Grand Prix d’Australie : le baromètre

Le circuit de Melbourne a lancé la cuvée 2015 de Formule 1 de la meilleure des manières pour Mercedes-AMG, qui signe un doublé incontestable (Hamilton devant Rosberg), mais dans le peloton, la bagarre fait rage, et les surprises sont nombreuses…

En hausse

L’équipe Sauber

Qui aurait parié sur un tel revirement de situation pour l’écurie helvétique ? Absente du Top 10 l’an passé, voilà 14 points empochés en une seule course, mieux que Williams (12 pts) et Red Bull (8 pts) ! Il est incontestable que la petite formation privée a effectué un travail de fond cet hiver, pour sortir du grupetto. Le changement radical de livrée (bleue et jaune aux couleurs du sponsor de Nasr en lieu et place d’un gris dépressif) a annoncé un tout nouvel état d’esprit, plus offensif et optimiste ! Le recrutement du brésilien Felipe Nasr, acteur majeur de la formule de promotion GP2 en 2014 (3ème) s’est avéré judicieux : rapide, déjà constant, il a su tirer le meilleur parti de la C34 pour franchir la ligne en 5ème position. Son équipier, le Suédois Marcus Ericsson, a fait taire les mauvaises langues qui lui reprochaient rien de moins que son manque de talent par une huitième place finale, son meilleur résultat en F1.

La saison ne pouvait pas mieux commencer pour Sauber, empêtrée dans un imbroglio judiciaire avec son ancien pilote de réserve Van Der Garde, qui souhaitait conduire ce week-end en invoquant un contrat. Les deux parties sont parvenus à un accord provisoire, affaire à suivre.

L’équipe Ferrari

Maurizio Arrivabene (à gauche) et Sebastian Vettel

Encore une équipe moribonde la saison dernière qui retrouve des couleurs ! La Scuderia bénéficie du coup de boost du tandem Arrivabene-Vettel pour se replacer aux avant-postes. Le podium du quadruple champion du monde ne doit rien au hasard. Les espoirs entr’aperçus lors des essais hivernaux se sont confirmés. La SF15-T (c’est le nom de la monoplace) dispose d’un moteur plus performant que son aïeule. La motivation retrouvée d’un Kimi Räikkönen bien décevant jusque-là fait plaisir à voir. Le Finlandais a retrouvé sa confiance dans le train avant de sa voiture, ce qui lui permet de piloter à sa main. Hélas pour lui, un problème de fixation de roue lors du second arrêt le força à l’abandon alors qu’il pouvait finir dans le Top 5. Le nouveau-venu chez les Rouges a vécu moins de péripéties. Qualifié quatrième, il prit l’ascendant sur Felipe Massa (Williams, 4ème) pour monter sur le podium.

Troisième certes, mais loin des Mercedes ; la hiérarchie de Melbourne a clairement indiqué un resserrement derrière les Flèches d’Argent, entre les Williams toujours aussi fringantes et les Ferrari, qui ont remplacé des Red Bull bien décevantes…

En baisse

L’équipe Red Bull

La méthode camouflage a finalement bien fonctionné. A l’issue des entraînements hivernaux, nul ne pouvait réellement prévoir le niveau de compétitivité de la RB11. Le tracé de l’Albert Park a été intransigeant avec le Taureau Rouge. Seul l’enfant du pays Daniel Ricciardo a pu récolter les points pour son employeur (6ème), l’ancien pilote Toro Rosso Daniil Kvyat ayant souffert d’un problème de boîte de vitesses dans le tour d’installation. Un résultat que l’on pourrait qualifier de médiocre, car rappelons l’abandon de Räikkönen et le forfait de Bottas (Williams) qui auraient certainement terminé devant la Red Bull. Cette monoplace n’est pour l’instant pas assez véloce pour briguer un podium à la régulière. Cependant n’oublions pas la force de frappe des hommes de Christian Horner, passé spécialiste en la matière de développement de la voiture.

Les espoirs peuvent être encore de mise, même si la relation entre les responsables Red Bull et son fournisseur Renault ne sont pas au beau fixe, comme c’est de coutume depuis un an. L’écurie sœur Toro Rosso est plus satisfait du partenariat avec le Losange (Sainz Jr 9ème), de quoi relancer une rumeur de rachat par le Français ?

L’équipe McLaren

Que doit penser Fernando Alonso ? Absent du paddock à la suite de son accident mystérieux à Barcelone, l’Espagnol souhaitait relever un défi de taille : retrouver les sommets avec une équipe prestigieuse alliée à un motoriste qui ne l’est pas moins. Malheureusement, il va falloir patienter pour revoir les machines anglo-japonaises sur le devant de la scène. Jenson Button, qui fêtait ses quinze ans de présence en F1, n’a pu faire mieux que onzième à deux tours du vainqueur Hamilton tandis que le remplaçant Magnussen a vu son moteur exploser dans un panache de fumée avant le départ.

La MP4-30 fait tourner les têtes des ingénieurs, avec notamment un capot moteur extrêmement fin, qui permet à l’air de mieux s’écouler ; mais la fiabilité est aux abonnés absents. Il se murmure que lorsque les pannes en tous genre seront résolues, la McLaren devrait faire un bond en avant important. En attendant, Button doit se contenter de finir les courses tant bien que mal, en espérant un retour du double champion du monde espagnol pour la seconde épreuve en Malaisie dans deux semaines.

Medhi Casaurang. Crédits photos : pages Facebook de Sauber F1 Team, Scuderia Ferrari et Medhi Casaurang

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