Alexandre Porcheron : « Faire découvrir les coulisses d’une équipe de façon décalée »

C’est le job en or pour tous les amoureux de cyclisme. Trois semaines non-stop à sillonner les routes du Tour de France au sein d’une équipe professionnelle. Alexandre Porcheron a eu cette chance, pour la deuxième année consécutive. Plus connu sous le nom du « Stagiaire FDJ », il est l’acteur d’une série de vidéos réalisées pour le compte de la Française des Jeux. Populaire sur les réseaux sociaux, il a animé les trois semaines du Tour avec un humour bien à lui.

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cultureSPORT : Comment as-tu intégré la FDJ ?

Alexandre Porcheron : Le Stagiaire FDJ est avant tout un programme de communication. Le but était d’avoir un jeune homme en « inside », permettant de faire découvrir les coulisses d’une équipe de façon décalée et décontractée. A ce titre, c’est la société Velobs qui travaille pour l’équipe FDJ qui m’a proposé le projet l’année dernière, au sein du programme du Zap, et qui l’a renouvelé cette année avec plus d’importance. Certes j’ai redoublé, mais avec classe ! En fait, j’ai eu beaucoup de chance de me trouver au bon endroit au bon moment pour intégrer l’équipe. La chance ? Le destin ? Que sais-je ? Après deux Tour de France, et surtout après ce dernier, j’ai toujours du mal à m’en remettre !

cultureSPORT : Quel était ton rôle dans l’équipe ? Dans quel but l’as-tu intégré ?

Alexandre Porcheron : Je devais montrer toutes les facettes et les rôles qui existent dans une équipe aussi importante et sur un événement aussi important ! J’ai essayé de parcourir le plus de métiers différents au sein de l’équipe, en essayant évidemment à chaque fois d’aider mais surtout de comprendre les missions et les petits secrets de chacun. Je pense que le Stagiaire (oui je parle de moi à la 3ème personne, comme Jules César) leur permettait, même dans ses maladresses, de faire découvrir leurs univers, et surtout dans un ton décalé et décontracté. C’était le plus important, qu’ils n’aient jamais l’impression de s’ennuyer lorsqu’ils m’expliquaient leur travail.

cultureSPORT : Quel est ton plus beau souvenir sur ce Tour de France ?

Alexandre Porcheron : J’ai envie de sortir l’événement que la galaxie entière attend … la victoire de Thibaut à l’Alpe d’Huez ! Bon, je sais, cela paraît évident. Mais après le Tour vécu par l’équipe, dans la difficulté la plupart du temps, ce fut un exutoire énorme. Une délivrance, surtout pour le Stagiaire qui se sentait coupable de ce mauvais Tour (je suis anxieux de nature…). Au-delà de ça, j’ai évidemment pleins de beaux souvenirs. Si je devais en ressortir un, ça serait peut-être la journée dans la voiture de DS1 (ndlr : directeur sportif 1), complètement hallucinante de beauté, de tension et de stress. Je n’en revenais pas, j’ai d’ailleurs dû m’évanouir plusieurs fois. Il y a aussi les retrouvailles à Utrecht qui furent magiques. Et puis les Champs Elysées aussi, et la décontraction juste après l’arrivée. La journée avec les supporters de Ladagnous était assez dingue, tout comme la montée de l’Alpe d’Huez où je me suis souvent arrêté au bord de la route, ou la journée avec les mécanos ! Ah j’arrête, il y en a trop, la question est fourbe. Respectez mon jardin secret !

cultureSPORT : Quel cycliste t’a le plus impressionné lors de cette 102e édition ?

Alexandre Porcheron : Etant fan de vélo depuis mon enfance, la moindre vue d’un coureur reste impressionnante ! J’étais à la fois admiratif et intimidé… Celui qui m’a le plus impressionné, c’est quand même Peter Sagan ! Là, à part se prosterner devant le passage de cet athlète, je ne vois pas ce qu’on peut faire d’autre. Ils restent tous impressionnants quand même. Je ne voudrais pas faire de jaloux…

cultureSPORT:  Tu as vécu au cœur de la FDJ pendant 3 semaines. L’équipe était très attendue. Comment gère-t-on la pression, les bons et les mauvais moments sur une course comme le Tour de France ?

