Dans le rétro de l’histoire F1 : GP de Belgique 1998

Voici le troisième numéro de notre série retraçant l’histoire F1 dans cette dernière décennie. Aujourd’hui, Dylan revient sur le Grand Prix de Belgique 1998. Une édition marquée par des carambolages en série.

Culture Sport Grand Prix de Belgique 1998

Spa-Francorchamps : Spectacle diluvien !

Présentation du GP

Le treizième rendez-vous du championnat du monde de Formule 1 1998 se déroule sur le mythique circuit de Spa-Francorchamps, en Belgique. Pouhon, les Combes, Kemel, le Raidillon et la chicane de l’arrêt de bus sont les noms célèbres de virages de ce tracé historique de la F1. En effet, ce circuit est présent depuis le premier championnat du monde en 1950 ! Et malgré les modifications chargées d’améliorer sa sécurité, ce circuit respire encore et toujours la tradition de la Formule 1. Parmi les nombreux vainqueurs, citons Juan Manuel Fangio, Jim Clark, Emerson Fittipaldi, Niki Lauda, Alain Prost, Ayrton Senna (quintuple vainqueur !) et Michael Schumacher (quadruple lauréat et tenant du titre). Ce circuit est également réputé pour sa météo incertaine, ce qui pimente cette course.

Contexte de la saison

Cette saison marque une nouvelle fois la conquête du titre mondial par Ferrari et son leader Michael Schumacher. L’homme qui lui barre la route n’est plus sur une Williams (qui a perdu de sa superbe). C’est désormais sur McLaren-Mercedes que le Finlandais Mika Häkkinen domine les débats. Grâce à son ingénieur miracle, Adrian Newey, cette voiture est supérieure à la Ferrari, mais Schumacher, avec toute sa hargne, se bat. Sur ce circuit, il aura une nouvelle fois déçu le grand public par une manœuvre honteuse, comme à Jerez en 1997, alors qu’il était largement en tête… Avant ce treizième rendez-vous, c’est Hakkinen qui domine le championnat avec sept points d’avance sur l’Allemand. Chez les constructeurs, McLaren-Mercedes domine Ferrari de vingt-trois unités. Ce treizième chapitre de la saison est donc très important pour la suite.

Les qualifications

Lors de la séance de qualification, c’est McLaren qui domine les débats, en plaçant son leader Hakkinen devant son équipier David Coulthard. Damon Hill, le champion du monde 1996, réalise le troisième chrono sur sa Jordan-Honda. Michael Schumacher signe le quatrième temps. Cette séance de qualification s’est déroulée sur piste sèche, contrairement à la course du lendemain, qui sera une des plus spectaculaires de l’Histoire…

Le déroulement de la course

Le lendemain, se sont donc des trombes d’eau qui accueillent ce rendez-vous. Sur la grille de départ, le débat fait rage entre ceux qui veulent partir avec la voiture de sécurité (les McLaren) pour éviter le danger, et surtout pour éviter le risque de départ arrêté, et ceux qui veulent partir sans voiture de sécurité (les Ferrari), pour permettre de prendre des risques et gagner des places. En effet, l’Allemand Schumacher adore la pluie.

Le départ est donné le dimanche à 14 heures sans voiture de sécurité, du coup, tout le monde est prudent dans le premier virage. Hakkinen en sort en tête. Dans la descente de la chicane de la Source, David Coulthard, équipier du Finlandais, se met en travers, tape le mur et revient sur la piste. C’est le carambolage général ! Treize voitures dans un accident démentiel, le plus gros crash de l’Histoire de la Formule 1, heureusement sans aucun blessé. En 1998, les équipes disposaient d’une voiture de remplacement ou de deux pour les équipes aux moyens les plus importants. Néanmoins, quatre pilotes ne pourront pas repartir, faute de voiture de remplacement, dont le Français Panis, vainqueur sous les trombes d’eau du Grand Prix de Monaco 1996. En effet son équipe Prost Grand Prix, celle d’Alain Prost, ne possède pas les moyens pour préparer une deuxième voiture de réserve, qui ira à son équipier Jarno Trulli, mieux classé sur la grille. La course est évidemment interrompue, les équipes se préparent pour le nouveau départ.

