-Liège. Après avoir escaladé les côtes qui ont fait l’histoire de la Doyenne, nous déboulons sur Liège et son arrivée. Ou plutôt ses arrivées. Bien que les monuments n’évoluent que très peu, l’ultime banderole s’est toujours baladée au fil du temps – le Tour des Flandres en est l’exemple le plus récent. Retour sur les épilogues qui ont forgé la légende.

Liège-Bastogne-Liège, Ans, mais aussi Rocourt, Spa et Verviers !

Liège-Bastogne-Liège, créée pour évaluer la faisabilité d’un Liège-Paris-Liège – dont l’idée ne s’est jamais concrétisée, a toujours pris son départ depuis la Cité Ardente. La première édition se contentait de suivre l’Ourthe avant d’emprunter ce qui deviendra aujourd’hui la nationale 4, la célèbre quatre-bande qui relie Namur à Luxembourg. Arrivés à Bastogne, les pionniers faisaient demi-tour, croisant les attardés. Le vainqueur de 1892, le Liégeois Léon Houa, levait les bras dans sa ville natale. Si la précision semble évidente, elle n’en est pas moins pertinente. En effet, la ligne n’a pas toujours été tracée en bord de Meuse. Depuis 1992, Ans est le théâtre final de la Doyenne. La localité située sur les hauteurs de Liège impose l’escalade de la côte de Saint-Nicolas, provoquant l’escamotage des ascensions précédentes. La côte des Italiens, comme on aime la surnommer, est sous-estimée. Son kilomètre à plus de huit pourcents et offrants des passages plus âpres encore, surtout lorsque les coureurs digèrent deux-cents-cinquante bornes. Autrefois, c’était la côte des Forges, moins raide mais tout autant efficace, de par sa position dans la course, qui faisait office de juge de paix. Puis, les meilleurs déboulaient sur le prestigieux Boulevard de la Sauvenière et son virage à cent-quatre-vingt degré qui précédait le sprint. Les plus nostalgiques se souviendront de l’arrivée à Rocourt, dans les années soixante, non-loin d’Ans, dont le revêtement en cendrée favorisait le mythe de l’héroïsme. Pour y parvenir, la côte de Burenville, peu difficile était l’ultime ascension. Certains se souviendront de l’éphémère arrivée sur le Quai Mativa en 1991, sollicité par les demandes du nouvel organisateur : la Société du Tour qui deviendra… A.S.O. Mais la finale de Liège-Bastogne-Liège ne s’est pas cantonnée à la région mosane. En 1972, Eddy Merckx s’imposait à… Verviers, à trente kilomètres de Liège ! Enfin, en 1894, la classique change de nom, l’espace d’une édition pour devenir Spa-Bastogne-Spa. Houa déboulait sur le vélodrome de Géronstère pour y conquérir son troisième succès.

Arrivée en solitaire ou au sprint : le mélange de la Doyenne

Liège-Bastogne-Liège a beau être durci dans sa traversée ardennaise, il arrive régulièrement que les coureurs n’y parviennent pas à se départager. Alors, c’est le sprint, toujours hasardeux, qui constitue l’épilogue de la Doyenne. Très rares sont les emballages massifs, surtout depuis l’instauration de la côte d’Ans pour conclure. D’ailleurs, les dernières éditions ont délivré des arrivées en solitaire. Sur les cinq dernières finales, seul Gilbert a du se débarrasser de la fratrie Schleck dans un sprint facile. Mais méfiance ! La Doyenne, c’est deux-cents-soixantes bornes de douleur jalonées de côtes toutes plus dures les unes que les autres. La fraîcheur est un paramètre important dans la force déployée sur les pédales sur les derniers mètres. Aussi, la stratégie et le bluff fait, également, partie de la course. On ne va pas s’attarder sur les négociations sulfureuses entre Vinkourov et Kolobnev. Mais le final entre Claudy Criquelion et Stephen Roche représente à merveille le suspense que peut représenter une arrivée à Liège, n’en déplaise à la « Crique ». Les deux se regardent sur le Boulevard de la Sauvenière en 1987. Ces échappés ont, au bout des trois-cents derniers mètres, leur premier succès sur la Doyenne. Mais à force de s’observer, ils en oublient le retour tonitruant d’un groupe de trois dont ce diable de Moreno Argentin. L’Italien déborde le duo et profite de sa vitesse pour s’imposer trois fois de suite. Quatre ans plus tard, il en claquera une quatrième, s’approchant, à une longueur, du record de l’indétrônable Merckx.

Crédit photo: AFP

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About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

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