Ces matches Red dingues

LES LEÇONS DE PROF JULIEN. Rédacteur de cultureSPORT depuis 2012, Julien Detroz est devenu entre-temps professeur en Belgique. Passionné par les faits sportifs historiques, il nous livre chaque mois sa petite madeleine de Proust. Aujourd’hui, Julien, inspiré par le fantastique retournement de situation entre Dortmund et Liverpool en Europa League, vous fait revivre cette irrespirable finale entre le Milan AC et le club des Reds.

cultureSPORT Steven Gerrard et Rafael Benitez

25 mai 2005, Istanbul. Steven Gerrard et Rafa Benitez savourent. Ils viennent de tirer les (grandes) oreilles des joueurs du Milan AC.

L’indéboulonnable amateur de football s’ennuie devant son téléviseur. Depuis deux semaines, chaque rencontre lui paraît fade. Les deux demi-finales aller de la Ligue des Champions n’ont délivré qu’un seul but (inscrit par Saul), certes somptueux, mais un seul quand même. Et l’on ne peut s’empêcher de repenser à cette folle soirée du jeudi 14 avril. Liverpool, mené par deux buts d’écart a fini par vaincre le Borussia Dortmund sur le fil, en quart de finale de l’Europa League. Un scénario complètement fou qui en rappelle un autre.

Un parcours scabreux, frôlant l’élimination

C’était il y a, déjà, onze ans. Le club anglais avait atteint la finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Au terme d’un parcours scabreux, frôlant l’élimination dès les tours préliminaires face à la modeste formation du Grazer AK, l’équipe entraînée à l’époque par Rafael Benitez avait rejoint les huitièmes grâce à la différence de buts face à l’Olympiacos. Il faut être un peu dingue pour miser un livre sterling sur leur succès final. Red dingue, même. Pourtant, l’hiver passé délie les jambes des Britanniques qui effacent facilement Leverkusen avant de vaincre la Juve et Chelsea.

En face, le Milan AC fait peur. Champion d’Italie en titre, les Rossoneris sont les auteurs d’un parcours sans faute. Ou presque. La demi-finale contre Eindhoven est plus compliquée que prévu. Les Italiens s’en sortent de justesse, grâce à la règle du but inscrit à l’extérieur. Cependant, Carlo Ancelotti et ses ouailles font office d’épouvantail lors de la grande finale au stade Atatürk. Majestueuse, l’arène impressionne Liverpool, pourtant soutenu par plus de 40 000 choristes du « You’ll never walk alone ».

Une cote évaluée à 359 contre 1

Milan déroule durant le premier acte. Le maître Maldini donne le ton dès la 52e… seconde. C’est le but le plus précoce de l’histoire des finales de Coupes d’Europe. Crespo tue tout suspense avant de rejoindre les vestiaires. Il est bientôt 22 heures. Les plus jeunes téléspectateurs sont priés d’aller dormir. Après tout, il n’y a plus rien à voir, c’est foutu. La cote des reds est évaluée à 359 contre 1. Pourtant, les supporters continuent de faire trembler le stade d’Istanbul et prient pour un miracle. Et le « miracle d’Istanbul » va venir. Steven Gerrard, en bon capitaine, montre le chemin, à la 54e, d’une tête ravageuse. Six minutes plus tard, les deux équipes reviennent à égalité, via Smicer et Xabi Alonso. Mais Liverpool aime le suspense et son portier Dudek tient bon, comme sur cette superbe reprise face à Shevchenko à la 117e. Le gardien polonais n’en a pas fini d’être le héros de cette folle soirée de mai. Face à l’Ukrainien, il repousse l’ultime tir au but, pour le plus grand plaisir de son équipe et, probablement, du public le plus fanatique de ce sport où rien n’est jamais terminé, tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin.

Julien Detroz (@juliendetroz)
Crédit photo : AFP

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

Pour commenter

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s