Romain Chabat : « Nous étions persuadés de faire un coup énorme à Aguiléra »

RUGBY. Pro D2. C’est la belle histoire de ce début de saison. A peine promu, Soyaux-Angoulême renverse déjà des montagnes. Après avoir fait tomber Biarritz, dans son antre d’Aguiléra, il y a deux semaines (20-21), les Angoumoisins ont vaincu Béziers, sixième du dernier exercice, ce week-end (21-6). Le club charentais pointe au quatrième rang après quatre journées. Entretien avec Romain Chabat, une des pierres angulaires du SAXV.

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cultureSPORT : Tu as suivi la victoire de ton équipe face au Biarritz Olympique depuis le banc (*). Cela n’a pas été trop frustrant de ne pas avoir pu ferrailler sur le terrain ?

Romain Chabat : Oui, ça, c’est sûr. Ç’a été complètement frustrant car étant Béarnais d’origine, c’était pour moi comme un match à la maison… En plus, sachant que toute ma famille était là, j’aurais préféré être sur la pelouse plutôt que dans les tribunes. Mais c’est comme ça… Ç’a été d’autant plus frustrant de ne pas avoir pu participer à l’exploit car depuis le début de la semaine, nous étions persuadés que nous allions faire un coup énorme à Aguiléra ! Une chose est sûre, c’est encore plus stressant d’être sur le bord du terrain totalement impuissant vis-à-vis de ses copains.

« Nous resterons le petit poucet et le petit promu chez qui tout le monde voudra venir gagner. »

cultureSPORT : Penses-tu que Soyaux-Angoulême soit capable d’un nouvel exploit (*) ou penses-tu que, désormais, on va vous attendre au tournant ?

Romain Chabat : Je ne pense pas, je suis même certain que nous avons le collectif pour réaliser des exploits comme celui du 9 septembre dernier. C’est indéniable, nous serons un peu plus attendus au tournant. Mais il faut être réaliste, nous resterons cette saison le petit poucet et le petit promu chez qui tout le monde voudra venir gagner et voudra prendre le bonus offensif. Ça, nous en sommes tous conscients et personne ne s’emballe dans notre camp !

cultureSPORT : Peux-tu nous raconter un peu les prémices du club ? Quand es-tu arrivé d’ailleurs ?

Romain Chabat : Le club a été créé en juin 2010. Dès sa première année, le SAXV est monté en Fédérale 2. J’ai rejoint cette équipe lors de la saison 2013-2014 où nous avons vécu une aventure incroyable avec ce titre de champion de France invaincu (25 victoires en 25 matches). Pour l’anecdote, il reste encore 13 joueurs de cette aventure dans l’effectif de Pro D2. Lors de notre première année en Fédérale 1, nous avons terminé deuxièmes de poule et avons joué un quart de finale contre Nevers. L’an dernier, bien sûr, nous avons terminé la saison premier national à l’issue de la phase régulière et avons remporté notre match d’accession en demi-finale contre Bourg-en-Bresse.

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« On ne réalise pas tout ce que l’on a fait et là où on est actuellement. »

cultureSPORT : Ça te fait quoi de découvrir la Pro D2, de jouer dans des stades mythiques et de rencontrer des équipes historiques du rugby français ?

Romain Chabat : C’est une immense fierté et un véritable plaisir que je savoure tous les jours… Je suis tellement bien dans ce collectif et tellement à fond  que parfois, c’est vrai, on ne réalise pas tout ce que l’on a fait et là où on est actuellement ! Je n’ai jamais été en centre de formation et la Pro D2, je la regardais à la télé ou au stade du Hameau avec la Section Paloise. Pour cela, je suis conscient d’avoir la chance et le privilège de vivre ces moments.

cultureSPORT : Est-ce qu’au sein de la famille Chabat, une émulation se serait-elle installée ?

(voir notre article L’émulation expliquée par la famille Chabat)

Romain Chabat : Honnêtement, mon père a été le premier sceptique au fait que je quitte mon club natal de Morlaàs (dans le Béarn, ndlr). Puis, au fur et à mesure des victoires, il a compris que j’avais fait le bon choix. J’ai la chance d’avoir une famille qui me suit énormément à domicile comme en déplacement et ça, c’est toujours une chance pour nous, joueurs. Des kilomètres… ça, ils en ont fait pour nous suivre Estelle et moi. En retour, ils ont aussi vécu de belles émotions avec tous ces événements.

cultureSPORT : Suis-tu, avec attention, le parcours de ta sœur Estelle avec l’Aviron Bayonnais handball ?

Romain Chabat : Oui clairement. Après chaque week-end, je regarde les classements, les résultats et même les statistiques personnelles de ma sœur pour pouvoir la féliciter ou même la chambrer quand elle me rate quelques penaltys. Je respecte beaucoup le parcours de cette équipe (montée cette saison en Nationale 1 féminine, nldr) qui, avec ses moyens, a réalisé de très belles choses avec un effectif toujours très jeune et ça, c’est beau.

cultureSPORT : Selon toi, quelles sont les qualités de ta frangine ?

Romain Chabat : Sa générosité, sa persévérance, sa gentillesse, son goût du travail bien fait, sa loyauté, son goût pour la victoire et pour l’apéritif, son humour… ou pas (rires) !

(*) Propos recueillis par Nicolas Gréno le mercredi 14 septembre 2016 soit deux jours avant le match Soyaux-Angoulême – Béziers (@nicolasgrenon.greno@culturesport.net)
Crédits photos : Presse Sports via la page Facebook officielle de la Pro D2

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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