Francis Lafargue : « J’ai et j’aurai toujours beaucoup de respect pour les coureurs »

Après vous avoir fait vivre le Tour de France de l’intérieur sur Culture Sport, en vous montrant les à-côtés de la plus grande course du monde, Francis Lafargue prépare ses bagages pour la Vuelta. Avant de s’envoler pour l’Espagne, l’ancien attaché de presse de la Banesto puis de la Caisse d’Epargne, nous parle de sa passion toujours vive pour le cyclisme, du retrait de l’équipe Euskaltel-Euskadi mais aussi de la création d’un nouveau site internet dédié à l’histoire du cyclisme Basque Français, BascoVélo.

Culture Sport Francis Lafargue et Romain Sicard

Francis, depuis juillet 2011, que devenez-vous ?
Je suis toujours dans le cyclisme puisque qu’après avoir collaboré avec une équipe espagnole jusqu’en 2011, j’ai créé depuis ma propre structure pour continuer dans le domaine des relations publiques et de consultant toujours dans le monde cycliste. Mon expérience et mes contacts me permettent donc de vivre d’un métier-passion. Un privilège, je le reconnais.

Etes-vous toujours autant passionné ?
La passion elle existe toujours heureusement même si ces dernières années ont été difficiles pour le cyclisme en particulier avec l’affaire Amstrong. Quand je vis par exemple une étape comme celle de Saint-Amand-Montrond avec les bordures et les gars qui relancent au millimètre je suis épaté, en extase ! C’est du grand art. Pas sûr que tout le monde comprenne mais inversement je reconnais être moins connaisseur en tennis ou tauromachie…

Culture Sport Francis Lafargue Tour de France 2013

Vous avez couvert le dernier Tour de France. Nous avons pu le voir sur Culture Sport par le biais de belles photos nous montrant les coulisses du Tour. Mais pouvez-vous nous dire ce que vous avez fait et pour qui ?
J’ai donc couvert mon 31e Tour de France au sein de la jeune équipe française Sojasun qui roulent sur des vélos BH dont j’assure le partenariat. Les neuf coureurs ont terminé à Paris et c’est une nouvelle expérience humaine qui me réconforte une nouvelle fois. J’ai et j’aurai toujours beaucoup de respect pour les coureurs cyclistes malgré les critiques actuelles.

Qu’avez-vous pensé de cette centième édition de la Grande Boucle ?
On l’a vu sur cette centième édition encore. Que voulez-vous que je vous dise, Chris Froome était au dessus du lot avec son équipe (Sky, ndlr) mais je pense que ses poursuivants auraient été critiqués de la même façon s’il avait été absent. Celui qui gagne va toujours trop vite… et les commentateurs de tous bords ont certainement leur part de responsabilité.

Le 19 août dernier, Paul Maye aurait dû avoir 100 ans. Vous avez rédigé un livre sur ce grand cycliste Basque. Qu’évoque-t-il pour vous ?
Culture Sport Paul Maye Le volcan Basque par Francis LafargueC’est vrai, je me suis fait plaisir en publiant un livre sur Paul Maye qui aurait eu 100 ans le 19 août. C’est de l’histoire ancienne certes mais quelle histoire ! Et puis on l’a connu le « volcan basque » puisqu’il nous a quitté en 1987. Il m’aimait bien et m’avait parlé de ses albums photos qu’il me prêterait et qu’il avait soigneusement classés dans sa villa de Chiberta à Anglet. Le fait d’avoir fait le Tour dès 1983 nous a sans aucun doute rapprochés à l’époque. J’ai toujours eu l’esprit curieux et sa carrière ne pouvait tomber dans l’oubli. Un devoir de mémoire et une nouvelle expérience aussi.

Quels sont vos prochains projets ?
Le devoir de mémoire dont je parlais précédemment est aujourd’hui devenu un site nommé BascoVélo que l’on va développer en équipe car il y a des priorités tout de même. Mais l’esprit de ce site consacré au cyclisme basque français consiste à remettre en valeur les hommes, les clubs, les courses avec des archives, photos, témoignages, etc; de créer une mémoire vivante pour les passionnés. On parle du passé mais il faut vivre aussi avec le présent bien entendu et ce site BascoVélo n’oubliera pas non plus les thèmes d’actualités. J’espère que les amoureux du cyclisme local nous suivront dans cette démarche originale. En attendant je serai sur la Vuelta en tant que consultant pour le compte de Carrrefour qui parraine le maillot de leader.

Culture Sport Vuelta 2013 & Carrefour

Que pensez-vous du parcours du prochain Tour d’Espagne, qui va s’élancer samedi depuis Vilanova de Arousa ?
C’est une Vuelta comme l’an passé qui promet du spectacle avec de nombreuses arrivées au sommet, de la montagne et des coureurs espagnols toujours motivés devant leur public.

La formation Euskaltel-Euskadi a annoncé qu’elle mettait la clé sous la porte en fin de saison. On voulait demander à l’auteur de l’ouvrage des « 100 ans de Tour de France en Pays Basque » ce qu’allait désormais devenir le cyclisme Basque ?
Culture Sport Euskaltel Euskadi 2013Concernant l’arrêt de l’équipe Euskaltel-Euskadi, c’est pour moi un sentiment de tristesse et de frustration à la fois. J’avais de très mauvaises nouvelles depuis le Tour de France et derrière cette situation qui peut devenir dramatique pour certains coureurs et n’oublions pas membres de l’équipe, c’est toute la fragilité du système World Tour qui se dévoile. La crise économique bien sûr mais l’incapacité de toutes les familles du cyclisme de l’UCI aux équipes en passant par les organisateurs qui veulent les meilleures équipes au départ, de trouver un système équitable. Et cela dure… La mondialisation, l’offre et la demande et l’absence de points UCI qui condamnent les travailleurs de l’ombre comme Pierre Cazaux l’an passé, c’est un échec pour le cyclisme d’aujourd’hui avec cette disparition. Mais n’est-ce pas le reflet de notre société ?

Crédit photos : Elise Eymeri, Le Coq Sportif

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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