Geoffrey Renard, le dauphin des grands bassins

NATATION. Les jeunes pousses du sport. Le mercredi 27 juillet 2016, Geoffrey Renard remporte la finale des championnats de France du 400 mètres 4 nages. À seulement 19 ans, il maîtrise parfaitement sa course et finit avec plus d’une seconde d’avance sur le deuxième. Malgré l’absence des nageurs sélectionnés pour Rio, la performance est remarquable. Geoffrey Renard représente donc la génération en devenir de la natation française, celle qui nous fera vibrer d’ici cinq ans, voire même avant. Et c’est pour cultureSPORT qu’il a décidé de raconter son parcours et son quotidien et de se confier sur ses ambitions futures.

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cultureSPORT : Bonjour Geoffrey, avant de parler de ton actualité, peux-tu nous éclairer sur tes débuts dans les bassins ?

Geoffrey Renard : Ayant un père dans le milieu aquatique, j’ai commencé la natation dès mon plus jeune âge. Quelques années plus tard, vers mes 8 ans, je me suis inscrit au club des Nageurs Cambrésiens et j’ai rapidement participé aux compétitions. Au départ, je combinais la natation avec le water-polo, sport de mon père, ainsi qu’avec le hockey sur gazon. Mais rapidement, le choix de conserver une discipline devenait nécessaire. Et la décision s’est portée sur la natation. Les entraînements sont alors devenus plus fréquents, plus difficiles. En m’investissant uniquement et pleinement en natation, j’ai rapidement progressé et j’ai commencé à obtenir de bons résultats en compétition vers l’âge de 13 ans. La dynamique du haut niveau s’était alors enclenchée. Mais c’est vraiment pendant l’année 2013 que mon quotidien a changé. En effet, ma qualification en équipe de France jeune dans la catégorie minime-cadet m’a ouvert les portes du pôle France des Dauphins du TOEC. C’est alors le début de l’aventure toulousaine.

« Suivre des études et la natation demande un grand sens de l’organisation, une bonne gestion des priorités. »

cultureSPORT : On peut donc dire que ta pratique de la natation a vraiment changé pour prendre une forme plus professionnelle à ton entrée au TOEC ?

Geoffrey Renard : Oui c’est exactement ça, tu travailles beaucoup plus dans les bassins mais également en dehors. C’est également le moment pour affiner ton choix sur tes distances et travailler dessus. Personnellement, mes distances favorites sont le 200 et le 400 mètres 4 nages. Et puis au-delà de l’aspect purement sportif, le TOEC te permet de progresser sportivement sans jamais perdre de vue l’objectif scolaire. J’ai obtenu mon Bac S cette année et je débute des études STAPS à la rentrée. Mais suivre des études et la natation demande un grand sens de l’organisation et une bonne gestion des priorités. Afin de préparer mon Bac, j’ai, par exemple, dû sacrifier des entraînements. Pour finir, l’hygiène de vie doit être exemplaire. Il faut se nourrir sainement, faire attention aux heures de sommeil ainsi qu’aux temps de récupérations.

  • 1 semaine : 10 entrainements et 4 séances de travail hors de l’eau. Environ 60 km parcourus.

cultureSPORT : Mais alors concrètement, à quoi ressemblent les entraînements au pôle du TOEC ?

Geoffrey Renard : Les entraînements aux Dauphins sont assez monotones. On s’entraîne deux fois par jour. Au final sur une semaine, c’est dix entrainements dans l’eau et quatre séances de travail hors de l’eau axées sur le renforcement musculaire et sur la course à pied. Au niveau des distances parcourues, cela correspond à une soixantaine de kilomètres par semaine en moyenne.

cultureSPORT : Et alors, ça fonctionne ?

