« PGR, leona para siempre » : confidences d’une joueuse engagée (1/3)

RUGBY. Patricia Garcia Rodriguez, 26 ans, est l’une des joueuses de l’équipe féminine de rugby à 7 espagnol (Las leonas, les lionnes en français). Elle accepte pour notre équipe cultureSPORT de revenir sur ses jeux olympiques à Rio cet été, la place de son sport dans son pays ainsi que sur d’autres engagements, notamment politique.
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Crédit : PGR Rugby

« C’est le rêve d’une vie et c’est ce pourquoi on travaille pendant longtemps »
cultureSPORT : Comment analysez-vous vos Jeux Olympiques, à titre personnel, comme ceux de votre équipe ?

Patricia Garcia : A titre personnel, c’est vraiment une sensation bizarre, oui c’est bien le mot, car c’est vraiment le rêve d’une vie, ce pourquoi on travaille pendant longtemps et c’est génial quand ça arrive. Ensuite, au niveau rugbystique, on aurait pu faire beaucoup mieux sur le terrain mais il y a des bons moments avec cette équipe depuis 6 ans, le principal était déjà de se qualifier lors du tournoi pré-olympique en Juin .

cultureSPORT : Quelles ont été les forces et les faiblesses du Kenya, de la Nouvelle-Zélande et de la France dans la poule B ?

Patricia Garcia : Le Kenya a des joueuses très rapides avec une grande force physique mais elles ne sont pas dans les compétitions internationales comme les « World Series » et donc pour avoir de l’expérience à 7, ça joue beaucoup. Nous ne sommes pas les plus fortes ou les plus rapides mais au moins il y avait de l’expérience. La Nouvelle Zélande c’est les vice-championnes du «World Series », les championnes les années d’avant, c’est l’équipe la plus forte, on le savait déjà. Elles sont très rapides et physiques et sont capables chacune d’utiliser leurs points forts dans les bons moments d’un match et ça fait vraiment la différence. Enfin, la France a un jeu rapide, performant sur les duels ou elles marquent des points dans un temps très court sur des phases importantes : pénalités, touches et pourtant sa faiblesse, c’est sa constance : capable de tout lorsqu’elle est très en forme mais aussi de l’inverse s’il n’y a pas de concentration.

 « Je leur ai dit de profiter de ce rêve. Certaines filles arrêtent les études, le boulot et doivent s’y remettre une fois que c’est terminé. C’est un contexte de semi-professionnalisation difficile »
cultureSPORT : Battre le Kenya, affronter les finalistes du Tournoi (Australie-Nouvelle-Zélande), c’est une vraie expérience formatrice pour l’Espagne tout de même non ?

Patricia Garcia : Oui, tout à fait d’accord. Je pense que les vraies expériences formatrices ont été de jouer, l’Australie et les Fidji. On perd contre les australiennes, mais notre jeu s’était mieux développé tout comme les Fidji, où l’on gagne

cultureSPORT : Quel a été le schéma de jeu de votre équipe ? ; On constate que la majorité des actions sont parties de vos percées dans l’axe derrière les regroupements et de vos crochets courts !

Patricia Garcia : Le schéma de jeu était d’ouvrir le terrain pour essayer de trouver des espaces. J’ai le ballon là où il y en a et on le fait circuler d’un côté à un autre pour tenter de faire souffrir l’adversaire et tromper la défense.

cultureSPORT : Au-delà des résultats, quels ont été vos mots pour votre équipe ?

Patricia Garcia : Je leur ai dit de profiter, c’est la fin d’un projet de 6/7 ans ou certaines filles arrêtaient même le boulot, les études pour ce rêve. C’était un contexte difficile ou la professionnalisation est arrivée un peu tard ou s’était même semi-professionnel  car dès que ça s’arrête ces filles-là doivent retourner au boulot rapidement.

cultureSPORT : Quelle a été l’ambiance dans le stade (Deodoro) et l’engouement dans votre pays ?

Patricia Garcia : Très bien. Nous avons des liens très proches avec les pays sud-américains, au niveau de la personnalité, du caractère, on s’aime bien et on a pas mal d’espagnols, de supporters, de la famille ,des amis (ies) venus jusqu’à Rio, c’était génial.

cultureSPORT : Quels sont vos objectifs en World Series et éventuellement pour Tokyo 2020 ?

Patricia Garcia : Effectivement, le projet Tokyo 2020 a dejà commencé. On a que 6 anciennes joueuses dans l’équipe d’Espagne de rugby à 7 et tout le reste, ça va être des contrats pro et semi-pro de nouvelles joueuses. Pour les «World Series » l’objectif sera de former et de travailler avec les nouvelles joueuses, la jeunesse qui a du potentiel. Deux années avant Tokyo, le groupe sera fermé et on pourra travailler sur les performances.

Propos recueillis par Pierre-Alexandre Carré  (@carr_pierre64)

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