Le Tour de France 2015 par Francis Lafargue

GRANDE BOUCLE. Il y a tout juste une semaine, Christian Prudhomme présentait le cent deuxième tracé de l’histoire de l’épreuve qu’il dirige, à savoir le Tour de France. Prudhomme le présentait officiellement car quelques heures auparavant, il avait malencontreusement fuité sur la toile. C’est la deuxième fois qu’une telle mésaventure se produit. Bref, nous avons demandé à notre consultant cyclisme, Francis Lafargue, présent à Paris, lorsque toutes les étapes furent dévoilées en grande pompe, ce qu’il pensait de ce parcours 2015.

Culture Sport Tour de France 2015 carte

A mon avis, ce parcours est idéal pour les coureurs Français (Thibault Pinot, Romain Bardet), mais aussi pour un Nairo Quintana. On sent qu’en enlevant les chronos individuels, on favorise quand même une certaine catégorie de coureurs.»

Culture Sport : Pensez-vous que les organisateurs ont clairement privilégié les coureurs tricolores ?

Francis Lafargue : On peut le penser… Mais pour « contre-argumenter », je peux vous dire qu’il y aura Quintana. C’est une édition qui lui va comme un gant ! De la dixième (Tarbes-La Pierre Saint-Martin, ndlr) à la vingtième (Modane-Alpe d’Huez) étape, il n’y a que de la montagne (ou presque).

Culture Sport : Il n’y aura aucun temps mort entre les Pyrénées et les Alpes…

Francis Lafargue : Effectivement. Même lorsque les coureurs vont descendre sur Valence, ça va également grimper. Les profils sont quand même compliqués. On est toujours en prise pendant ces dix jours. Du côté de Gap, ça monte un petit peu quand même. Attention à Allos aussi (col placé juste avant l’arrivée jugée à Pra-Loup, ndlr) !

Avec un Grand Départ en Hollande, il faut à peu près dix jours pour arriver en montagne, dans un sens ou dans un autre, ils sont quand même allés chercher quelques pièges qui peuvent causer pas mal de dégâts. A commencer par les pavés (13,3 kilomètres répartis entre Seraing-Cambrai, lors de la quatrième étape), puis les arrivées au sommet comme à Huy (1,3 km à 9,6 %, troisième étape) ou Mûr de Bretagne (2 km à 6,9 % avec des passages à 15 %, huitième étape). Automatiquement il y aura de l’action. Attention au vent aussi, surtout lors du deuxième jour de course entre Utrecht et Zélande, mais aussi entre Abbeville et Le Havre (sixième étape). Il y a des risques de bordures. Tout peut se passer.

Le contre-la-montre par équipes à Plumelec, tout le monde le connait. Pourquoi ? Parce que c’est trente kilomètres sur un terrain un peu accidenté, avec notamment la côte de Cadoudal. Je pense qu’il n’y aura pas de gros écarts. C’est sûr, certains vont perdre une minute dans l’histoire, mais ça se rattrapera en montagne, c’est évident.

« C’est un Tour spectaculaire ! »

Est-il plus spectaculaire que celui de 2014 ? «On ne peut pas comparer».

Celui qui va gagner le Tour, ça sera un coureur complet et qui aura de la chance ! On l’a vu cette année avec Chris Froome et Alberto Contador, qui sont tombés. L’an prochain ça sera peut être au tour d’un autre.»

Culture Sport : On ne peut plus dire qui peut gagner le Tour finalement…

Francis Lafargue : Ca peut être Nibali qui va le gagner encore l’an prochain. Vu ce que l’on a vu cette année, mais ça sera le favori parce qu’il a gagné cette année. Mais il y aura aussi Quintana, Contador, Froome on ne sait pas s’il va le faire… Il n’est pas plus fou que les autres ! On lui a enlevé le chrono… Avec des étapes chronométrées, ça aurait été plus intéressant pour lui.

Culture Sport : Beaucoup de spécialistes et de suiveurs parlent déjà des lacets de Montvernier… Et vous, qu’en pensez-vous ?

Francis Lafargue : Je ne connaissais pas. J’avoue que c’est très spectaculaire ! C’est une route qui est à flanc de montagne. Il faut regarder à combien de kilomètres de l’arrivée il est placé. Il faut aller dénicher des endroits comme celui-là ou La Planche des Belles Filles.

Culture Sport : C’est un peu l’avenir du cyclisme finalement ?

Francis Lafargue : Oui ! Il faut innover un peu, parce que sinon c’est toujours la même histoire. Regardez ce qu’il se fait en Espagne depuis quelques années. Eux aussi ont déniché des cols inconnus, des nouveautés. De quoi créer le spectacle en somme.

Culture Sport : Et puis il y a des candidats, comme les Conseils Généraux qui sont demandeurs…

Francis Lafargue : En effet, La Pierre Saint-Martin est un bon exemple (ils attendaient une étape depuis 2006-2007, ndlr). C’est inédit, c’est bien. C’est un peu dans un esprit de nouveauté.

Souvenirs de Pra-Loup. «C’est une dure montée, mais il y a plus difficile. Le Tour y était déjà passé en 1975, à l’occasion du duel entre Eddy Merckx et Bernard Thévenet. Le Français avait terrassé le Belge. A l'époque, comme j’étais à l’armée, je n'en conserve qu’un souvenir assez vague. Je m’en souviens seulement parce que depuis j’ai lu l’histoire et vu des images, mais je ne suis pas resté scotché devant la télévision.»

Le 102e Tour de France

21 étapes du samedi 4 juillet au dimanche 26 juillet 2015 (3 344 kilomètres, avant homologation)
  • 9 de plaine
  • 3 accidentées
  • 7 de montagne (dont 5 arrivées en altitude)
  • 1 étape chrono individuel
  • 1 étape chrono par équipes
  • 2 journées de repos

1ère étape : Utrecht-Utrecht (14 km, chrono individuel)
2e étape : Utrecht-Zélande (166 km)
3e étape : Anvers-Huy (154 km)
4e étape : Seraing-Cambrai (221 km)
5e étape : Arras-Amiens (189 km)
6e étape : Abbeville-Le Havre (191 km)
7e étape : Livarot-Fougères (190 km)
8e étape : Rennes-Mûr-de-Bretagne (179 km)
9e étape : Vannes-Plumelec (28 km, chrono par équipes)
Repos n°1: Pau
10e étape : Tarbes-La Pierre Saint-Martin (167 km)
11e étape : Pau-Cauterets (188 km)
12e étape : Lannemezan-Plateau de Beille (195 km)
13e étape : Muret-Rodez (200 km)
14e étape : Rodez-Mende (178 km)
15e étape : Mende-Valence (182 km)
16e étape : Bourg-de-Péage-Gap (201 km)
Repos n°2 : Gap
17e étape : Digne-les-Bains-Pra Loup (161 km)
18e étape : Gap-Saint-Jean-de-Maurienne (185 km)
19e étape : Saint-Jean-de-Maurienne-La Toussuire (138 km)
20e étape : Modane-L’Alpe d’Huez (110 km)
21e étape : Sèvres-Paris-Champs Elysées (107 km)

Propos recueillis par Nicolas Gréno. Crédit photo : Bruno Bade (ASO).

Advertisements

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

Pour commenter

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s