Geoffrey Renard : C’est toujours difficile de répondre à ce genre de questions. Comme dans tous les sports, il y a des jours avec et des jours sans ; des compétitions où tu te sens bien et d’autres moins. Mais en résumé, ma première aux Dauphins du TOEC fut très bonne car j’arrache une qualification au championnat d’Europe junior. La deuxième année fut une année plane, sans trop de résultats ou de belles performances. Le bilan de cette saison 2015-2016 est plus que positif. En effet, j’ai réussi à me hisser sur la troisième marche du podium toutes catégories sur le 400 mètres 4 nages en finale du championnat de France élite. De plus, j’ai amélioré tous mes temps sur mes distances.

cultureSPORT : Quel est ton plus beau souvenir dans les bassins ?

Geoffrey Renard : Pas d’hésitation : ma finale du 400 mètres 4 nages au championnat d’Europe junior. C’est un souvenir inoubliable. Une ambiance de folie en chambre d’appel avant la course, une belle course avec de bonnes sensations et en prime la meilleure performance française en U17 sur la distance.

cultureSPORT : Quel(le) est ton/ta nageur/nageuse préféré(e) ?

Geoffrey Renard : Je n’ai pas de nageur préféré. En réalité, je n’idolâtre personne. Mais cela ne m’empêche pas de reconnaître le travail, le sacrifice et les performances de grands nageurs comme Michael Phelps, Lazlo Csech ou Katie Ledecky.

« À long terme : participation olympique avec une qualification en finale. Et pourquoi pas une victoire ? »

cultureSPORT : Parlons maintenant du futur : en tant que nageur prometteur, quelles sont tes ambitions sportives à court et à long terme ?

Geoffrey Renard : À court terme, mon ambition est d’intégrer l’équipe de France A de natation. À plus long terme, je vois une participation olympique avec une qualification en finale. Et pourquoi pas une victoire ?

Actualités

  1. Dopage

    cultureSPORT : Après la sortie médiatique Camille Lacourt à Rio (« Sun Yang, il pisse violet« , nldr), qu’en est-il du dopage en France ? Est-ce un sujet tabou ou êtes-vous informés et suivis ?

    Geoffrey Renard : L’organisation autour du dopage est conséquente et bien présente : nous sommes suivis, nous assistons à des interventions de spécialistes (médecins, nutritionnistes) dans un cadre préventif. Mais des agents du centre du contrôle anti-dopage peuvent également débarquer au club n’importe quand et choisir n’importe quel athlète pour faire un test. Pour ma part je n’ai jamais été contrôlé mais je n’ai rien à cacher. Je pratique mon sport proprement.

  2. Retraites et départs en équipe de France

    cultureSPORT : Alors que les départs se multiplient en équipe de France A et que de plus en plus de place est laissée à la jeunesse, à quand ton tour ?

    Geoffrey Renard : Appréhender le changement de génération est compliqué. Je pense que chaque nageur rêve un jour d’y être appelé mais je me laisse du temps et je ne me mets pas la pression par rapport à la sélection. Je sais qu’il me reste beaucoup de travail à accomplir ici au TOEC et je suis persuadé que mes entraîneurs et coéquipiers peuvent encore m’apporter énormément.

  3. Les Toulousains aux Jeux Olympiques

    cultureSPORT : Tes amis, Nicolas D’Oriano et Lorys Bourelly, sont partis à Rio cet été. Qu’est ce que ça fait de voir ses partenaires de tous les jours nager aux Jeux ?

    Geoffrey Renard : Avec ces mecs-là, toute l’année, on s’entraîne ensemble et on souffre ensemble. En dehors des bassins, on vit presque ensemble, donc c’est comme une deuxième famille pour moi. Je suis donc vraiment fier de les voir à ce niveau. Et puis j’espère pouvoir bientôt partager cette expérience avec eux (sourire).

Propos recueillis par Samuel Boggio (@SamuelBoggio)
Crédit photo : Aurélien Meunier/Getty Images
Remerciements : à Geoffrey pour sa disponibilité

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac’ @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l’UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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