Léa Mazza, jeune fille pleine d’avenir

Léa Mazza a débuté l’athlétisme en fauteuil il y a deux ans seulement, mais la voilà déjà au sommet, à 15 ans. Fin juillet, elle est revenue de Croatie avec les titres de Championne d’Europe junior du 100m et 200m, en catégorie T54. Nous avons rencontré la meilleure athlète française sur ces deux disciplines cette saison.

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cultureSPORT : Comment as-tu découvert l’athlétisme handisport ?

Léa Mazza : J’ai participé aux Jeux de l’Avenir à Valence en 2013, mais en tant que nageuse. J’ai fait une course et à la fin un monsieur est venu me voir et m’a dit qu’il y avait une exposition de fauteuils d’athlé à l’entrée de la piste. Je suis donc allé voir et ça ne m’a pas trop intéressé au début. J’ai ensuite été inscrite à un stage handisport au cours duquel, il y avait ce sport-là. Les responsables du stage m’ont mis sur l’athlé parce qu’ils voulaient vraiment que j’essaie. J’ai trouvé un club la saison suivante…

cultureSPORT : Justement, comment as-tu rejoint l’Iroise Athlétisme, ton club actuel ?

Léa Mazza : C’est la responsable d’Handisport Bretagne qui s’en est chargé. Je voulais faire de l’athlétisme et ils ont essayé de me trouver un club et un entraîneur. Il me semble qu’ils avaient déjà rencontré le club de Saint Renan* (Finistère) parce que les responsables voulaient créer quelque chose autour du handisport, développer le handisport.

cultureSPORT : Parle-nous de tes entraînements…

Léa Mazza : J’ai trois entraînements par semaine, avec des horaires qui me sont spécifiques. J’ai également trois entraîneurs. Il y a Godelieve mon entraîneur « général », Bruno qui conçoit les plans d’entraînement et Denis. Denis c’est la première personne qui m’a entraîné, il suit mon évolution, ma progression.

cultureSPORT : Tu pratiques le 100m et le 200m. Tu n’as pas essayé de distances plus longues ?

Léa Mazza : J’ai essayé le 400m à l’entraînement et j’ai encore un peu de mal. Je pense que je vais travailler ça cette saison et pourquoi pas faire de la compétition plus tard sur cette distance.

cultureSPORT : Tu as fait quelques compétitions avant d’aller aux Championnats de France ?

Léa Mazza : Avant les Championnats de France, je suis allé à Lamballe. Il y avait une rencontre sportive et ils avaient organisé une petite compétition. C’est là que je me suis qualifié.

cultureSPORT : Tu n’avais qu’une compétition avant les « France » ?

Léa Mazza : Oui.

cultureSPORT : Ce n’est pas beaucoup…

Léa Mazza : Ah non !

cultureSPORT : Tu aurais aimé plus de compétitions au cours de la saison ?

Léa Mazza : Oui, afin d’être mieux préparée. Après, comme c’était l’année où je faisais mes premières compétitions j’y allais doucement, je n’enchaînais pas tout d’un coup. Mais à la rentrée je vais me mettre à la route, en plus de la piste. Donc je vais en avoir un peu plus je pense.

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cultureSPORT : Il y a beaucoup de filles, comme toi, qui font de la compétition sur le département ou la région ?

Léa Mazza : Je ne sais pas, je n’en connais pas en tout cas. A Lamballe par exemple, j’étais toute seule à faire du fauteuil d’athlé. Parce que justement les autres découvraient ce sport et avaient des fauteuils de basket ou de ville. Aux championnats de France on était trois… Sur chaque course on était trois. Et sur l’une des courses on était avec des gars, ils nous ont tous regroupés.

cultureSPORT : A ton avis, pourquoi y a-t-il aussi peu de monde en athlé fauteuil dans ta catégorie ?

Léa Mazza : On m’a expliqué qu’il n’y avait pas beaucoup de filles qui pratiquaient ce sport. Je pense qu’à la base ce n’est pas un sport de fille, il faut vraiment être musclé du haut du corps. Je sais que c’est un peu pour ça que peu de filles pratiquent l’athlé fauteuil. Après, des garçons je sais qu’il y en a beaucoup. A chaque fois que je vais en compétition il y en a pleins.

cultureSPORT : Revenons sur les Championnats de France. Ils ont constitué ta première compétition majeure. T’attendais-tu à avoir le titre au vu de tes résultats de la saison, de tes entraînements ?

Léa Mazza : Non parce que quand je suis arrivée je ne savais pas s’il y avait de la concurrence. Au final sur mon 100m je me suis retrouvé avec deux filles. Je me suis dit que je pouvais peut-être décrocher le titre parce que je ne connaissais pas du tout leur niveau. Je pense que j’étais un peu au dessus. Après mon 100m j’étais rassurée parce que je me disais que sur le 200m je retrouverai les mêmes filles et que donc j’avais une chance de l’emporter à nouveau.

J’étais sûre d’avoir le titre

cultureSPORT : Avec ce titre décroché quelques semaines plus tôt, comment as-tu abordé les Jeux européens de la Jeunesse ?

Léa Mazza : Pour les championnats d’Europe je me suis dit que ça allait être difficile, parce qu’il y aurait beaucoup plus de concurrence. Finalement je me suis retrouvé toute seule à faire de l’athlé fauteuil. Pourtant, même mon entraîneur m’avait dit qu’aux « Europe », avec tous les pays représentés, il y aurait beaucoup de monde. Déjà, je m’attendais à ce qu’il y ait l’Angleterre et la Suisse parce qu’ils sont spécialisés dans la fabrication de fauteuil, c’est vraiment leur sport. Donc en fait, j’étais sûre d’avoir le titre !

cultureSPORT : Dans ces cas-là on regarde plutôt le chrono. Tu as fait un bon temps, tu étais contente de toi ?

Léa Mazza : Oui parce que du coup, comme les objectifs ont changé, mon but était surtout de battre mes records personnels puisque je n’avais aucune concurrence. J’ai réussi à le faire sur le 100m (20″18 ; 39″17 sur 200m).

cultureSPORT : Qu’est-ce que tu retiens de ces Jeux Européens ?

Léa Mazza : C’était une bonne compétition, même si j’étais toute seule. Ça m’a vraiment fait découvrir l’ambiance d’une grosse compétition. Parce que mis à part ma discipline, il y avait pas mal de monde.

cultureSPORT : Est-ce que tu t’es vraiment rendu compte que tu participais à un événement aussi important ?

Léa Mazza : Je n’ai vraiment réalisé qu’au moment où on est rentré dans la compétition. C’est-à-dire au moment où les encadrants nous ont fait un discours. Ils nous ont expliqué que la compétition commençait, et qu’il ne fallait plus rigoler. C’était vraiment carré donc je me suis dit, ça y est j’y suis !

*Le club d’athlétisme de Saint Renan « La Foulée Renanaise » est une section de l’Iroise Athlétisme, qui en compte 5 au total.

Propos recueillis par Eloïse Guillermic. Merci à Léa Mazza pour son accueil et sa disponibilité. Crédit photos : Léa Mazza, Handisport Brest.

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