Le monde sportif se mobilise pour continuer de voir la vie en rose

INITIATIVES. Octobre Rose. Un petit ruban, pour un grand soutien. Comme l’an passé, les joueuses de l’Aviron Bayonnais Handball se sont mobilisées, à l’instar de nombreux clubs partout dans l’hexagone, pour mettre en avant l’Octobre Rose. Cette opération, qui promeut le dépistage du cancer du sein, prend chaque année de plus en plus d’ampleur.
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L’équipe de Nationale 1 de l’Aviron Bayonnais Handball. Crédit : Nicolas Gréno/cultureSPORT.

Le sport diminue les risques de récidives

Mais quel est le lien entre Octobre Rose et le sport me direz-vous ? Eh bien il existe. Il est même assez étroit. Hier soir, franceinfo: diffusait un reportage sur Anaïs Quemener. Cette jeune athlète de vingt-quatre ans a décroché un titre de championne de France de marathon… quelques mois seulement après avoir subi une ablation d’un sein. Invitée à répondre sur le sujet, Nathalie Ducongé, secrétaire générale de l’association Le cancer du sein, parlons-en a déclaré que « le sport était bénéfique lorsqu’il est pratiqué au moins trois fois par semaine et ce, pendant une heure. » En suivant une pratique sportive régulière, « on réduit de 30% les risques de récidive », avouait-elle.

Cette donnée, l’Aviron l’a bien saisie. Le club bayonnais a profité du fait que ses deux équipes seniors féminines (Nationale 1 et pré-région) aient joué conjointement le 15 octobre pour décorer la salle Lauga en rose et inviter l’association Life is Rose (voir encadré ci-dessous). « On a mis des ballons roses partout et demandé aux supportrices de venir avec une petite touche de rose, déclare Laetitia Aizpurua, responsable communication de l’Aviron. Certes c’est sympa de faire Octobre Rose mais le but est de sensibiliser les gens à l’année, avoue celle qui coache également les plus petits. Si ça peut aussi les sensibiliser… Ils ne vont pas spécialement comprendre la même chose que nous, mais peut-être que certains poseront des questions : « maman pourquoi c’est rose ? Pourquoi il y a octobre rose ? » Il faut toucher tous les publics, que tout le monde soit au courant de ce qui se passe. »

« Notre manière de leur envoyer de la force »

Fatou Diadhiou, elle, est déjà au courant. L’an passé, une de ses proches était atteinte du cancer du sein. « Elle va mieux, bien mieux même, sourit l’internationale guinéenne. Le cancer, ça part et ça revient. Du coup, cela peut se reproduire à tout moment. Une chose est sûre, je la soutiendrai jusqu’à la fin. » Pour symboliser son soutien sur les parquets, elle a personnalisé sa tenue de match. « J’ai ajouté des lacets roses à mes chaussures. » L’an passé, ses coéquipières avaient mis un ruban dans les cheveux, faute de ne pas pouvoir l’attacher au poignet. « Les joueuses ne peuvent pas mettre n’importe quoi », lance Laetitia Aizpurua. Règlement oblige. Du coup, les filles de Stéphanie Ludwig ont opté, cette année, pour des serre-poignets (voir photo).

« C’est notre manière de leur envoyer de la force, d’avoir une pensée pour elles, de leur montrer qu’elles ne sont pas oubliées », ajoute Justine Mourgoux. Instigatrice de l’opération l’an passé à l’Aviron, elle se souvient des coudières roses portées par les frères Karabatic. « C’était un honneur qu’ils aient mis en avant l’Octobre Rose. » L’arrière bayonnaise se rappelle aussi du clin d’œil des joueurs de foot US. « Ce n’est pas suivi qu’en France, c’est suivi mondialement. Le cancer peut toucher tout le monde et pourtant on n’aimerait pas que ça nous arrive ou que ça arrive à quelqu’un qu’on connait. Si nous ne sommes pas touchés directement, il faut se mobiliser pour les personnes qui souffrent. » La handballeuse pense notamment au versement de dons.


culturesport-nathalie-savariaudLife in Rose

Suite à son cancer du sein, Nathalie Savariaud a créé l’association Life in Rose en 2012. Au départ ancrée au Pays Basque, la structure bayonnaise, qui « accompagne des hommes, des femmes et des familles entières en situation de précarité sociale », s’est développée au niveau national. « On paye des loyers, des gardes d’enfants, des heures de ménages, des caddies de courses pour des personnes qui se retrouvent en difficulté à cause du cancer. » Life in Rose a ainsi lancé le premier programme d’assurance emprunteur pour les femmes qui ont été atteintes par le cancer du sein. « Octobre Rose est donc un moment important pour nous. »

Son rapport avec le sport : « C’est un moyen de se sentir mieux quand on est malade et pour retrouver un corps sain après les traitements, après la fatigue que cela génère. C’est très important que des clubs sportifs se mobilisent pour faire avancer la cause et pour que le message soit transmis. »

Nicolas Gréno (@nicolasgrenon.greno@culturesport.net)

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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