Pour la 100e, ça bastogne pas mal à Liège !

C’est le juge de paix des ardennaises. Après l’Amstel Gold Race et la Flèche Wallone, Liège-Bastogne-Liège rassemble une dernière fois les puncheurs et les leaders de grands tours dans les monts wallons qui ont pris leur couleur printanière. Et pour le centenaire de la « doyenne », les organisateurs ont renoué avec les côtes qui ont fait les grandes pages de la course. Un véritable feu d’artifice.

Culture Sport LBL100

Créée en 1892 par le Pesant Club Liégois et le Liege Cyclist Union, Liège-Bastogne-Liège est la plus ancienne des courses cyclistes, la « doyenne ». Paradoxalement, alors que le Tour de France ou Paris-Roubaix sont déjà centenaires, la fameuse épreuve belge ne le sera que cette année. Après deux premières éditions disputées par des amateurs et remportées par Léon Houa, la course s’ouvre au professionnel, ce qui n’empêche pas le même coureur belge de lever encore les bras à Liège. L’organisation n’est ensuite plus assurée pendant 14 ans. 1908 marque son retour avec les amateurs avant que ne soient conviés, avant la guerre, les « indépendants », catégorie entre les amateurs et les professionnels. Liège-Bastogne-Liège ne sera réservé définitivement aux professionnels qu’en 1929. De par son parcours et sa position dans le calendrier, cette classique est devenue LE rendez-vous printanier, là où se croisent les coureurs qui finissent leur campagne de classique et les prochains protagonistes des grands Tours. Liège-Bastogne-Liège est un grand chassé-croisé où tout le monde se retrouve pour en découdre. Ainsi, le palmarès de ce « monument du cyclisme » est pour le moins prestigieux et pléthorique. Les chasseurs de classique tels que Michele Bartoli (1997, 1998), Frank Vandenbroucke (1999), Paolo Bettini (2000, 2002), Davide Rebellin (2004) ou plus récemment Philippe Gilbert (2011) y côtoient des noms qui sentent bons juillet comme Jacques Anquetil (1966), Eddy Merckx (recordman de l’épreuve avec 5 victoires : 1969, 1971, 1972, 1973, 1975, devant Moreno Argentin, 4), Bernard Hinault (1977, 1980) et les plus contemporains Alexandre Vinokourov (2005, 2010), Alejandro Valverde (2006, 2008) et Andy Schleck (2009).

Culture Sport Liège-Bastogne-LiègeC’est peut-être la classique la plus ouverte car moins spécifique et dangereuse que les flandriennes, mais elle n’en demeure pas moins disputée et sélective. La ville de Bastogne est située au sud de Liège près de la frontière luxembourgeoise. Le peloton s’en va traverser les forêts du massif de l’Ardenne et escalader les côtes des vallées creusées par l’Ourthe et ses affluents. Et centième oblige, les routes traditionnelles sont à l’honneur, ce qui ne sera pas pour déplaire aux amoureux des pentes abruptes et des longs faux-plats qui durciront les jambes des coureurs jusqu’à l’arrivée sur les hauteurs d’Ans. La trilogie Wanne-Stockeu-Haute Levée (trois côtes en moins de 20 kilomètres) est au rendez-vous. Si cet enchainement permettait aux plus forts de porter quasiment l’estocade dans les années 1970 et 1980, il permettra de faire une première revue d’effectif dimanche avant la Vecquée. Viendra ensuite la Redoute, chère à Philippe Gilbert et la non moins mythique côte des Forges où il y a fort à parier que les masques tomberont. Il restera alors la vraie côte de la Roche-aux-Faucons et celle de Saint-Nicolas pour faire la différence avant la montée finale vers Ans. Si Marc Madiot faisait remarquer avec une certaine justesse que « les gens s’ennuient devant leur télé » après une Flèche qui se résume à la dernière montée du mur de Huy, l’accumulation des monts liégeois sur 260 km permet à Liège-Bastogne-Liège de nous offrir des scénarios haletants, où la tactique y est prépondérante.

Et la tactique, ce n’est pas ce qui manque à Philippe Gilbert et Alejandro Valverde. Le belge, déjà vainqueur en 2011 en donnant des maux de tête aux deux frères Schleck, a montré à l’Amstel Gold Race qu’il était bel et bien de retour après une année 2012 en demi-teinte. Le puncheur espagnol étonne, quant à lui, par sa capacité à être présent du début jusqu’à la fin de la saison. Il en est déjà à sa 8e victoire de l’année, en comptant la Flèche Wallonne où il a su parfaitement maîtriser le mur de Huy, pulvérisant au passage le record de la montée. Et Valverde connaît très bien Liège pour s’y être imposé par deux fois en 2006 et 2008, finissant deuxième en 2007… Un nom qui revient également souvent dans la bouche des connaisseurs est celui du jeune polonais Kwiatkowski, très en vue depuis le début de saison. Il faudra également se méfier du lauréat de la précédente édition. L’irlandais volant Dan Martin a pointé le bout de son nez mercredi sur le mur et voudra confirmer sa victoire acquise de main de maître devant Joachim Rodriguez l’an passé. Bien que « Purito » soit tombé sur l’Amstel et la Flèche, ses qualités de puncheur et son équipe pourront faire des dégâts dans les monts liégeois. Les Slagter, Mollema et autre Vanendert, deuxième dimanche dernier, seront certainement là dans le final. Un final dans lequel on voit mal les Astana de Alexandre Vinokourov, double vainqueur de l’épreuve, ne pas jouer un rôle prépondérant. L’équipe kazakhe a reconstitué en son sein le podium 2012 avec Maxim Iglinskiy, Vincenzo Nibali et Enrico Gasparotto. On retrouvera à coup sûr ces trois coureurs dans un final aussi redoutable que celui de la « doyenne ». Mais ils devront composer avec une autre armada, celle des AG2R. L’équipe française se déplace avec le vainqueur du dernier Paris-Nice, Betancur, bien accompagné par Pozzovivo et Bardet. Le dernier nommé représente d’ailleurs le meilleur espoir pour la France de décrocher une cinquième victoire sur ce monument et succéder au « blaireau », vainqueur pour la dernière fois en 1980. Benoit Vaugrenard, toujours bien placé sur cette ardennaise, devra faire oublier le retrait du champion de France, Arthur Vichot, dans son équipe tandis que Voeckler est toujours capable d’un coup d’éclat, lui qui semble avoir retrouvé des sensations après l’Amstel.

Culture Sport Liège Bastogne Liège

Dimanche, parmi la ferveur du peuple belge amassé dans les monts liégeois, on attend un combat comme il s’en fait peu dans le calendrier, entre deux types de coureurs. Les prétendants aux grands tours qui peaufinent leur préparation croisent les véritables chasseurs de classique pour un choc aux sommets de la Belgique. Ca devrait bastogner pas mal à Liège !

Crédit photos : Page Facebook et site officiel de Liège-Bastogne-Liège

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