Squash : Retour sur le titre mondial de Grégory Gaultier

QUESTIONS/RÉPONSES. Il y a une semaine jour pour jour, Grégory Gaultier mettait fin à une série de quatre finales perdues (2006, 2007, 2011, 2013) lors des championnats du monde. En remportant son premier titre planétaire, le Spinalien a ainsi rejoint au palmarès Thierry Lincou, seul tricolore précédemment sacré. C’était en 2004. Pour aborder l’exploit du numéro trois mondial qui est parvenu à déloger les Anglo-Saxons de leur trône, nous nous sommes entretenus avec un passionné de squash. Également rédacteur pour le site musical TheWebTape, Thomas Dupleix inaugure notre nouvelle rubrique, appelée Questions/Réponses.

cultureSPORT Grégory Gaultier

1. En quoi le titre mondial de Grégory Gaultier marque-t-il l’Histoire ? Ce titre va-t-il aider le squash à sortir de l’anonymat en France ?

Thomas Dupleix : Ce ne sera pas une explosion de la médiatisation du squash parce que l’événement en lui-même a le même traitement qu’un Saint-Etienne – Marseille. C’est l’équivalent d’un match de haut de tableau de Ligue 1 qui reste toutefois moins visible qu’un classico ou qu’un derby. Mais je ne peux pas me plaindre. Il existe des champions français avec un palmarès impressionnant, comme Antoine Albeau en planche à voile (qui a décroché ce week-end son vingt-troisième titre de champion du monde, ce qui en fait le sportif tricolore le plus titré, NDLR), qui restent carrément dans l’inconnu.

2. Pourrais-tu nous citer quelques-uns des plus grands champions de squash ?

Thomas Dupleix : Il y a Mohamed El Shorbagy, Nick Matthew, Ramy Ashour, Simon Rosner (un Allemand horrible à voir jouer), Miguel Rodríguez (qui est bien installé au sein du top ten) mais aussi le frère d’El Shorbagy, Marwan (que je ne connais pas bien). Ils sont archi-dominants, presque comme sur le circuit ATP de tennis. Ils prennent la relève de la génération à laquelle appartenait le quadruple champion du monde Amr Shabana (qui s’est retiré cet été mettant fin à plus de vingt ans au plus haut niveau) mais aussi Thierry Lincou, David Palmer ou Jonathon Power. D’après moi, ce sont eux qui ont internationalisé le squash élite. Depuis ses débuts, il était plus réservé aux Pakistanais et Britanniques.

3. Comment est structurée une saison de squash ? Comment le classement mondial est-il établi ?

Thomas Dupleix : Au niveau du classement, je ne suis pas très au clair là-dessus. Il me semble que chaque match, chaque tournoi, donne des points mais ces unités sont rapportées au nombre de tournois joués, ce qui nivelle les performances physiques strictes. C’est cool, ça permet aussi d’éviter les affreuses chutes après les blessures, tandis qu’au tennis tu l’as dans l’baba !

cultureSPORT Grégory Gaultier 2015

4. Pourquoi le squash n’est pas assez médiatisé selon toi ? C’est pourtant un sport esthétique et dynamique ?

Thomas Dupleix : A mon avis, ça pâtit de la surmédiatisation du tennis, sport de raquette, qui étouffe les autres. Je ne connais pas les chiffres mais je pense qu’il y a malgré tout beaucoup de joueurs de squash en France et globalement dans le monde, mais beaucoup en loisirs ! C’est une alternative ludique à la salle de sport. En termes de licenciés, il y a deux ou trois pays pourvoyeurs, en tout cas dominateurs, sur la scène internationale : les Egyptiens (il suffit de regarder le top vingt c’est a priori la moitié), les Anglais (disons un quart du top 20) et le reste. C’est un peu ouvert mais on retrouve quelques Français : Grégory Gaultier donc, mais aussi Mathieu Castagnet qui tourne autour du top 10. Il y a deux autres Frenchies dans le top 50, dont Lucas Serme, le frère de Camille, troisième mondiale.

5. L’an prochain, c’est les JO. Le squash ne figure toujours pas au programme Olympique. Penses-tu que la candidature soit validée pour l’édition 2020, à Tokyo ?

Thomas Dupleix : Des légendes Pakistanaises ont outrageusement dominé le squash pendant des décennies. D’après moi, c’est ce qui a coûté sa place aux Jeux Olympiques mais maintenant que c’est un jeu qui rassemble, le spectacle, l’esthétique, l’universalité (c’est indéniable !) et l’extrême simplicité, ça ne peut pas ne pas être à Tokyo sur le papier… Le seul problème sera, le choix par rapport à d’autres disciplines !

Les dix derniers champions du monde

2015 : Grégory Gaultier (Fra), 2014 : Ramy Ashour (Egy), 2013 : Nick Matthew (Grb), 2012 : Ramy Ashour, 2011 : Nick Matthew, 2010 : Nick Matthew, 2009 : Amr Shabana (Egy), 2008 : Ramy Ashour, 2007 : Amr Shabana, 2006 : David Palmer (Aus).

Le chiffre : 2

Sur les 45 titres mondiaux hommes décernés, deux seulement ont échappé aux représentants du Royaume-Uni ou de ses anciens dominions ou protectorats (Egypte, Pakistan, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada). Ceux des Français Lincou et Gaultier. (source L’Equipe, journal du 24 novembre 2015)

Propos recueillis par Nicolas Gréno. Merci à Thomas Dupleix pour sa disponibilité. Crédits photos : page Facebook officielle de Grégory Gauthier.

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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