Hugues Obry : « Etre favoris et gagner, il n’y a rien de plus beau ! »

Athènes, dimanche 22 août 2004, l’équipe de France d’épée masculine s’impose en finale face à la Hongrie (43-32). Lors de cette partie décisive, Hugues Obry a amené de précieux points aux Bleus. Des points importants. Après avoir été champion de France et champion du monde, il décroche enfin, avec ses amis, le titre Olympique. La revanche sur les Jeux de Sydney a été prise. En 2000, il avait glané l’argent. Dix ans plus tard, vendredi 22 août 2014, Obry revient, pour Culture Sport, sur ses JO d’Athènes. Il est aujourd’hui devenu entraîneur du groupe France d’épée.

Culture Sport Hugues Obry, Jérôme Jeannet, Fabrice Jeannet, Erik Boisse

Hugues Obry (deuxième en partant de la gauche) entouré par Jérôme Jeannet, le coach de l’équipe de France Michel Sicard, Fabrice Jeannet et Erik Boisse

Aujourd’hui, il y a une internationalisation et cela devient de plus en plus dur.

Culture Sport : Dix ans après votre titre Olympique, quels sont les principaux souvenirs qui vous reviennent en tête ?

Hugues Obry : C’est un rêve de gosse qui s’était réalisé à Athènes avec le sentiment du devoir accompli. Cela a donné un coup de boost à la discipline et a été la première d’une longue série de titres mondiaux. Nous étions favoris et nous avons gagné. Il n’y a rien de plus beau !

Culture Sport : Deuxième nation mondiale derrière l’Italie (vous ne buttez que pour une médaille), l’escrime Français a peut être réalisé, en 2004, sa plus belle Olympiade avec six breloques dont la moitié en or ?

Hugues Obry : C’était une autre époque… Aujourd’hui, il y a une internationalisation aussi bien côté Asiatique qu’Américain. Ça devient de plus en plus dur, désormais. Par contre, si nous y arrivons alors là, ça serait énorme !

Culture Sport : Outre l’escrime, quelle est la performance (tous sports confondus) qui vous aura le plus marqué lors de ces JO ?

Hugues Obry : C’est le doublé 1500 et 5000m réalisé par l’athlète Marocain Hicham El Guerrouj.

Culture Sport : Que retenez-vous de votre vie de sportif, arrêtée avec le Graal, le titre Olympique ?

Hugues Obry : Qu’enfin, j’y suis arrivé, malgré toutes les galères endurées, les moments durs lors des entraînements ainsi que les doutes vécus. Je pouvais partir avec le sentiment d’avoir tout réussi.

Culture Sport Hugues Obry

Hugues Obry, dans son costume d’entraîneur de l’équipe de France masculine d’épée, ici lors du challenge Réseau Ferré de France-trophée Monal, en début d’année.

Culture Sport : Depuis que vous avez mis un terme à votre carrière, que faites-vous ? Que devenez-vous ?

Hugues Obry : J’entraîne les équipes de France seniors. J’ai repris, après les JO de Londres, en tant que responsable de l’épée masculine. Je rends à ma fédération ce qu’elle m’a donné pendant toutes ces années avec le challenge de réussir les Jeux de Rio. Beaucoup de travail, donc, et un immense bonheur d’avoir réussi aux Mondiaux de Kazan cette année un doublé historique avec le titre individuel avec Ulrich Robeiri et par équipe avec Robeiri, Grumier, Lucenay et Jerent. De bonne augure deux ans avant les JO.

J’ai un groupe très très costaud envié par toutes les autres nations. Avec Robeiri et Lefort, nous avons nos leaders.

Culture Sport : Un petit mot sur les performances de l’équipe de France d’escrime lors des derniers Mondiaux. Les Bleus sont revenus sur le devant de la scène – après la claque Londonienne – avec trois médailles d’or (sept en tout) acquises à Kazan. A quoi sont dus ces beaux exploits ? Qu’est-ce qui a changé depuis deux ans ?

Hugues Obry : Les cadres techniques de la Fédé ont changé. De ce fait, les méthodes ont également changé avec. Nous travaillons plus, différemment aussi et après on essaie d’apporter chacun notre patte. J’ai remis plus de concurrence entre les athlètes. Les jeunes y ont vu la possibilité de partir et du coup les anciens ont redoublé de travail. J’ai un groupe très très costaud envié par toutes les autres nations. Personne ne peut savoir la sélection aux Mondiaux, c’est très ouvert. Après il manquait des athlètes leaders de leur discipline. Aujourd’hui avec un Robeiri numéro un mondial et champion du monde et Lefort numéro deux mondial et médaille de bronze aux Mondiaux, nous avons nos leaders. Le groupe France a vécu d’énormes championnats du monde. Cela a montré que nous étions sur la bonne voie. A nous de travailler encore pour être une génération encore plus forte qu’auparavant et montrer que Londres n’était qu’un accident. Mais personne ne veut revivre cela car ça a été très mal vécu par le monde de l’escrime.

Culture Sport : Comment sentez-vous la relève, votre relève, pour les Jeux de Rio ?

Hugues Obry : Bonne car je l’entraîne ! Il faudra décrocher des titres et surtout ne pas juste se focaliser sur les qualifications mais aussi les JO en tant que rendez-vous immanquable.

Propos recueillis par Nicolas Gréno. Merci à Hugues Obry pour sa collaboration. Crédit photos : Panoramic, Wikipédia

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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