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Les professionnels ne sont pas les seuls à prendre le départ de courses à pied. Des amateurs acceptent eux aussi de relever le défi et d’endurer les mêmes souffrances. Pour mettre en lumière leur dévouement et leur courage, nous avons lancé « Paroles de runner ». Aujourd’hui, troisième épisode avec Jade Essabar, 17 ans, coureuse de Lahonce (Nouvelle-Aquitaine) licenciée à l’Aviron Bayonnais.

cultureSPORT : Raconte-nous tes premiers pas dans la course à pied.

Jade Essabar : C’est à l’âge de 6 ans que j’ai réalisé, un peu par hasard, mes premiers tours de piste. Un peu par hasard… mais pas tellement car j’étais sans doute destinée à courir ; l’athlétisme occupe en effet une place importante dans ma famille car nombreux sont mes proches qui ont également pratiqué ce sport. Un sport qui s’est rapidement converti en un véritable coup de coeur.

Durant mes premières années, comme c’est la coutume pour la plupart des jeunes athlètes, je me suis essayée à la plupart des disciplines (sprint, lancers, demi-fond…). Ce n’est que depuis l’année dernière que je me suis prise de passion pour les courses de haies et me suis spécialisée plus particulièrement sur 200 et 400 m. Je m’aligne également sur des 400 mètres plat, des épreuves complémentaires aux courses de haies.

cultureSPORT : Qu’aimes-tu dans cette discipline? Qu’est-ce qui t’est le plus difficile ?

Jade Essabar : Ce qui me plaît dans cette discipline est qu’elle m’oblige chaque jour à me dépasser. J’aime aussi l’idée que l‘on puisse progresser après chaque entraînement. sans compter cette sensation de profonde satisfaction que je ressens lorsque j’achève mes compétitions, car les courses de haies sont « assez » périlleuses.

En effet, les difficultés se concentrent naturellement autour du passage des haies (NDLR : 10 séries de haies espacées de 35 mètres, pour un 400 m haies) car tout au long de la course, il faut être capable de garder toute sa lucidité pour éviter de commettre des erreurs qui pourraient s’avérer fatales, notamment lors de l’ultime ligne droite.

Jade Essabar s’est prise de passion pour les courses de haies. Crédit Photo : archives personnelles de Jade Essabar.

cultureSPORT : Décris-nous l’une de tes semaines-type d’entraînement.

Jade Essabar : J’ai l’habitude d’effectuer le lundi un footing assez long (40-45 minutes) tandis que le mardi est dédié à la musculation et à la technique de passage de haies. S’ensuivent des séances de lactique (NDLR : destinées à l’accumulation d’acide lactique au niveau des muscles) le mercredi et le dimanche. Le reste de la semaine est axé sur la récupération et la technique.

« Pour être performante sur les courses de haies, il faut exceller tant sur le plan technique que physique »

Jade Essabar

cultureSPORT : Quelles sont selon toi les qualités nécessaires pour performer sur les courses de haies ?

Jade Essabar : Tout d’abord, comme la plupart des courses de sprint, il faut être particulièrement performant sur le plan mental : il faut être capable de souffrir plus que ses adversaires pour se hisser tout en haut des podiums. Ensuite, exceller sur le plan technique est incontournable ; en effet, pendant la course, soit en plein effort, il faut être en capacité de calculer ses foulées, de parfois changer de jambes d’appuis… Enfin, il faut également être bon physiquement; en somme, pour moi, la technique ne va pas sans le physique.

cultureSPORT : Tu es spécialiste des courses de haies, mais tu as eu pendant de nombreuses années l’habitude de t’aligner sur des cross. Quels sont selon toi les bienfaits de ce type de courses?

Jade Essabar : Pendant plusieurs années, je me rendais en effet tout les hivers dans les sous-bois du grand Sud-Ouest pour m’aligner sur des cross. Cela m’a permis de « me faire la caisse » et ainsi arriver au début des compétitions sur piste avec un niveau de forme très convenable. Néanmoins, j’ai décidé il y a peu de cesser les cross car je me suis avouée que je n’y trouvais plus de plaisir.

La hurdleuse basque espère participer aux prochains championnats de France. Crédit photo : archives personnelles de Jade Essabar.

cultureSPORT : Comment concilies-tu études et sport à haut niveau ?

Jade Essabar : Je viens d’arriver au terme de mon année de Terminale, en étant parvenue à m’accommoder plutôt bien des deux domaines mais c’est certain que cela engendre des semaines assez chargées ! Le fait également de ne pas avoir d’horaires aménagés me pose parfois des difficultés, en particulier au niveau des temps de récupération. Aussi, j’avoue que sur ce point, la période du confinement m’a été bénéfique car je me suis sentie moins fatiguée et allégée de la pression en ce qui concerne mes résultats scolaires. (NDLR : Jade vient de décrocher son Bac Scientifique )

cultureSPORT : Comment expliques-tu que les courses de haies soient si peu reconnues en France ?

Jade Essabar : Je tiens d’abord à dire que ce manque d’intérêt et de reconnaissance est criant notamment lors des grandes compétitions pour lesquelles il y a très peu d’athlètes français qui s’alignent sur ces spécialités ! Selon moi, cet état de fait est en partie due à la formation que l’on offre aux jeunes athlètes français : les courses de haies n’apparaissent qu’en catégorie minimes et sont nettement moins mises en valeur que les autres disciplines.

cultureSPORT : Quels sont tes prochains objectifs en terme de courses mais également concernant tes performances chronométriques ?

Jade Essabar : Pour ce qui est des compétitions, j’espère de tout coeur réaliser les minima nécessaires pour la qualification aux championnat de France. Derrière cela, je rêve d’un jour intégrer l’équipe de France! Quant aux chronos, j’aimerais passer sous la barre des 57″ au 400 m et réaliser moins de 1’04 sur 400 m haies.


En quelques mots…

cultureSPORT : Le meilleur moment de ta carrière ?

Jade Essabar : La finale de Coupe de France minime 2018 où je représentais la Nouvelle-Aquitaine sur 200 m haies. Les courses s’étaient déroulées dans une ambiance de folie et le fait que ce soit une course par équipe m’a énormément plu.

cultureSPORT : Le moment le plus difficile ?

Jade Essabar : Je n’ai pas de moment précis, mais je dirais des situations qui se sont produites plusieurs fois lors de la dernière saison : lorsque tu travailles dur à l’entraînement et que cela ne paie pas lors des compétitions.

cultureSPORT : Ton athlète favorite ?

Jade Essabar : J’apprécie particulièrement Sydney McLaughlin, une jeune hurdleuse américaine qui a participé à seulement 16 ans aux Jeux Olympiques.

Merci Jade d’avoir acceptée l’invitation de cultureSPORT. Nous te souhaitons bonne chance pour la saison qui arrive.

Bixente Gorostegui(@GorosteguiB). Crédit photo de la une : archives personnelles de Jade Essabar.

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