L’alphabet du Tour de France #2 (lettre B)

Du 27 juin au 22 juillet, si vous comptez bien, il y a vingt-six jours. Dans l’alphabet il y a… vingt-six lettres. Nous allons donc en profiter pour réaliser un abécédaire du Tour de France. De A (Anderson, Phil) à Z (Z, l’équipe) en passant par J (jaune, Maillot) ou L (Liège), nous remonterons, avec vous, toute la grande et belle histoire de la Grande Boucle.

B * Blaireau

B comme… Blaireau. Non, ne le prenez pas mal. Nous ne vous insultons pas cher lecteur (fidèle ou pas) de Culture Sport. Justement, on souhaite parler (gentiment, bien sûr) d’un grand cycliste. D’une légende du sport Français. D’un quintuple vainqueur du Tour de France. D’un champion du Monde titré à la maison (s’il vous plait). Pour la petite histoire (car on aime bien les statistiques), ce cycliste (que vous avez déjà tous reconnu après avoir lu ce début d’introduction) était, jusqu’en 2008 et le sacre d’Alessandro Ballan à Varèse, le dernier à s’être imposé sur ses terres. C’était à Sallanches, en 1980, déjà !

Bon, on ne va pas (ou plus) tourner au tour du pot. Ce coureur c’est bien évidement Bernard Hinault. Vous voyez bien que vous n’êtes pas un blaireau. Bernard Hinault est le Tour ? Ça a été de suite le coup de foudre. Première participation : première victoire. Victoire finale, car il a aussi remporté trois étapes. La ou plutôt les cerises sur le gâteau. Deux de ses trois bouquets en 1978 ont été acquis lors de chronos. Statistiques, nous revoilà ! Le Breton figure toujours en tête du classement (très fictif) des victoires en contre-la-montre sur le Tour. Il devance tout de même le « Canibale » Eddy Merckx (vingt bouquets contre seize pour le Belge). Hinault n’est pas encore prêt d’être dépassé. Fabian Cancellara, si tu nous entends (ou nous lis plutôt), plus que quatorze victoires hein !

En huit participations, Bernard Hinault a réalisé d’impressionnantes performances. Il a remporté vingt-huit victoires d’étapes dont vingt en chronos (cinq prologues), le « Blaireau » a également porté le Maillot Jaune pendant soixante-dix-neuf jours et glané quasiment tous les classements et tuniques distinctives de la Grande Boucle. Mis à part le jaune (1978, 1979, 1981, 1982, 1985), il détient chez lui un maillot vert (1979) et un maillot blanc à pois rouges (1986). Il a également conquis le classement du combiné (1981, 1982), le prix de la combativité (1981, 1984, 1986) et le classement par équipes (1979, 1985, 1986) avec ses différents équipiers de Renault-Gitane et de la Vie Claire. Il lui manque « seulement » le challenge des jeunes ainsi que le maillot rouge (des sprints intermédiaires). Autre exploit à mettre à son actif, Bernard Hinault a porté (au moins une fois) la tunique dorée lors de toutes ses participations. C’est exactement ce qu’il a reproduit sur le Giro (trente et un jours en rose, six étapes) et la Vuelta (seize étapes en amarillo, sept étapes). Mais là encore plus fort, il n’a jamais connu la défaite. Trois victoires sur trois sur le Tour d’Italie (1980, 1982, 1985), reçu deux sur deux en Espagne (1978, 1983). Bref, on pourrait vous sortir des chiffres fous à la pelle tellement Bernard Hinault a écrasé la concurrence en France, en Europe et dans le Monde.

Au fait, vous savez quoi ? Lance Armstrong n’aurait pas dû être le premier homme à gagner sept fois le Tour de France. Si le Blaireau n’avait pas eu ses problèmes au genoux en 1980 et que six ans plus tard, pour son ultime Grande Boucle, il n’avait pas promis à Greg LeMond de l’aider à gagner le Tour, Hinault aurait pu ajouter deux titres supplémentaires à son palmarès grand comme un bras. Il se peut même qu’il n’y ait pas assez de place sur le miens. Surtout si on agrémente ses victoires avec les petites statistiques qui vont avec.

Aujourd’hui l’idylle entre Hinault et le Tour se poursuit. Il remet après chaque étape le Maillot Jaune aux leaders de la Grande Boucle. On peut dire que c’est l’ambassadeur de l’épreuve. C’est le transmetteur de l’histoire de cette magnifique course. On se lance un peu trop loin dans la métaphore là… Bref, Hinault restera à jamais dans la légende du cyclisme, lui qui a gagné cinq Grand Prix des Nations, deux Liège-Bastogne-Liège, un Gand-Wevelgem, deux Tour de Lombardie, deux Flèche Wallonne, une Amstel Gold Race, un Paris-Roubaix. Mais il restera aussi, à jamais, dans la légende du Tour de France.

Mais au fait ? Pourquoi l’appelait-on le blaireau à Bernard Hinault ? A vos commentaires !

PS : Hinault reste le dernier vainqueur du Tour, mais jusqu’à quand ?

Numéro précédent : #1, lettre A (Anderson, Phil)

Crédit photo : AFP, Getty Images

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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