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Athlétisme Divers Interviews Les jeunes pousses du sport

Paroles de runner #3 : Nicolas Mariani

Les professionnels ne sont pas les seuls à prendre le départ de course à pied. Des amateurs acceptent eux aussi de relever le défi et d’endurer les mêmes souffrances. Pour mettre en lumière leur dévouement et leur courage, nous avons lancé « Paroles de runner ». Aujourd’hui, troisième épisode avec Nicolas Mariani, 20 ans, coureur d’Anglet (Nouvelle-Aquitaine) licencié au Pays Basque Athlétisme.

cultureSPORT : Raconte-nous tes premiers pas dans la course à pied ?

Nicolas Mariani : J’ai effectué mes premiers tours de piste il y a maintenant près de dix ans. Auparavant, je jouais au foot au sein des Genêts d’Anglet mais du fait que je courrais sans cesse partout sur le terrain, mon père m’a rapidement conseillé de m’inscrire dans un club d’athlétisme. Et ce que l’on peut dire, c’est que mon père avait vu juste car je me suis rapidement pris d’amour pour l’athlétisme, un sport qui selon moi est encore trop souvent mis à l’écart. Au cours de mes premières années, comme l’ensemble des athlètes, j’ai touché un peu à toutes les disciplines. Et c’est vers l’âge de seize ans à la suite d’interclubs où j’ai réalisé un temps assez exceptionnel sur 800 m (2’06) que j’ai tout naturellement décidé de me spécialiser dans le demi-fond et plus particulièrement sur cette distance.

cultureSPORT : Qu’aimes-tu dans cette discipline et qu’est-ce qui est le plus difficile ?

Nicolas Mariani : Ce qui me plaît dans cette spécialité, c’est qu’elle m’oblige chaque jour à être capable de repousser un peu plus mes limites pour continuer à progresser et encaisser de la meilleure façon la douleur. J’apprécie également l’ambiance qui règne entre les coureurs de 800 mètres : il y a énormément de respect entre tous les coureurs car nous avons tous conscience de ce travail de l’ombre, de la quantité de travail qu’il y a derrière chacune de nos performances. Cela dit, voir comment va répondre son corps lors des grandes compétitions est toujours imprévisible, voire assez anxiogène. On peut avoir mis toutes les chances de son côté, s’être préparé de façon a priori optimale et pour autant passer totalement à côté de sa course ! Malgré cela, les athlètes apprennent à ne jamais baisser les bras car tant que l’on n’a pas passé la ligne d’arrivée, croyez-moi, rien n’est jamais fini.

« Il faut être un peu fêlé pour faire du 800 mètres »

Nicolas Mariani

cultureSPORT : Quelles sont selon toi, les qualités nécessaires pour performer sur 800 mètres ?

Nicolas Mariani : Avant tout, je dois dire qu’il faut être un peu fêlé pour faire du 800m. En effet, pour espérer décrocher de gros résultats, il faut aimer souffrir, en acceptant de s’entraîner très dur. Par ailleurs, même si chez les jeunes, les courses ne sont pas vraiment tactiques, un coureur à pied doit être capable de lire la course, ce qui induit d’être en capacité de rester lucide le plus longtemps possible afin de rester bien positionné ou encore de ne pas se découvrir trop tôt dans la course. En ce qui me concerne, j’ai plutôt tendance à ne pas attendre le sprint final mais à plutôt lancer une attaque 300 mètres de l’arrivée.

Spécialiste du 800 mètres, Nicolas Mariani s’aligne également sur des cross durant l’hiver. Crédit photo : compte Instagram de Nicolas Mariani.

cultureSPORT : Pourrais-tu nous présenter une de tes semaines-type d’entraînement ?

Nicolas Mariani : J’ai coutume d’effectuer le lundi du travail de musculation et de vitesse. Le mardi est dédié à des séances de lactiques (NDLR : accumulation d’acide lactique au niveau des muscles). En guise de « récupération », j’effectue un footing le mecredi et le vendredi. Le reste de la semaine est axé sur la vitesse et sur la réalisation de fartlek (NLDR : alternances entre des phases de sprint anaérobie et des phases de repos).

