Paul Lafage : « Nous savions que l’équipe de France serait très attendue »

L’an dernier, il avait décroché le premier titre mondial juniors avec les Bleuets et ce à la maison, dans la cité Toulousaine. Cette année, en Argentine, Paul Lafage est passé tout près de réaliser ce qui aurait été un sublime doublé. Malheureusement, les Tchèques ont pris leur revanche sur la précédente édition en récupérant leur bien à Rosario, glanant au passage une sixième couronne planétaire en sept ans. « Ils ont gagné et l’ont mérité. Ils restent LA nation du roller hockey« , dixit Paul Lafage.

 Culture Sport Paul Lafage Rosario
Culture Sport : Comment as-tu vécu ce Mondial et comment l’as-tu abordé en tant que tenant du titre ? Avec un peu de pression « à cause » de ce statut de champion du monde ?

Paul Lafage : Bien sûr, nous avions un peu de pression en arrivant. Nous savions que l’équipe de France serait très attendue cette année et que conserver notre titre serait plus dur encore que de l’obtenir l’an passé. Les équipes que nous avons rencontrées étaient survoltées à l’idée de jouer contre nous, un peu comme en ligue 1 lorsqu’on rencontre le PSG. Malgré tout, même si l’objectif était clair et annoncé dès le départ, l’ambiance était très bonne, nous étions détendus et savions qu’il fallait retrouver notre état d’esprit de l’an passé, à savoir prendre avant tout du plaisir à se retrouver et à jouer ensemble. Personnellement, c’était mon dernier mondial en juniors (comme pour beaucoup d’entre nous), j’avais donc à cœur de profiter au maximum de cette semaine qui s’annonçait exceptionnelle et qui aura, au final, tenu toutes ses promesses. Honnêtement, je n’avais pas de pression particulière. J’ai une très grande confiance et un très grand respect pour l’ensemble de mes coéquipiers et je savais que nous allions arriver à un résultat à l’image du jeu que nous proposons.

La finale France-République Tchèque était l’affiche avec un grand A.

Culture Sport : Vous vous êtes donc de nouveau hissés jusqu’en finale mais dans quel état d’esprit étiez-vous avant le coup d’envoi ?

Paul Lafage : Depuis le début de la semaine, tout le monde attendait « la revanche ». France-République Tchèque, c’était l’affiche avec un grand A de ces championnats du monde. Les deux équipes ont infligé une correction à leurs adversaires respectifs en demi-finales et étaient cette année clairement au-dessus du lot, c’est mon point de vue. Au moment du coup d’envoi, nous savions à quoi nous attendre. Nos jeux sont comparables : ils aiment avoir le palet, nous aussi. Leur jeu est technique, rapide et collectif, le nôtre aussi. Nous savions aussi que cette finale se jouerait à des détails tant le niveau affiché par les deux équipes était comparable. Avant le coup d’envoi, nous avions tous notre dose de stress, c’est l’adrénaline de tout sportif avant ce genre de rencontre. Des matchs de ce niveau avec un tel enjeu, on en joue un ou deux dans une carrière, pas plus. En même temps, l’envie de jouer et d’en découdre prédomine. Nous étions prêts à livrer bataille au moment du coup d’envoi : notre préparation était rigoureuse et notre parcours sans embûche. Comme on l’avait imaginé, le match s’est joué à des détails. Un seul en l’occurrence puisque après leur ouverture du score, ce dernier n’a plus bougé jusqu’à la dernière minute (1-0) et un deuxième but anodin de leur part. Leur gardien a été très solide et ils n’ont pas commis d’erreur. Il fallait livrer le match parfait, nous l’avons presque fait. Au final, ils ont eu leur revanche, ont gagné et ils le méritent. Ils ont prouvé que malgré la déconvenue de l’an passé, ils restent LA nation du roller hockey mondial de ces cinq dernières années.

Nous avons prouvé que nous constituions la plus belle génération de juniors Français.

Culture Sport : Si on t’avait dit, avant que tu ne débutes chez les juniors, que tu décrocherais deux médailles mondiales consécutives avec les Bleuets, est-ce que tu y aurais cru ?

Paul Lafage : Jouer en équipe de France et porter le maillot tricolore, c’était déjà un immense rêve. Bien entendu, j’aurais eu du mal à y croire tant notre sacre de l’an dernier était aussi mérité qu’inattendu. Si certains ont considéré cette victoire comme une sorte de « malentendu », nous avons prouvé que nous constituions la plus belle génération de juniors dans le roller hockey Français en accédant à une nouvelle finale de championnats du monde, la deuxième en deux ans. Honnêtement, j’ai vécu avec cette équipe mes plus beaux moments dans ma jeune carrière et ces deux médailles sont incontestablement les plus chères à mes yeux. Pour autant, je retiens évidemment toutes les magnifiques années que j’ai passées avec Anglet, le club qui m’a formé et à qui je dois tout ou presque aujourd’hui.

Culture Sport équipe de France de roller hockey juniors

Culture Sport : Quand est-ce que nous allons voir arriver cette génération dorée chez les seniors ?

Paul Lafage : Ça, ce n’est pas à moi qu’il faut le demander ! Tant que l’on parle des seniors, je tiens à les féliciter pour leur parcours plus qu’honorable et leur très belle médaille d’argent après l’échec subi l’an dernier. Je pense qu’on devrait retrouver certains juniors dans les regroupements seniors dès l’an prochain. Dans une perspective à long terme, il est obligatoire de continuer à motiver et à pousser les juniors, surtout dans la lancée dans laquelle ils sont actuellement. Pour ma part, j’arrête le roller l’an prochain pour me consacrer aux études (je pars en licence à l’IAE de Toulouse). Je suis sûr que les sélectionneurs seniors ont déjà une petite idée des joueurs qu’ils souhaitent intégrer au groupe seniors, et j’ai également la mienne !

Notre défaite à Angers en playoffs est cruelle, comme si le sort s’acharnait.

Culture Sport : A titre personnel, que retiens-tu de ta première saison pleine chez les Artzak ? La fin de la saison n’a pas été simple à gérer notamment à cause des problèmes financiers…

Paul Lafage : Cette première saison pleine pour moi sera donc aussi la dernière. Ce fut une expérience absolument inoubliable. J’ai été très bien intégré et j’ai pu vivre une saison complète riche en émotions et en grands matchs. Depuis que j’ai quatre ans je viens voir les matchs de l’Élite à la salle, c’était donc une opportunité exceptionnelle pour moi d’intégrer ce groupe. En dehors des matchs, je retiendrai surtout l’ambiance des déplacements. C’est pour ce genre de moments que j’apprécie le plus ce sport et je remercie les Artzak pour m’avoir permis de les vivre.

Culture Sport Paul Lafage Artzak

Bien entendu, je remercie aussi l’intégralité de l’équipe pour l’accueil qu’ils m’ont réservé et pour ce qu’ils m’ont apporté du point de vue sportif. La fin de saison a été compliquée pour le club et des mesures drastiques ont été prises. Malgré tout, nous avons tout donné pour donner à ce club l’image qu’il mérite au niveau national. Notre défaite à Angers en playoffs est cruelle puisque nous menions 5-0 à la mi-temps, un peu comme si le sort s’acharnait sur nous. Avec la tournure des événements, j’ai peur que de plus en plus de clubs français soient confrontés au même genre de problème. L’avenir nous le dira…

Propos recueillis par Nicolas Gréno. Merci à Paul Lafage pour sa collaboration. Crédits photos : Profil Facebook de Paul Lafage, page Facebook de l’équipe de France de roller hockey, Black Ghost.

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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