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Thomas Dolhagaray : « Ne pas brûler les étapes »

Sélectionné avec l’équipe de France U20 pour disputer le Tournoi des Six Nations 2020, Thomas Dolhagaray a signé son premier contrat pro avec l’Aviron Bayonnais. Il débutera en juillet 2022.

Il a dû mettre son école d’ingénieur dans le bâtiment de côté pendant quelques jours afin de pouvoir se mettre au service des Bleuets. Élève à l’ISA BTP d’Anglet, Thomas Dolhagaray a eu le privilège de participer aux deux premiers matchs du Tournoi des Six Nations U20 2020. Remplaçant lors du Crunch contre les Anglais à Grenoble (24-29), le joueur formé à Larressore a ensuite été titularisé face aux Italiens. « Malheureusement, je n’ai pas fait un très bon match, relate-t-il. J’étais un peu déçu de ma prestation. En plus, je me suis un peu blessé au genou. » Privé de Coupe du Monde à cause de la pandémie mondiale, le demi d’ouverture s’est consolé en décrochant un premier contrat chez les professionnels quelques mois plus tard.


cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : As-tu ressenti une once de pression lorsque tu as été appelé pour représenter l’équipe de France U20, double championne du monde en titre, au Tournoi des Six Nations ?

Thomas Dolhagaray : J’étais forcément très content d’être dans le groupe. J’avais hâte, je voulais profiter à fond de tous ces moments. Juste après le nouvel an, nous sommes partis en stage à Naples pendant une semaine. J’ai été bien accueilli (NDLR : par les joueurs déjà sélectionnés en 2019). J’étais à l’aise parce que je connaissais déjà pas mal de joueurs. J’ai pu retrouver des copains que j’ai côtoyés au pôle espoir de Bayonne. 

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Comment se déroule une semaine type à Marcoussis ?

Thomas Dolhagaray : Les journées sont calées comme celles que l’on peut connaître en club. On s’entraîne le matin et l’après-midi, séparément ou collectivement. On enchaîne ensuite avec de la musculation ou une séance vidéo. Pendant notre temps libre, on peut jouer au billard ou au baby-foot. Les installations de Marcoussis sont vraiment belles. Il doit y avoir cinq-six terrains, dont un couvert. La salle de muscu est très grande. Il y a même une salle de cryothérapie. Ce sont des choses qu’on n’a pas l’habitude de voir.

« Ça aurait été magique de gagner cette Coupe du Monde trois années de suite »

Thomas Dolhagaray

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Tu aurais pu prétendre à disputer la Coupe du Monde U20 qui devait se dérouler au mois de juin, en Italie. La frustration d’avoir loupé cette compétition est-elle passée ?

Thomas Dolhagaray : Je suis un peu déçu, c’est sûr. J’aurais bien aimé vouloir me bagarrer pour y aller. Mais au vu de la situation, on a vite compris que ça n’aurait pas été possible. Il n’y avait pas d’autre solution…

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : En plus le staff a dû régulièrement vous parler du possible triplé, ce qui amplifie peut-être cette frustration ?

Thomas Dolhagaray : Effectivement. Le fait de pouvoir défendre le titre avec une équipe différente était l’objectif principal de 2020. Ça aurait été magique de gagner cette Coupe du Monde trois années de suite…

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Cela vient souligner la qualité de la formation à la française. Que penses-tu de ta génération (2018-2020) ?
Thomas Dolhagaray : Selon moi, elle est très bonne. Certains jouent déjà en Top 14 comme Cheikh Tiberghien et Tani Vili à Clermont ainsi que Yoran Moefana avec Bordeaux-Bègles. Je pense qu’il y avait vraiment moyen de faire quelque chose sur ce Mondial U20.

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Le Mondial 2023 en France est-il dans un coin de ta tête ou est-ce encore un peu trop tôt ?

Thomas Dolhagaray : Les équipes de jeunes (U17, U18, U20 développement, U20), c’est une bonne chose, mais ce n’est pas une finalité. Toutefois, je ne veux pas sauter et brûler les étapes. L’idée n’est pas de se fixer des objectifs qui ne sont pas adaptés.