Alexandre Porcheron : Je pense que l’équipe a vécu au jour le jour. Surtout après les déboires du début, les malchances de Thibaut, la chute de William. Malgré toutes ces minutes de perdues et les résultats sportifs qui n’étaient pas au rendez-vous, j’ai trouvé que toute l’équipe s’est vite remobilisée. C’était assez surprenant pour moi de voir que la confiance et l’envie prédominaient malgré tout. Ensuite, chaque jour avait son lot d’objectifs, d’envies, de pression. C’est pour ça que je devais avant tout respecter cela et m’adapter pour les vidéos. Je m’obligeais toujours à être respectueux et soucieux de leur confort et de leurs efforts. Un stagiaire doit savoir rester à sa place, non ? Au moins dans les mauvais moments. Quant aux bons moments, il s’agissait juste de se laisser porter par l’émotion, et ça, c’était plutôt facile !

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cultureSPORT : On oublie bien souvent que derrière les cyclistes, il y a beaucoup de monde qui contribuent à la réussite d’une l’équipe. C’était important pour toi d’en parler dans tes vidéos ?

Alexandre Porcheron : C’était primordial ! L’objectif de ces vidéos était également celui-là, de faire découvrir ces personnes de « l’ombre » (ils me pardonneront le terme). Surtout que l’on ne s’imagine pas vraiment, sans être au cœur d’une équipe, toutes les tâches parfois infimes et redondantes qui ont un impact considérable sur le bon déroulement de la course. Le stagiaire devait donc mettre en lumière ces personnes et leur rendre hommage à sa manière. Bon peut-être que je les ai ralenti parfois, ou même carrément déstabilisées ! Ah oui tiens en y repensant… Moi, en tout cas, j’ai adoré tous ces moments privilégiés avec le staff !

cultureSPORT : Les membres de la FDJ (coureurs et staff) se sont-ils facilement prêtés au jeu ?

Alexandre Porcheron : Oui et dès le début ! J’ai été agréablement surpris par leur accessibilité et leur proximité, et cela dès les premières étapes alors qu’il y avait beaucoup de pression et de tension. Mais pendant toute la durée du Tour, ils ont été super ! Que ce soit les coureurs ou le staff, c’était super de les côtoyer car il y avait toujours un petit mot, un petit sourire, une petite blague dès que je les abordais. Ce fut un réel plaisir car je sentais leur implication. Quand on sait que sportivement, ça n’a pas été facile pendant une grande partie du Tour, ça montre bien leur état d’esprit et l’ambiance qui règne dans ce groupe. Bon par contre, visiblement, ils aiment arroser le Stagiaire… Je ne sais pas, sans doute une tradition qui remonte au début du XXème siècle, je ne vois que ça. Disons que c’était sûrement une marque d’affection !

cultureSPORT : Quels sont tes projets avec la FDJ à présent ?

Alexandre Porcheron : Pour cette question, je vais demander le 50/50. Ou plutôt le vote du public. Question complexe, mais qui révèle son lot de mystère ! Mystère, vous vous en doutez, que je vais m’efforcer de garder pour moi encore quelque temps. Je ne vous ai pas déjà demandé de respecter mon jardin secret ?

Pour ne rien manquer du Stagiaire FDJ

Sur Youtube youtube.com/playlist?list=PLe5R-MPW8r0n1OQADSryfE_jsk1YPXNaN,

sur Facebook : facebook.com/lestagiaire,

et sur Twitter : twitter.com/StagiaireFDJ.

Propos recueillis par Eloïse Guillermic. Merci à Alexandre Porcheron pour sa disponibilité. Crédit photos : Equipe cycliste FDJ / Nicolas Götz

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