Yaëlle Hoyaux : « J’ai besoin d’apprendre du monde senior »

BADMINTON. Internationaux de France. Engagée pour la 2ème fois de sa jeune carrière aux IFB, Yaëlle Hoyaux, 18 ans, va bientôt laisser le circuit junior pour se consacrer pleinement au monde pro. Rencontre avec une joueuse engagée et méticuleuse.
European Championships 2016

Yaëlle aux championnats d’Europe 2016 au Vendéspace de Mouilleron-le-Captif (85) / Crédit : FFBad

cultureSPORT : 2016 est une année particulière pour toi puisque tu participes de plus en plus à des tournois seniors [notamment aux championnats d’Europe* au Vendéspace fin avril, NDLR]. Qu’est-ce que tu retires de ces expériences-là ?

Yaëlle Hoyaux : C’est vrai que c’est un peu une année de transition pour moi. J’ai besoin d’apprendre du monde senior qui va bientôt être le seul qui me reste dans quelques mois. Donc ça me permet de pouvoir finir mes années juniors avec plus d’expérience.

cultureSPORT : Une année de succès aussi : 3ème place en Bulgarie en double, médaille de bronze en simple au « 6 Nations Européen U19 », et puis championne de France junior, en simple et en double. De quoi engranger de la confiance pour ton début de saison ?

Yaëlle Hoyaux : Ah oui bien sûr ! C’est vrai que c’est des matchs et des titres très importants ! Ça permet de récompenser un peu tout le travail de l’année, surtout avec des médailles autour du cou.

cultureSPORT : Tu as eu ton bac scientifique en juin, en vue de suivre à distance une licence de psychologie via l’université de Toulouse II. Tu en es où actuellement ?

Yaëlle Hoyaux : Je suis en première année ! Et puis j’essaye de me mettre un peu dans ces cours universitaires que je ne connais pas vraiment.

cultureSPORT : Comment tu parviens à gérer les cours malgré le circuit international, les entraînements, et les interclubs avec l’US Talence ?

Yaëlle Hoyaux : Suivre les cours à distance c’est facile parce que cela me permet de m’adapter et de faire vraiment quand je veux et quand je peux pour travailler. Donc voilà je fais en sorte de travailler dès qu’il y a un moment de libre entre les entraînements et le soir pour pouvoir avancer au maximum.

cultureSPORT : Ta semaine type cela donne quoi ?

Yaëlle Hoyaux : On a des entraînements le matin, de 10h15 jusqu’à 12h30-13h00 et l’après-midi, de 16h30 jusqu’à 18h30-19h00. Du coup j’essaye de travailler le matin entre 8h00 et 10h00, l’après-midi entre 14h00 et 16h00, et le soir aussi quand je ne suis pas trop fatiguée de la journée.

cultureSPORT : Un mot sur l’association SOLIBAD dont tu vas porter le logo dorénavant ?

Yaëlle Hoyaux : C’est une association qui aide les jeunes (et même les moins jeunes) qui ne peuvent pas forcement s’acheter une raquette ou des chaussures dans les pays en difficulté. Il s’agit de les aider à pouvoir jouer tout simplement ! En portant leur couleur ou en donnant des raquettes ou n’importe quoi qui puisse justement leur permettre de promouvoir le badminton dans ces pays.

cultureSPORT : Comment tu as eu connaissance de cette association ?

Yaëlle Hoyaux : Celui qui s’en occupe principalement s’appelle Raphaël Sachetat. C’est un photographe qui vient sur les compétitions. Donc à force de le côtoyer, c’est devenu quelqu’un qu’on connaît bien. Et puis il m’a parlé de cette association-là ; je trouve que c’est quelque chose de très noble ! Ça me tenait à cœur aussi de les aider juste par mon image. Ça ne me coûte rien, c’est vraiment pour eux, pour les aider à travers cette association.

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Du 2 au 13 novembre auront lieu les championnats du monde junior par équipes et individuels à Bilbao (ESP) / Crédit : Compte Facebook officiel de l’événement

cultureSPORT : Ton sentiment vis-à-vis des championnats du monde junior** qui se tiendront à Bilbao : quelles sont vos ambitions par équipes ?

Yaëlle Hoyaux : C’est vrai que là on a une bonne poule on va dire. Donc on espère vraiment en finir premiers et aller jouer normalement l’Inde en sortie de poule. C’est le premier objectif qu’on se fixe parce qu’il faut en passer par là pour aller jouer les grands matchs derrières ; montrer qu’on a peut-être les capacités de jouer contre les meilleurs joueurs asiatiques.

cultureSPORT : Et au niveau individuel ?

Yaëlle Hoyaux : Ça va beaucoup dépendre du tableau. On verra une fois qu’il sera sorti. Là aussi c’est un peu comme les IFB : c’est prendre les matchs les uns après les autres et essayer d’aller le plus loin possible. Et puis me servir de l’expérience de mes deux championnats du monde juniors en Malaisie [(2014) éliminée en 1/16 en simple, et au 1er tour en double mixte avec Alexandre Hammer, NDLR] et au Pérou [(2015) éliminée en 1/16 en simple, et en double avec Delphine Delrue, NDLR] pour aller plus loin que les années précédentes.

Yaëlle, à propos des IFB

« C’est vrai que c’est toujours une compétition particulière : c’est en France ! Et on sait que le niveau est très élevé ! »
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Yaëlle Hoyaux, ce mardi 25 octobre, à la fin de son match perdu contre Perrine Le Buhanic / Crédit : page Facebook officielle de la FFBad

Yaëlle Hoyaux participait cette année aux « Yonex Internationaux de France de Badminton » dans la catégorie simple dames. Mais après avoir été exemptée de premier tour, elle a cédé face à sa compatriote Perrine Le Buhanic lors du 2ème tour de qualifications (21-15, 15-21, 21-17).

Voir aussi

  • L’interview de Philippe Limouzin à propos des IFB et de la formation française (ici).
  • L’entretien accordé par Toma Junior Popov, autre fer de lance de l’équipe de France junior (juste ).
European Championships 2016

Crédit : FFBad

* Yaëlle, 77ème joueuse européenne actuellement, y élimine l’Autrichienne Elisabeth Baldauf, 31ème joueuse européenne au 1er tour avant d’être sortie au tour suivant par la tête de série n°7 de l’époque, la tchèque Kristina Gavnholt.

** La France a terminé 21ème aux championnats du monde junior 2014, puis 17ème aux championnats du monde junior 2015.

Propos recueillis par Thomas Dupleix (@ThomasDupleix) le vendredi 14 octobre. Avec la participation de Marine Pirolley et  la collaboration de Cédric Leroy

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