« A l’avenir, j’envisage de m’aligner sur de plus longues distances »

Nicolas Mariani

cultureSPORT : Tu es entraîné par Pierre Urruty, un athlète de très haut niveau ; que t’a-t-il apporté de plus que tes anciens entraîneurs ?

Nicolas Mariani : Je n’ai connu pour l’instant que deux entraîneurs et suis depuis maintenant, deux ans, coaché par Pierre Urruty. Il représente pour moi le modèle de « l’entraîneur-athlète » car il m’accompagne lors de la plupart de mes entraînements, ce qui me pousse à me dépasser. Avec Pierre, j’ai la possibilité d’exprimer tous mes ressentis et ensemble, nous corrigeons nos séances et nous tâchons de revenir sur ce qui n’a pas bien fonctionné lors des compétitions.

cultureSPORT : Tu es spécialiste du 800m, mais tu as coutume de courir sur de plus longues distances. Quels sont selon toi les bienfaits des courses type 10 kilomètres ?

Nicolas Mariani : Courir sur de plus longues distances m’aide à franchir des paliers. D’un côté, cela permet d’effectuer un travail de fond plus conséquent, ajouté au fait que l’adversité y est beaucoup plus marquée, ce qui me tire vers le haut. Avoir couru des courses telles que les Foulées du Festayre a également renforcé mon souhait de m’aligner dans le futur sur de plus longues distances.

cultureSPORT : Comment analyses-tu le boom que connaît le 800 mètres depuis le titre de champion du monde de Pierre-Ambroise Bosse en 2018 ?

Nicolas Mariani : Je ne sais pas si l’on peut vraiment parler de « boom » car tout de même de nombreux jeunes pratiquaient cette discipline avant l’éclosion de Pierre-Ambroise. En revanche, pour moi, son titre de champion du monde a été un réel déclic et également une grosse source de motivation pour l’ensemble des athlètes.

cultureSPORT : Comment concilies-tu études et sport à haut-niveau ?

Nicolas Mariani : Je viens tout juste de me réorienter vers un BTS d’éducateur sportif qui me permet d’apprendre bon nombre de choses sur mon corps. Durant toute ma scolarité, je n’ai pas eu la possibilité d’avoir des horaires aménagés. Ainsi, j’étais obligé d’aller m’entraîner tard le soir mais cela m’a permis de me forger un caractère de guerrier !

L’athlète basque rêve de monter sur le podium des championnats de France. Crédit photo : compte Instagram de Nicolas Mariani.

cultureSPORT : Quels sont tes prochains objecfifs en terme de courses mais également en performances chronométriques ?

Nicolas Mariani : Pour ce qui est des compétitions, le point d’orgue de ma saison se situe en Septembre avec le championnat de France dans la catégorie espoirs. Je rêve de pouvoir faire un podium national et ainsi faire partie des trois meilleurs athlètes français sur 800 m. Quant aux chronos, j’aimerais passer sous la barre des 1’50 au 800 m, sous les 3’50 au 1500 m et enfin réaliser moins de 30 minutes sur 10 km.

En quelques mots…

Les meilleurs moments de ta carrière ?

Nicolas Mariani : Si je devais retenir deux moments marquants, ce serait tout d’abord ma 10ème place lors des championnats de France en 2018 à Bondoufle et ensuite lors du Décastar 2018, épreuve durant laquelle Kevin Mayer a battu le record du monde du décathlon.

Le moment le plus difficile ?

Nicolas Mariani : Le championnat de France de Cross 2017 durant lequel j’ai craqué sur la fin de la course alors que j’étais aux avants-postes.

Les athlètes qui t’inspirent ?

Nicolas Mariani : J’apprécie particulièrement le triathlète Vincent Luis et le coureur de demi-fond Jakob Ingebrigtsen.

Merci Nicolas d’avoir accepté l’invitation de cultureSPORT. Nous te souhaitons bonne chance pour la saison qui arrive.

Propos recueillis par Bixente Gorostegui (@GorosteguiB). Crédit photo de la une : compte Instagram de Nicolas Mariani.

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