Grand Prix de Monaco : le baromètre

Deux grosses sorties de pistes, une interruption de course, de la bagarre et un beau vainqueur: la manche monégasque n’aura pas surpris les puristes de F1 !

En hausse

L’équipe Mercedes-AMG
Miracle ! Les flèches d’argent sont enfin performantes sur la durée d’une course ! Après la mésaventure catalane, il était urgent pour les troupes allemandes de réagir. Décision a donc été prise de limer la piste de Montmelo durant trois jours, et ce avec l’aide de Pirelli. Les formations Red Bull et Ferrari ont d’ores et déjà porté réclamation pour ces essais secrets. Le brillant week-end de Nico Rosberg s’en trouve quelque peu entaché. Parti en pole position, l’Allemand est parvenu à gérer la meute derrière lui durant l’intégralité de l’épreuve, une remarquable performance. Ses gestions de sortie de la voiture de sécurité ont été exemplaires. La stratégie de Ross Brawn l’était un peu moins. Lewis Hamilton en a fait les frais, puisqu’il a perdu sa place sur le podium lors du premier arrêt, un pit-stop organisé dans la confusion pour cause d’intrusion du Safety-Car. Quoi qu’il en soit, sa quatrième place le satisfait bien plus que sa douzième place en Espagne. Avec ce beau résultat collectif, Mercedes-AMG recolle au groupe de tête au classement des constructeurs.

L’équipe Force India
Paul Di Resta a été l’auteur de la plus belle remontée ce dimanche. En s’élançant depuis le dix-septième rang, ses chances étaient fortement compromises. Or, c’était sans compter sur la magie de Monaco, avec ses nombreux rebondissements. Ainsi, l’Écossais terminait neuvième, sur les talons de Vergne (Toro Rosso) ; deux points qui ont été chèrement acquis ! Son coéquipier l’Allemand Adrian Sutil est revenu sur le devant de la scène après une traversée du désert entamée en Malaisie. Auteur de deux belles manœuvres sur des pilotes de grand calibre à l’épingle du Grand Hôtel (Button et Alonso), le pianiste a joué une belle partition, accordée avec une gestion de pneus irréprochable. Sa cinquième place sanctionne une course intelligente.

Jean-Eric Vergne (Toro Rosso)
Coiffé d’un casque hommage à François Cevert (pilote français des années 70 fauché en pleine ascension), Vergne a reçu l’aide divine afin d’échapper au chaos monégasque. Englué dans le trafic dès le départ, il a su éviter les divers incidents de course. Grâce aux multiples abandons, le Français est peu à peu remonté dans le classement pour finalement terminer huitième ! Les quatre points qu’il empoche sont les bienvenus, lui qui court depuis la Malaisie après un Top 10.

En baisse

L’équipe Lotus
La formation anglaise est sans aucun doute la déception de ce week-end atypique : seul un tout petit point a été glané aujourd’hui. Romain Grosjean est retombé dans ses coupables travers. Deux accidents en essais libres, une qualification passablement ratée (treizième) et pour clore le tout, un regrettable accrochage avec Ricciardo (Toro Rosso) au soixante-deuxième tour. N’ayons pas peur des mots : le Français a confondu vitesse et précipitation encore une nouvelle fois. Il faut noter qu’il roulait dans le ventre mou du peloton depuis le départ, il a surement dû être agacé par cette course anonyme qui s’est terminé dans l’aileron arrière de l’Australien. Le travail exemplaire des mécaniciens pour réparer par deux fois sa Lotus E21 n’a pas payé. Pour Kimi Räikkönen non plus, ses efforts n’ont pas été récompensés. Arborant un casque avec un dessin représentant l’ancien pilote James Hunt, Iceman a été la cible de Checo Perez en toute fin d’épreuve. Les avis divergent sur cette passe d’armes à la sortie du tunnel. Perez venait de très loin, et a accroché la voiture du Finlandais à l’arrière gauche. Räikkönen avait déjà abordé le virage, Perez ne pouvait pas passer d’après une déclaration du champion du monde 2007. Une crevaison forçait Kimi à changer de gommes, ce qui l’empêchait de défendre sa cinquième place. Il finissait dixième, après une remontée éclair.

L’équipe Ferrari
La Ferrari n’était pas du tout au niveau de la piste technique de Monaco. Le double vainqueur cette saison Fernando Alonso n’a pu compter sur son équipier Felipe Massa. Ce dernier est violemment sorti de la piste au virage de Sainte dévote, dans une erreur de pilotage similaire à celle commise samedi matin en essais libres. Le Brésilien s’est rendu à l’hôpital le plus proche pour passer des examens, bien qu’aucune blessure grave ne soit à noter. L’Espagnol s’est quant à lui battu avec les moyens du bord face au peloton de monoplaces, sans succès, laissant même passer Sergio Perez (McLaren), après une tentative avortée du Mexicain. Alonso a terminé à une septième position surprenante, la Scuderia ne s’attendait certainement pas à un tel échec. Sa troisième place au championnat des pilotes n’est cependant pas remise en cause.

L’équipe Marussia
Le Français Jules Bianchi a vécu un week-end « sans ». Après une séance de qualification fortement écourtée (problème technique), sa course s’est révélée du même acabit. Après avoir endommagé son cône lors du crash de Maldonado (voir ci-dessous), une défaillance du frein avant droit entraînait sa Marussia dans le mur à Sainte Dévote. Après un début de saison tout feu tout flamme, Bianchi rentre malheureusement dans le rang, pour l’instant du moins. Son équipier, le rookie Max Chilton a quant à lui fait (enfin) parler de lui, mais pour une mauvaise action. En effet, lors du quarante-sixième passage, la Marussia noire et rouge s’est rabattue sur la trajectoire peu avant le virage du Tabac. Problème : la Williams de Pastor Maldonado effectuait une manœuvre de dépassement ! Ce qui devait arriver, arriva : les roues des deux machines s’accrochèrent, expédiant le Vénézuélien dans le rail, puis dans le mur Techpro. Ces nouvelles protections ont une fonction similaire à celle d’un mur de pneus classique. Cependant, ces blocs se sont désolidarisés du rail sous la violence du choc, entraînant une interruption de course ! La piste était obstruée par les protections. Les commissaires ont eu du pain sur la planche, pour tout remettre en l’état. Chilton a écopé à juste titre d’une pénalité de passage par les stands. Quant à Maldonado, il est sorti de sa carcasse sans la moindre égratignure.

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  1. Nath

    Les résultats de Lotus sont très décevants d’autant plus que le Duo Daft Punk avait misé sur l’écurie de Romain Grosjean pour une grosse opération marketing.

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