Bradley Wiggins a t-il course gagnée?

Avec plus de deux minutes d’avance sur son coéquipier et dauphin Chris Froome, Bradley Wiggins aborde l’ultime massif montagneux de ce Tour de France avec un confortable avantage avant le contre-la-montre de Chartres qui lui sera favorable. Les Sky semblent indétrônables, mais Wiggins a-t-il pour autant déjà remporté le Tour ?

Oui…

En effet, l’écart entre Wiggins et ses adversaires semble insurmontable. Mais en cyclisme, rien n’est gagné tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie. Toutefois, les Nibali, Evans et Van Den Broeck n’ont guère de chance de défiler dans Paris vêtu de jaune. Comment réduire une différence de quatre minutes ? Car si l’avance actuelle de Wiggo est deux fois moins grande, elle doublera certainement lors du long chrono de Chartres. Le seul moyen d’y croire se résume à l’attaque. Van Den Broeck tente sans cesse, Evans en a fait de même dans la Croix de Fer, tandis que Nibali joue son va-tout dans les descentes. Mais rien n’y fait : le bloc Sky est solide. Depuis le Tour d’Algarve en février dernier, la formation britannique dicte sa loi. La garde rapprochée impose un rythme suffisant à annihiler toutes tentatives d’attaque pouvant déstabiliser leur leader londonien. Même Cavendish s’insère dans le dispositif en montagne comme l’illustre son travail fourni dans le Port de Lers et le Mur de Péguère.

…et non !

Le seul danger ne vient donc pas de ses adversaires, mais bien en interne. En effet, la tension monte entre Wiggins et son équipier Froome. Alors que leurs compagnes se crêpent le chignon par l’intermédiaire des réseaux sociaux, le Kényan d’origine a démontré qu’il possède plus d’aisance en altitude que le maillot jaune lors des ascensions de la Planche des Belles Filles et de la Toussuire. L’image d’un Froome qui stoppe net son effort pour reprendre son chef de file a fait le tour du monde. C’est depuis cet instant que la presse remet en question la hiérarchie interne. Même si les consignes sont bien définies par David Brailsford, Froome aimerait néanmoins avoir plus de liberté, comme sur la précédente Vuelta. En septembre dernier, les deux grimpeurs s’étaient retrouvés dans la même position jusqu’au moment où Wiggins connaisse une journée difficile sur les pentes du terrifiant Angliru. Wiggins peut-il revivre de tels moments dans les jours à venir ? C’est possible. Si les pentes extrêmes qu’il n’apprécie guère ne se présenteront pas sur le parcours, un autre paramètre peut jouer en sa défaveur : comment va-t-il évoluer en troisième partie de la grande boucle? Wiggins, vainqueur de trois épreuves d’une semaine au printemps, n’est pas forcément aussi fringant en fin de grand tour. Va-t-il pour autant rencontrer un jour « sans » et perdre énormément de temps dans les Pyrénées ? Le débat continue…

Crédit photos : Team Sky, AFP

About Julien Detroz

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Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n’hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent.

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