Boris Vallée : « Je suis encore trop jeune pour courir un Grand Tour »

JEUNE LOUP. Nous l’avions interrogé quelques semaines après son titre Olympique de la jeunesse, obtenu en 2010, à Singapour. Quatre ans plus tard, il est devenu pro au sein de la formation Lotto-Belisol. Durant cette saison, Boris a découvert le World Tour et côtoyé des coureurs comme Maxime Monfort, Jürgen Van Den Broeck ou Tony Gallopin. Retour sur une année marquante dans sa jeune carrière.

Culture Sport Boris Vallée Lotto-Belisol

Nouveau venu au sein de la formation Lotto-Belisol, Boris a rapidement été adopté par ses nouveaux équipiers. On reconnait notamment ses leaders Tony Gallopin et Maxime Monfort.

Culture Sport : Boris, comment s’est déroulée ta première saison chez les pros ?

Boris Vallée : Super bien ! On m’a fait confiance sur beaucoup de courses, les dirigeants étaient satisfaits de mon travail dès le début de saison. On m’a ensuite mis sur des épreuves World Tour. C’est une satisfaction pour moi de commencer, déjà, dès la première année, par des compétitions de top niveau mondial.

Culture Sport : Tu as bien marché lors du Tour de Pologne, où tu as pris la troisième place d’une étape. Que retiens-tu de cette course ?

Boris Vallée : En Pologne, j’étais parti en tant qu’équipier. Je devais aider Maxime Monfort, qui visait le général, ainsi que Kenny (Dehaes) et Jonas (Van Genechten), pour les arrivées massives. Lors de la première étape, Kenny est tombé, il a été distancé. Quant à Jonas, il ne se sentait pas très bien avec la pluie. Du coup, j’ai fait le sprint. Comme cela s’est décidé seulement à trois kilomètres de l’arrivée, j’ai pris beaucoup de vent et je me suis finalement classé septième. Je n’étais pas vraiment focalisé sur ma situation personnelle. Le lendemain, lorsque j’ai décroché la troisième place, Kenny n’était pas en forme suite à sa chute de la veille et Jonas s’était pris les barrières. A deux bornes de la ligne, j’ai dû faire le sprint alors que j’avais beaucoup travaillé pour eux en amont. J’étais un peu sur ma réserve, mais j’étais globalement en forme sur ce tour.

Culture Sport : L’équipe Lotto est donc, on imagine, très satisfaite de ta première saison au sein de son effectif ?

Boris Vallée : Depuis le début de saison, ils me demandaient de travailler pour l’équipe, de me glisser dans des échappées, de rouler derrière les fuyards, de contrôler la course… C’est un travail de l’ombre, que l’on ne voit pas forcément à la télévision. Je suis présent dès le début de la course. Je ne ménage vraiment pas mes efforts. Surtout lorsqu’il s’agit de ne pas laisser partir certains coureurs dans les échappées. Il faut pouvoir opérer la jonction dans la foulée pour tenter ensuite un sprint massif, lorsque l’on a les leaders.

Culture Sport Boris Vallée Tour de Pékin

Boris, tout sourire sur le Tour de Pékin. Ça mérite bien un petit selfie !

Culture Sport : As-tu suivi les Jeux Olympiques de la jeunesse, à Nankin ? Connais-tu ton successeur ?

Boris Vallée : C’est sûr que quatre ans en tant que champion Olympique de la jeunesse, on attend un peu le jour où on aura plus le titre. Je sais que c’est un Danois qui l’a remporté (Mikkel Froelich Honoré, en fait c’était le champion Olympique du chrono, nldr*). J’ai suivi la course un peu le lendemain matin parce que ça avait lieu la nuit. Félicitations à lui !

Culture Sport : Comment abordes-tu la prochaine saison ?

Boris Vallée : Cette saison, j’ai couru presque 100% de mes courses pour l’équipe, pour encadrer mes leaders au mieux du début à la fin de chaque épreuve. Le staff est vraiment content de moi, mes leaders aussi, donc je pense faire la même chose, la saison prochaine, sur les courses où certains voudraient vraiment briller mais je tenterai ma chance aussi sur certaines compétitions.

Culture Sport Boris Vallée saison 2014

La saison 2014 achevée, Boris a désormais la prochaine année cycliste dans le viseur.

Culture Sport : Est-ce que la Lotto-Belisol a prévu de te faire courir un Grand Tour en 2015 ?

Boris Vallée : J’en ai déjà parlé avec eux. Pour moi, ça ne serait pas une bonne chose car, actuellement, je ne me sens pas capable de performer sur une course de trois semaines. Sur un Grand Tour, je ne pense pas pouvoir être au maximum de mes possibilités, être vraiment efficace. Je préfère donc plutôt me concentrer, encore l’an prochain, sur des classiques ou des courses d’une semaine, même si ces épreuves sont elles aussi difficiles (comme les Tours de Romandie, de Catalogne, de Pologne). En revanche, j’aimerais bien participer au Circuit Franco-Belge. Je tenterai quelques petites choses, mais toujours en ayant à l’esprit d’aider le team. Je suis trop jeune pour un Grand Tour et je ne suis pas encore vraiment prêt.

Sa saison en stats

3e de la deuxième étape du Tour de Pologne
4e de la huitième étape du Tour d’Autriche
6e du classement par points du Tour de Pologne
7e de la deuxième étape du Tour de Catalogne
7e de la première étape du Tour de Pologne
13e dans À travers Drenthe

Son palmarès

2010
Champion Olympique de la jeunesse
Deuxième étape du Sint-Martinusprijs Kontich
2013
Prologue de la Carpathia Couriers Path
Grand Prix Criquielion

* Le champion Olympique de la jeunesse titré lors de la course en ligne était en fait le Sud-Africain Ivan Venter.

Propos recueillis par Nicolas Gréno

Crédit photos : compte Instagram de Boris Vallée

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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