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Tu viens récemment de signer ton premier contrat pro avec l’Aviron. Même si cela semble être la suite logique, cela reste un accomplissement…

Thomas Dolhagaray : Petit, je n’aurais jamais pensé pouvoir en arriver là. Après mon entrée au pôle espoir, j’ai voulu rester à Larressore la première année. Mais Pierre Perez (NDLR : le responsable de l’époque) m’avait poussé à aller dans un plus grand club. C’est à ce moment que ça a commencé à être plus sérieux. J’ai hâte d’évoluer chez les pros.

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Justement, tu as déjà joué près d’une demi-heure en Challenge Cup, contre Toulon. Quelles sensations as-tu ressenti pour ton premier match avec tes aînés ?

Thomas Dolhagaray : Yannick Bru m’a dit qu’il voulait me faire jouer au moins un match en Challenge Cup. Même si nous avons pris cinquante points, j’en garde un très bon souvenir. C’était vraiment exceptionnel et impressionnant de pouvoir jouer à Mayol face à des stars comme Julian Savea ou Baptiste Serin.

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Comment abordes-tu cette dernière année dans la catégorie espoir et la bascule avec les pros ?

Thomas Dolhagaray : Je vais poursuivre les entraînements avec les pros tout en essayant de (re)jouer en coupe d’Europe. En ce qui concerne la saison 2022-2023, je vais sans doute être prêté. Le but est de trouver un bon club en Pro D2 afin que je puisse bénéficier d’un maximum de temps de jeu avant de réintégrer l’Aviron.

« Évoluer en Pro D2 serait vraiment une bonne expérience »

Thomas Dolhagaray

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Il subsiste un gap entre le championnat de France espoirs et la Pro D2. Les impacts ne sont, par exemple, pas les mêmes. Tu appréhendes ?
Thomas Dolhagaray : Oui, un fossé existe mais je suis impatient. J’ai envie de faire mes armes et de jouer un maximum. Évoluer en Pro D2 serait vraiment une bonne expérience.

cultureSPORT x Aviron Bayonnais Magazine : Tu mènes de front études et carrière rugbystique. Comment parviens-tu à combiner ces deux charges ? Avais-tu calculé le fait que ton cursus se termine au moment où tu vas commencer ton contrat pro ? 

Thomas Dolhagaray : Pas du tout ! J’ai toujours voulu garder quelque chose à côté, notamment en cas de grave blessure. J’essaie de m’adapter au mieux : je récupère et rattrape les cours après chaque entraînement. Pour l’instant, tout se passe bien. J’espère maintenant aller jusqu’au bout afin de pouvoir, ensuite, m’investir à fond dans le rugby.


Comment est-il venu au rugby ?

« J’ai commencé par jouer un an au foot. Puis, une fois, j’ai suivi mon père qui entraînait à Larressore. J’ai fait un entraînement et j’ai accroché direct. J’ai pratiqué la pelote, à main nue, pendant quatre ans en parallèle. J’ai arrêté lorsque j’ai intégré le pôle espoir. J’ai dû faire un choix, les deux n’étaient pas compatibles. » Au pôle espoir il a côtoyé Hugo Zabalza, Ismaël Martin et Aitor Hourcade, qui toujours à l’Aviron. D’autres sont partis ailleurs : Cheikh Tiberghien et Enzo Baggiani à Bordeaux, Gabriel Souverbie à Pau, Alexandre Lalanne à Mont-de-Marsan. Sam Tardits a, quant à lui, rejoint les États-Unis avec pour ambition de percer dans le foot américain.

Fiche d’identité

Prénom/nom : Thomas Dolhagaray
Âge : 20 ans (né le 21 mai 2000 à Bayonne)
Taille/poids : 1m80/78 kg
Poste : demi d’ouverture
Clubs : Larressore (2007-2015), Aviron Bayonnais (depuis 2015)
Sélections : France U17 (2017), France U18 (2018), France U20 développement (2019), France U20 (2020)

Propos recueillis par Nicolas Gréno (@nicolasgreno), le mercredi 11 novembre 2020. Crédits photos : Icon Sport, Isabelle Picarel/France Rugby.

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