Celui-ci est donné sans voiture de sécurité, avec dix-huit voitures. Nouveau coup de théâtre. Damon Hill prend la tête au premier virage et Mika Hakkinen, le leader du championnat, part en travers. La Sauber de Johnny Herbert ne peut l’éviter et tape dans la McLaren ! Ça n’est fini pour Häkkinen ! La voiture de sécurité intervient pour dégager les débris.

La voiture de sécurité rentre après un tour, et Damon Hill mène la danse devant les Ferrari de Michael Schumacher et d’Eddie Irvine. Le premier français est Jean Alesi, quatrième sur Sauber, il précède Jacques Villeneuve, le champion du monde en titre sur Williams-Mecachrome. Au huitième tour, Schumacher dépasse Hill, le voilà en tête. On imagine l’Allemand s’envoler sur un circuit qu’il apprécie, ce circuit a accueilli sa première victoire. De plus, sous la pluie, il est très fort. Dans le huitième tour, Eddie Irvine, son équipier, tape le mur et casse son aileron. Il va dégringoler au classement. La pluie tombe de plus en plus fort, Schumacher s’arrête aux stands pour chausser les pneus grosse pluie et écrase la concurrence jusque-là. Car un événement incroyable va se passer.

L’Allemand revient sur David Coulthard, en grosse difficulté sur sa McLaren. Il est huitième ! Schumacher lui prend un tour. Il revient trop fort à l’accélération et le percute à pleine vitesse ! Incroyable ! La Ferrari s’est littéralement encastrée dans l’arrière de la McLaren. Schumacher a donc détruit son aileron, sa suspension avant et a perdu une roue avant. Coulthard son aileron arrière ! La polémique va rebondir car la Ferrari de Schumacher a percuté la McLaren de Coulthard ! Et l’Allemand continue sur trois roues ! Le tricycle rouge se dirige vers son stand pour abandonner, de même pour Coulthard.

Schumacher, furieux, persuadé que Coulthard a ralenti volontairement, met pied à terre, quitte son stand, pour se diriger ensuite vers Mclaren, pour casser la figure de l’Ecossais ! Il arrive devant le stand, est retenu par Jean Todt, le directeur sportif de Ferrari et les mécaniciens de McLaren. Schumacher se calme et se dirige vers son stand, en couvrant d’insultes Coulthard. Quel culot ! Schumacher, l’homme qui a voulu faire abandonner Villeneuve à Jerez l’année précédente, ose donner des leçons de sportivité ? En tout cas l’ambiance est électrique entre les deux plus grandes écuries, et par cette agressivité idiote, Schumacher a une nouvelle fois entaché sa réputation. Un grand champion ne doit pas se comporter de la sorte…

Profitant de cette action, c’est Jordan-Honda qui domine la course, en plaçant Hill devant Ralf Schumacher, le frère de Michael, en tête du Grand Prix, et le Français Alesi, sur Sauber troisième ! Quelques tours plus tard, un violent accrochage implique Giancarlo Fisichella sur Benetton et Shinji Nakano sur Arrows, qui fait rentrer la voiture de sécurité.

Damon Hill remporte finalement cette victoire, la première de l’histoire de Jordan Grand Prix, l’écurie d’Eddie Jordan. Hill devance son équipier Ralf Schumacher, et l’Avignonais Alesi, sur Sauber. Sous la pluie, le Français, est un génie. Un Grand Prix passionnant et marqué par un zéro pointé pour Ferrari, Schumacher, McLaren et Hakkinen, qui aura profité aux petites équipes pour marquer des points. Le titre se jouera au Japon à Suzuka, où Hakkinen sera titré.

A lire aussi

#1 : Grand Prix de Monaco 1996
#2 : Grand Prix d’Europe 1997

Article rédigé par Dylan Pastor
Crédit photo : DR

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

There is one comment

  1. schumiyann

    Vous n’aimez peut être pas Schumacher, mais ce n’est pas une raison pour le critiquer de la sorte dans votre article.

    Vous avez votre point de vue, c’est une chose, mais quand on rédige un article, il est judicieux de vouloir rester impartial…

    J'aime

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